lundi 13 août 2018

En ce moment chez Lili ...# 19


  

AU PROGRAMME
Balades en Eure et Loir : Anet, Dreux, Maintenon
 La Golden Globe Race aux Sables d'Olonne
Le musée de Cluny à Paris ( Réouverture du site)

mardi 7 août 2018

DUST - Sonja Delzongle

Présentation de l'éditeur ( Folio) - Policier-Thriller

Quelque part en Afrique, la mort rôde...
2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s'amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d'une longue série.
2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.
Appelée en renfort par le chef de la police kényane, Hanah Baxter, profileuse de renom, va s'emparer des deux enquêtes.
Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l'envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultra modernité et superstitions.Mais elle ne s'attend pas à ce qu'elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d'albinos vont l'emmener très loin dans les profondeurs du mal.

Le roman policier est mise à rude épreuve en ce qui me concerne car mes choix sont double, j’aime le fait de résoudre une enquête et j’ai aussi envie d’en apprendre un peu plus sur l’histoire, la géographie ou tout autre sujet qui rajouterait une atmosphère particulière à ma lecture, je dois dire qu’il me tardait d’essayer cette auteure car je savais déjà que sous la violence annoncée, il y aurait une histoire humaine même si elle laisse un goût amer...

Outre le voyage palpitant au coeur de l’Afrique, la beauté du paysage et des grands espaces contrastent encore plus grandement avec la morbidité et l'horreur des situations qui s'enchaînent au fil du roman.

La galerie de personnages est assez intéressante, néanmoins, je n’ai pas accroché tout de suite avec Hannah baxter, une héroïne qui manque un peu de charisme à mon goût, elle tourne trop à la cocaïne, elle semble vite dépassée et manque d'assurance dans sa vie privée, elle dégage finalement un grand mal-être, tout comme elle a du mal à se faire une place dans l'équipe avec laquelle elle va travailler d'arrache-pied pour résoudre l'enquête. (D'ailleurs j'ai beaucoup pensé à Zulu de Ferey pendant ma lecture) J’espère la voir évoluer au fil des tomes car autant vous le dire tout de suite, j'ai déjà la suite des aventures de la profileuse "quand la neige danse" que j'espère lire très vite.

Le style est encore un peu incertain par moment, il est simple et sans bavardage inutile, mais j'ai noté quelques imperfections dans le maniement de l’enquête et de certaines tournures, parfois les choses avancent trop lentement ou trop vite, avec par exemple le revirement de son collègue mexicain avec qui elle ne s'entend pas et qui se retrouvent à faire ses 4 volontés. Les passages où elle s'aide de son amulette pour avancer dans l'enquête, et qui apportent à l'auteur des solutions de facilité pour découvrir des pistes, et faire avancer l'intrigue ! Ce sont parfois de grosses ficelles, et on devine assez rapidement qui sont les vrais prédateurs de l'histoire ! mais c'est une jeune auteur dans le genre et je verrai sans doute son style et sa maitrise évoluer dans les prochains tomes.

A côté de tout cela, et malgré quelques débordements dans l'enquête, l'ensemble reste cohérent et maintient l'attention. L 'inspira

tion de l'auteur sur un sujet aussi dramatique est originale, j'ai appris beaucoup de choses sur le sujet de l'albinisme en Afrique et je ne savais pas à quel point les croyances archaïques de certains peuples peuvent engendrer de telles horreurs ! Quelle sauvagerie !

C'est d'ailleurs ce que j'ai retenu de ma lecture, j'en ressors enrichie par des faits historiques mais consternée par ces massacres d'albinos. J'ai passé un bon moment intéressant et dense, l'action est présente et le travail de Mme Delzongle sur ces événements et leur mise en scène est indéniable. Alors, si vous ne la connaissez pas, il sera tant d'y remédier !








Depuis 2015, le 13 juin est la journée mondiale de sensibilisation à l'albinisme. Une maladie rare dont la répartition est très aléatoire dans le monde.

 Pourquoi y-a-t-il plus d'albinisme en Afrique qu'en Europe ?

Environ 1 personne sur 17 000 a développé la pathologie en Europe. La population occidentale est donc relativement épargnée par cette atteinte de la pigmentation oculaire et cutanée. Pourtant l’albinisme, maladie rare autant qu’invalidante, touche en proportion très différente les pays à travers le monde. Dans de nombreuses zones d’Afrique comme au Niger, le taux de prévalence de la maladie atteint 1 naissance sur 1 000.

Ce trouble lié à un déficit en mélanine d’origine génétique induit une déficience visuelle majeure parfois associée à une dépigmentation cutanée et pileuse.
Mais dans certaines parties de l’Afrique, la permanence de zones isolées et le peu de brassage génétique inhérent ont accru la présence de cette mutation parmi la population. Les deux membres d’un couple peuvent donc plus fréquemment être porteurs de l’anomalie et la transmettre.

