vendredi 12 janvier 2018

Les douzes rois de Sharakhaï - Bradley P. Beaulieu

Présentation de l'éditeur ( Bragelonne) - Fantasy
traduction : Olivier Debernard

Dans les arènes de Sharakhaï, la perle ambrée du désert, Çeda combat tous les jours pour survivre. Comme de nombreux autres, elle espère la chute des douze Rois immortels qui dirigent la cité depuis des siècles. Des souverains cruels et tout-puissants qui ont peu à peu écrasé tout espoir de liberté, protégés par leur unité d’élite de guerrières et les terrifiants asirim, spectres enchaînés à eux par un sinistre pacte. Tout change lorsque Çeda ose braver leur autorité en sortant la sainte nuit de Beht Zha’ir, alors que les asirim hantent la ville. L’un d’eux, coiffé d’une couronne en or, murmure à la jeune fille des mots issus d’un passé oublié. Pourtant, elle les connaît. Elle les a lus dans un livre que lui a légué sa mère. Et le lien que Çeda découvre entre les secrets des tyrans et sa propre histoire pourrait bien changer le destin même de Sharakhaï…

La première chose qui interpelle est cette magnifique couverture signée Marc Simonetti, elle donne envie de lire avant même d’en connaitre le contenu, et je ne vous parle même pas de celle du tome 2  ! sublime  !

Mais Voilà …. Tout cela reste “un magnifique emballage” qui ne suffit pas toujours à convaincre. Ce fut mon cas, je suis partie plutôt gonflée à bloc pour appréhender ce roman, mais peu à peu ma cadence de lecture s'est espacée au point que je ne trouvais plus de quoi me tenir en haleine.

Je ne suis pas complétement déçue, mon avis est mitigé, il y a de bons passages et de belles idées, sans oublier un univers très intéressant dont on sent qu'on effleure qu'une partie, mais je n'ai pas été séduite par les personnages et par la conception même du roman, qui par ses nombreux retours en arrière m'a fait un peu perdre le fil et a fini de me déconcerter.

L’intrigue est posée très tôt, une histoire de vengeance assez classique, Çeda est orpheline, elle ne sait pas qui est son père, et sa mère, étrangement assassinée, emporte ce secret dans sa tombe. Cette perte suscite des tiraillements dans l’imaginaire de la jeune fille, elle véhicule une sorte de malédiction et coûte que coûte Çeda aura pour but de découvrir ce que tout cela cache, même si elle doit devenir une véritable rebelle ! Dans un premier temps, elle sera gladiatrice pour se forger un corps et un moral d’acier, puis enseignant son art, elle ne cessera d'échafauder des plans pour trouver des réponses à ses questions, obnubilée, elle fonce tête baissée, épaulée par Emre son ami de toujours ...

Voilà deux beaux personnages qui ne m’ont pourtant pas touché, ni intrigué, avançant dans leur quête, puis déviant sans raison vers d'autres histoires, les révélations sur leur passé arrivent avec parcimonie et on sent que l’auteur retarde et diffère sans arrêt des éléments importants que lui connait bien, mais qu'il nous dévoile au compte-goutte...  le suspens en pâtit ! et toujours ces "flashback" qui n’apportent rien, noyant l’histoire actuelle autrement plus intéressante.

Je crois bien que le personnage qui a le plus retenu mon attention est la cité de Sharakhaï, le point fort du roman, elle est présentée sous la forme d’une pieuvre mouvante avec un petit côté Lankhmar (Fritz Leiber - le cycle des épées) Elle nous fait voyager dans un imaginaire oriental et les descriptions de ces quartiers nous mènent tout droit dans un conte des 1001 nuits. En cela, le cadre de cette fantasy est original, mais d’autres nous ont déjà baladé dans l’orientalisme, je pense à Fiona MacIntosh ou à Thomas Geha … J'ai aussi beaucoup apprécié l’histoire de cette ville qui repose sur la légende des 12 rois, tenant la ville avec puissance et impartialité, les chevauchées des vierges au sabre ou encore les asirim qui parcourt la ville, la nuit, en quête de sang frais et de sacrifices… 

Pour conclure, je dirai qu'il y a une solide mise en place et connaissance de son "monde", l’auteur inclut de belles trouvailles techniques comme les bateaux à patins, et nous enchante avec des légendes effrayantes, mais il y a aussi beaucoup de clins d’oeil et des influences en abondance, un peu trop de choses et de mélange peut-être ?

J'ai trouvé le style simple, mais le vocabulaire chiadé. Une écriture qui joue sur un rythme inégal avec des actions entrecoupées de flashbacks et de points de vue en alternance. A mon goût, l'auteur nous maintient trop loin du coeur de l'intrigue, et je n'ai pas eu l’énergie et le plaisir d'avancer dans l’histoire, peut-être n'étais-je pas assez concentrée pour me plonger complétement dans cette aventure ?
Voilà, je vous laisse découvrir à votre tour ce roman, qui présente pour moi, quelques maladresses dans sa composition, mais qui se montre aussi, par certains côtés, "magique" pour l'atmosphère et l'univers rendus.




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