jeudi 30 mai 2013

Le soleil des Scorta - Laurent Gaudé

Présentation de l'éditeur ( j'ai lu) - Romans de vie

La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobe. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie. A l'histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s'éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.

J'étais très sceptique … Prix concourt… couverture peu motivante… pas mon genre littéraire au premier abord….Bref, je tente l'affaire à l'occasion d'un challenge organisé par Choco. Et là, je dois bien reconnaître qu'on se prend très vite au jeu des canailles qui animent le roman. Ce livre se lit avec un grande facilité, on enchaîne les pages avec intérêt jusqu' à la fin. Mais ce n'et pas un coup de coeur !

Vu l'engouement, entendu et lu sur ce livre, je crois bien que j'en attendais beaucoup plus ou autre chose, je ne sais pas trop, j'ai bien aimé mais comment dire ... Je suis restée trop spectatrice, et je n'ai pas réussi à m'attacher aux protagonistes comme je l'aurai voulu, même si je reconnais l'avoir lu sans aucun ennui. (Pour ma défense, je sortais d'une lecture très dynamique, un thriller haut de gamme, alors ceci,  peut expliquer cela ...)

Montepuccio est un village italien qui somnole sur une terre aride et inhospitalière, elle se mérite cette terre désséchée et on imagine très bien l'atmosphère des vieux westerns spaghettis. Lorsque Luciano Mascalzone, revient chez lui, après 15 ans d'exil, il a l'esprit vengeur, la rage au coeur et ce bandit sèmera la terreur autour de lui pour que tout le monde se souvienne de son nom ... son coeur respire aussi et n'aimant qu'une seule femme, il fondera avec elle, la lignée des Scorta, ce nom sonnera comme une légende dans ce village, et pour certains comme un glas... car le malheur semble s'accrocher à cette famille et à sa progéniture, ce destin semble les maintenir cloués dans les pouilles, prisonniers à jamais.

On voit vivre 3 générations de Scorta, qui ne trouveront que rarement le bonheur tous ensemble, on sent la malédiction qui pèse sur leurs têtes, et pourtant ils sont inséparables et solidaires, chacun les uns des autres. Ils vont traîner leur nom comme une fierté et non comme un boulet. On voit pourtant de sacrés loustiques dans cette histoire, des personnages exaltés et fiers de leur filiation, ils subissent des "misères" à tour de rôle, mais se relèvent toujours et repartent de plus belle...

L'écriture est simple, propre, mais les mots de l'auteur n'ont pas toujours trouvé le chemin de mon émotion, un texte finalement très aride sans fioriture, tout comme le décor, ce qui met parfaitement en scène cette histoire... mais lui enlève toute rondeur...cette chaleur aussi que l'on ressent en permanence.

Nous trouvons une alternance de rythme dans la lecture, entre les confessions de la petite fille de la famille et le déroulement réel des histoires. Carmela, en effet, se confesse au curé du village, elle lui raconte l'héritage de sa vie et ces derniers tourments, c'est sans doute son récit qui apporte le plus de vie et d'émotion à mon coeur. Un petit mot sur les "Curés" qui ont un rôle important dans ce récit et font sourire parfois... ils doivent être acceptés par le village comme tous les autres étrangers, et faire corps avec le peuple sinon... vous le verrez, ils ne sont pas "fin" ces italiens !

Cette histoire nous donne un regard sur la vie quotidienne d'un peuple dur et sévère, façonné par un climat ensoleillé insupportable... La dureté de leur environnement, les rapproche et maintien leur cohésion et leur vie de famille. L'héritage, bon ou mauvais, avec ou sans folie, se transmet sans alternative, c'est un destin qu'il accepte sans rechigner. La fin de l'histoire nous laisse sur une réflexion très positive et peut-être la malédiction sera-t-elle enfin levée !

L'image que je garderai de ce livre sera le témoignage d'un bonheur simple, d'un repas de famille dont ils parlent souvent et se remémore comme la plus belle journée de leur vie... Une journée qui les a tous réunit et leur a fait oublier les malheurs et les déconvenues ! Une belle idée du Bonheur en tous les cas dans cette aride contrée ...

Une découverte intéressante dans le cadre 
du défi lecture Laurent Gaudé organisé par Choco, 
cliquez ICI pour avoir d'autres avis et des détails sur ce challenge.


6 commentaires:

  1. Je ne l'ai pas autant apprécié que son autre titre "La mort du roi Tsongor". La plume est parfaite mais je ne sais pas, il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour être vraiment dedans et m'attacher aux personnages. D'ailleurs, aujourd'hui, je n'en garde qu'un bref souvenir...

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    1. Et bien le "je ne sais quoi" ! est également valable pour moi ! j'essaierai plus tard l'ouvrage dont tu parles ! Merci de ta visite Belle !

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  2. Personnellement j'avais adoré ce livre ! Et je rejoins ton avis pour la scène du repas, un très joli passage qui illustre un bonheur simple mais intemporel !
    J'ai aimé aussi le personnage de Carmela, modeste et lucide à la fois...
    J'espère que le prochain livre de Gaudé que tu liras saura trouver le chemin pour t'émouvoir Licorne ! Biz =)

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    1. Merci Alison, j'espère aussi, j'ai commencé le prochain, il s'agit d'une pièce de théâtre que j'ai commencé "les sacrifiés", j'aime beaucoup pour l'instant et on sent qu'il revient toujours sur certains thèmes, notamment : La malédiction au sein de la famille...

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  3. Je suis comme toi. Avec tout le foin qu'il y a eu autour de ce livre, j'en attendais énormément et j'ai été très déçue. Comme tu le dis, ça se lit bien mais voilà ... sans plus ...
    C'était mon premier Gaudé. Je retenterai avec un autre pour me faire une idée plus précise.

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    1. Un peu le même ressenti pour moi...je vais aller voir ta chronique histoire de comprendre ce qui ne nous a pas convaincu, c'est bien de retenter...Je viens de finir une pièce de théâtre de cet auteur "les sacrifiées" et j'ai beaucoup aimé !

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