vendredi 6 février 2015

Lady Doll, la poupée intime T.1 - Vessella et Penco Sechi

Une BD de Daniele Vessella et Béatrice Penco Sechi 
Chez Soleils Productions 2010

Gaja ne parle qu'à ses poupées. Il faut dire que son visage déformé lui vaut d'être rejetée du monde, des autres enfants comme de son propre père. La seule créature à pouvoir comprendre Gaja est sa mère, Claire, une femme fragile, qui lui offre quantité de jouets pour qu'elle se sente moins seule. Mais Claire a une santé fragile, qui ne s'améliore qu'avec cette drogue que lui fournit son époux... 

Tome 1 la poupée intime
Tome 2 une maison de poupée

Si cette BD m'a plu dès la prise en mains, c'est que j'ai pensé, tout de suite, à l'univers de Tim Burton, fan de ses ambiances glauques, je trouve que Gaja aurait pu lui plaire à la manière d'une certaine Coraline... 

L'histoire est assez classique, une petite fille défigurée qui se retrouve vite reléguée au rang de monstre de la société, un père qui se moque d'elle et ne pense qu'à la fortune qu'il pourrait tirer du décès de sa femme, une maitresse de maison autoritaire mais qui ne veut pas devenir nourrice et ne sait pas gérer les humeurs de Gaja.. Tout ces éléments vont accentuer la maladresse de la jeune fille, elle se sent contrainte à vivre repliée sur elle-même, ne parlant qu' à ses poupées, ses confidentes. Sa mère, malade dans un établissement spécialisé, sera rappelée par le père pour qu'elle puisse venir aider la jeune fille a reprendre goût à la vie. Qu'y a t il de mieux que l'amour et la tendresse d'une mère ? Hélas le bonheur va être de courte durée et la situation va vite tourner au cauchemar… même si on y était déjà un peu … 

Des ambiances paradoxales sont visuellement mises en scène, ainsi on est bercé par la douceur de Gaja qui cache un horrible minois, de même les couleurs douces et chatoyantes de la maison nous font à peine oublier les visages des personnages très stylisés, aux regards angoissants avec leurs grands yeux, de grosses têtes sur des corps longs et rachitiques, très cauchemardesque comme style ! Ce n'est pas chuky mais on y est presque …. 

Un très beau graphisme qui renforce les ambiances tantôt douces, tantôt agressives, le tout est bien exploité et nous met parfois un peu mal à l'aise, on ne sait pas très bien comment va réagir Gaja, parfois douce, et agressive dans l'instant suivant, on est accroché à son souffle et elle distillera très peu de paroles, se contentant de parler doucement et de jouer avec ses poupées en oubliant le monde extérieur. 
L'histoire est dérangeante et s'achève sur une suite qui laisse penser que Gaja a fait le choix de rester cloitrée dans sa maison de poupée ! On sent que le dérapage pourrait arriver en laissant ressortir toute la violence qu'elle retient depuis longtemps…Le thème de la différence et de l'acceptation de l'autre est au coeur de cette histoire, ce recueil dépeint un monde adulte dur et sans concession tout comme celui des enfants qui répètent les gestes de leurs parents. 

Une histoire touchante colorée avec précision et qui accentue les humeurs et les vices de chacun, un beau graphisme qui souligne aussi les traits de chaque personnage en exhalant leur caractère et leur sentiment. Les poupées ont une place particulière... que va t il se passer ? La mise en place de ce premier tome me donne envie d'en savoir plus, le tome 2 est donc en prochaine lecture ...







6 commentaires:

  1. Une Bd qui esthétiquement à l'air déjà très intéressante. Pour ce qui est de l'histoire, même si tu l'a dit classique, elle doit au moins être intéressante pour ce qu'elle peut apporter graphiquement... La comparaison avec l'univers de Tim suffit en fait! Je la note! ;)

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    1. Oui, cette BD reprend et réinvente thème de la tolérance, mais il se cache aussi un mystère qu'il sera intéressant de découvrir !

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    1. Oui, surtout dans le dessin et l'harmonie de couleurs !

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  3. Je peux dire sans trop m'avancer que le style assez "Burtonnien" des dessins me donnent immédiatement envie, sans parler de cette notion de tolérance que semble véhiculer l'histoire, un peu à la "Edward aux mains d'argent" à première vue, non ? Merci Lili d'accrocher mes mirettes;)

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    1. Exactement ma Lupa ! La comparaison avec Edward est bien vu ! merci de ton passage par ici !

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