De fausses croyances africaines font des Albinos un produit magique très onéreux et nécessaire à l'élaboration de potions magiques. Certains "sorciers" et guérisseurs traditionnels estiment avoir besoin du sang, des parties intimes ou du membre d'un Albinos pour mener à bien le projet demandé par le client: succès professionnel, financier, sentimental.
Les croyances de la population ne s'arrêtent pas à la concoction de potions censées apporter la réussite. Ainsi, la légende raconte que la consommation des parties intimes d'un albinos offre le pouvoir. Au Zimbabwe, avoir des rapports sexuels avec une femme souffrant d'albinisme guérirait du VIH. Cette croyance a considérablement augmenté le nombre de viols commis à l'encontre des femmes atteintes d'albinisme. Au Cameroun, une légende dit que "seul le sang d'un albinos peut calmer le dieu de la montagne" lorsqu'un volcan entre en éruption.

Ces croyances archaïques sont donc à l'origine des pires horreurs. Les victimes sont démembrées et d'autres égorgées pour pouvoir récupérer leur sang. La Croix-Rouge a tenté de dénoncer ces crimes abominables dans son rapport " A travers les yeux des Albinos". Les chiffres des assassinats et mutilations sur les albinos s'élèvent à des dizaines et des centaines par année. Cependant, ils ne seraient pas tout à fait précis selon la population locale. En effet, il arrive même que des bébés soient tués dès la naissance puisqu'ils sont considérés, par certains, comme une malédiction.
Les Albinos ont un prix. Rabaissés au rang de produit, ces êtres humains subissent les pires calomnies. Considérés comme une denrée rare, la Croix-Rouge rapporte les informations données par des responsables de la police de Dar es-Salaam en Tanzanie : "des responsables de la police de Dar es-Salaam ont déclaré que la panoplie complète des organes d'un albinos, y compris les quatre membres, les organes génitaux, les oreilles, la langue et le nez, coûtait l'équivalent de 75 000 dollars US".

En 2013, sous pression internationale, la justice de certains pays africains s'est saisie de ce dossier. En 2015, plus de 200 "sorciers" ont été arrêtés en Tanzanie. Selon l'ONU, les crimes à l'encontre des Albinos aurait augmenté suite aux éléctions tanzaniennes qui s'organisaient en octobre 2015. Certains candidats souhaitaient gagner et, à défaut de proposer un programme convaincant aux électeurs, payaient des sorciers pour des potions qui apporteraient plus de chance et de réussite.
Une autre raison a été donnée concernant cette chasse de "l'enfant blanc". L'odieuse expression "offre et demande" concernant les Albinos trouve son principal centre en Tanzanie, où le boom industriel de la pêche et la ruée vers l'or, autour du Lac Victoria, ont augmenté les crimes. Selon les mêmes croyances saugrenues, le sang d'un Albinos permettrait de faire jaillir des pépites d'or sans avoir à creuser la terre ou de pêcher un poisson au ventre rempli d'or. Le combat risque d'être long encore. Même si la justice s'est emparée du dossier, les peines de mort appliquées à certains des criminels sont-elles réellement dissuasives ? Combattre le crime par la peine de mort dans "la chasse aux Albinos" est-elle plus appropriée qu'une leçon sur cette maladie génétique ? Le combat tant moral que judiciaire n'est pas près de fermer la page.

propos tiré d'un article sur LIBERATION 


Consigne 57 - roman qui se passe en Afrique












mardi 31 juillet 2018

Rendez-vous avec le crime - Saga les détectives du Yorkshire - Julia Chapman

Présentation de l'éditeur ( Laffont - La bête noire) - Policier
Traduit par Dominique Haas

Quand Samson O'Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d'un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l'informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n'est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu'elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne ! Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit... à l'agence de rencontres de Delilah ! 


Alors ce roman est par définition : un achat coup de coeur, appâtée par quelques copinautes et par cette couverture super mignonne, je n'ai pas su résister et pourtant la PAL déborde de tous les côtés mais il n'y a pas de mal a se faire plaisir ! Aussitôt acheté, aussitôt lu ! 

Je m'attendais à une espèce d'Agatha Raisin, nouvelle version et en duo ! Et bien ... C'est tout à fait dans cet esprit, on rigole bien et on se délecte des petits potins du village.

