jeudi 3 septembre 2015

La flûte de verre froid - Julia Verlanger

Présentation de l'éditeur ( Le masque-fantastique) - SF-fantastique


"Jax mit la main à son arme, raidi, des doigts de glace passant sur sa nuque. L'arbre se découpait sur le ciel, irréel. cauchemardesque, né d'un rêve de démence. D'un rouge de sang frais, il élevait des branches peu ramifiées. Elles se redressaient en courbes douces, et chaque extrémité portait, comme un fruit maléfique, une tête humaine, terriblement vivante."

Quel étonnant petit roman ! Il me ramène assez loin dans le temps avec une date de parution en 1976, pas tout jeune.
Cette auteur est un mystère à elle seule, née sous le nom d'Eliane Taïeb, elle est connue sous deux pseudos, Julia Verlanger et Gilles Thomas... Ces écrits sont nettement qualifiés de SF et pourtant celui que je viens de lire me rappelle quelques bonnes ficelles usitées en fantasy. Son influence sur des auteurs contemporains comme Thomas Geha et Laurent Whale est de notoriété publique et aimant beaucoup ces deux auteurs, j'avais envie de m'atteler à ce genre de lecture... Mais ce ne fut pas chose aisée, car les romans de l'auteur, pourtant prolixe avec une longue bibliographie, ne se trouvent pas souvent en librairie, j'ai enfin réussi à dégotter cet exemplaire dans une foire aux livres très bien achalandée.

Si je devais donner un ressenti global, je dirai que j'ai fait un sympathique voyage, bercé entre la vie tumultueuse de Conan le barbare et parfois plongée dan un jeu vidéo genre " Assassin's creed". Ce livre est pour moi, le type même du livre précurseur de la conception des jeux vidéos, on avance en quête d'un objet (ici une flûte de verre froid), éliminant au passage les ennemis du projet, et on tue à tour de bras costauds, des monstres tous plus vilains les uns que les autres ... C'est un peu réducteur mais cela donne une dynamique à l'histoire, malgré un côté assez répétitif des actions.
Si l'on garde à l'esprit la date d'édition, c'est un ouvrage intéressant, il est aussi le précurseur de certaines histoires modernes dont les thèmes ont déjà été exploités et, qui marquaient sans doute un genre nouveau à cette époque.

Ce titre n'est pas d'une grande originalité au niveau de l'intrigue, mais on se laisse prendre par le charme du héros ( je n'irai pas jusqu'à dire charisme), beau, fort toujours un peu sombre, mais il est aussi très naïf, donnant sa confiance avec trop de facilité... Cela le rend très humain d'ailleurs à côté de toutes ces créatures fantastiques.

L'histoire est donc une quête commanditée par une jeune femme, magnifique sorcière qui mène notre fortiche barbare à la baguette. Il devra lui ramener un objet peu commun dont on se demande toujours à quoi il peut bien servir, si ce n'est à causer des dégâts à tous ceux qui s'en approchent de trop près et impunément. Pour le reste, je laisse découvrir l'histoire, aux amateurs du genre.

Si les hommes ont les rôles de "beaux mâles", fonceurs et cajoleurs, les rôles de femmes sont très étriqués, on les montre souvent perfides, astucieuses, belles mais fourbes, éternel dilemme !
Cette lecture qui nous fait voyager et nous mène de traquenards en traquenards a le mérite de nous tenir en haleine jusqu'à la fin avec de bons rebondissements alternants les émotions sous forme de scènes d'amour, de combats et de débats sur la loyauté et la mise à l'épreuve, de façon générale.

On notera une écriture rythmée avec le souci du détail, les descriptions des décors et bêtes monstrueuses sont réalistes et bien senties. Mais ce petit plaisir de lecture a été "très très" altéré par la présence de coquilles, fautes de frappe mais aussi d'orthographe et de grammaire assez incroyables et tellement nombreuses que je ne voyais plus que ça ! ... dommage !

J'ai une pensée pour Thomas Geha à la lecture de ce livre,
le sachant friand de cette auteure à travers laquelle il a puisé quelques références et des idées pour son imaginaire, je me demandais si son nom d'artiste ne viendrait pas de là ....
 de la première phrase de ce roman ...
"En ce temps, la terre s'appelait Geha"....
 Julia Verlanger




7 commentaires:

  1. bingo pour le pseudo :)
    Et il était de notoriété publique que les épreuves des romans au Masque n'étaient jamais relues. Eux aussi étaient précurseurs... à leur manière :p

    Amicalement,
    Thomas.

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    1. Merci de cette visite et de cette précision pour les relectures mises au rencart ...Incroyable ! Cela ne pourrait plus exister maintenant ... bien que l'on trouve encore de belles coquilles.

      Et pour le pseudo, je suis "pas qu' un peu fière", le hasard fait bien les choses....:D
      A notre future rencontre, un jour j'espère !

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  2. Hou Hou, le p'tit duc aime bien faire un tour chez les bouquinistes ;) Nous lecteurs y trouvons des fois des perles et des fois des livres que nous avions rêvé de retrouver... @bientôt, Grybouille.

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    1. Tout à fait Grybouille ! La licorne aussi aime fouiner dans les vieilles gargottes à livres ! Ce sont des endroits un peu magique ou je trouve souvent "the" perle rare ! Merci de ta visite !

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  3. J'ai le tome 1 (La Terre sauvage) de l'intégrale de Julia Verlanger dans ma bibliothèque... pour une mordue de SF comme moi, cela ne t'étonnera pas ^^ Et je découvre maintenant grâce à toi cette petite trouvaille de l'auteur à la couverture très seventies ;-) Merci ma Lili :)

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    1. Ne connaissant que ce livre, ma Lupa, il est difficile de comparer avec celui que tu possèdes.. J'avoue que la SF n'est pas mon fort, et c'est sans doute pour cela que j'ai bien aimé ce titre qui a tout les ingrédients d'une fantasy actuelle ! Si l'occasion se présente, j'essaierai un autre roman de cet auteure... Merci de ce passage , seventies c'est plus flatteur ... Moi j'ai carrément pensé "Kitsch" ! ;)

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  4. Ah Julia Verlanger, il faut qu'enfin je lise un de ses livres!!!

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