On ne peut s'empêcher de trouver les prénoms de nos deux héros un peu désuets, nous rappellant un autre couple célèbre issu des légendes bibliques. Si ma mémoire est bonne, Samson était un héros de la Bible doué d'une force fantastique qui lui permettait de lutter contre ses ennemis, les Philistins, mais il sera trahi par Dalila à qui il avait confié le secret de sa force. 
Bon... Le présage n'est pas très prometteur pour ce duo d'enquêteurs,  alors je ne sais pas si cette cohabitation va finir mal, mais elle démarre de façon assez chaotique, c'est certain.
En effet, Samson O'Brien revient dans son village natal et on sent tout de suite qu'il n'est pas exactement le bienvenu, il va drainer un mystère sur son passé, le rendant très charismatique en ce début de tome. Et quand de surcroit, un suicide vient entâcher la bonne ville de Bruncliffe, suivi de plusieurs disparitions, les discussions au village vont vite aller bon train et tous les regards vont se tourner vers Samson qui lui même va se tourner vers Delilah, la soeur de son meilleur ami Ryan décédé il y a peu .... Mais je vous laisse découvrir le point commun qu'il y a entre Delilah, et ces disparitions suspectes... 

Les pistes se croisent et les histoires familiales également. Petit à petit, le village et ses habitants se dévoilent sous un autre jour, c'est bourré de secret de famille comme on les aime, et malgré un ton souvent léger, on aborde des sujets de sociétés plus graves.
Beaucoup plus crédible que les enquêtes de notre pétillante Agatha, on retrouve aussi cette ambiance très " cosy" propre aux histoires anglaises, où les familles règlent leurs comptes à leur manière dans un lieu prisé par les habitants du village : "le pub", chacun apportant une pierre à l'édifice de l'enquête !

L'épilogue est finement construit, le duo va fonctionner, l'action est présente, et cette fin touchante donne vraiment envie de poursuivre les aventures de ce duo aussi atypique que débrouillard. Je lirai la suite prochainement, alors cette histoire vous tente ?

 

jeudi 12 juillet 2018

Le challenge polar et thriller de Sharon

 Je m'inscris de nouveau pour la nouvelle édition du challenge polar. Il débute le 9 juillet 2018 et se terminera le 9 juillet 2019.

Le principe reste le même : lire tous les romans policiers possibles, que ce soit des romans, des romans noirs, des recueils de nouvelles, des thrillers, des romans historiques, des mangas, des bandes dessinées, des romans de littérature jeunesse, voire, pourquoi pas, des essais. Bref, vous l’aurez compris, tous les genres, toutes les destinations sont permis ! Vous pouvez ne vous concentrer que sur un seul auteur, un seul pays, peu importe, l’important est de prendre plaisir à lire.

Voici les différentes catégories. Elles ne sont pas obligatoires, simplement des indications pour celles et ceux qui en auraient envie :

– jusqu’à cinq livres lus : Imogène.
– de cinq à quinze livres lus : Montalbano.

– de quinze à vingt-cinq livres lus : Miss Marple.
– de vingt-cinq à cinquante livres lus : Erlendur.
– de cinquante à soixante-quinze livres lus : commissaire Jules Maigret.
– de soixante-quinze à cent livres lus : Walt Longmire.
– plus de cent livres lus : Sherlock Holmes.

Bonne lecture à tous ! et voici le lien si vous souhaitez nous rejoindre


 Voila mon bilan de l'année 2017-2018,  je reste dans la même catégorie : MONTALBANO

Licorne (Montalbano) : son billet de présentation Le septième prophète de Matt Verdier De sinistre mémoire de Jacques Saussey Une étude en écarlate de Jean d’Aillon  4 Les Petits-meurtres à Mangle Street de MRC Kasacian Un dernier verre avant la guerre et Ténèbres, prenez-moi par la main de Dennis Lehane Am-stram-gram de MJ Arlidge Meurtres à Pekin de Peter MayAlex de Pierre Lemaître La fille du train de Paula Hawkins 10 Le cercle de Bernard Minier

samedi 30 juin 2018

Balafrée - Michel Robert


Présentation de l'éditeur ( Pocket ) - Fantasy

Balafrée n'oublie rien.
Ancienne esclave, la fille des Nashaïs se souvient de la mort de sa mère. Elle se souvient aussi du meurtrier, et dans quelle circonstance elle a gagné son surnom. Balafrée n'oublie rien, non. Une mémoire qui fait d'elle une impitoyable guerrière des Clans sauvages, tant l'ensemble de son être se résume en un mot : vengeance.
Ici s'ouvre son histoire.

J'avais beaucoup aimé l'histoire de la Malerune, et comme Michel Robert s'était joint à l'écriture et à la conception des deux derniers tomes de cette agréable trilogie, je décidais de renouveler l'expérience en me mettant dans le sillage de ce roman où une femme s'y taille la part du lion. Notre rencontre au salon du livre de Montaigu a accéleré le processus !

Malken, notre héroïne a tout d'un animal sauvage, Elle appartient à l'un des clans, celui de la race des Nashaï. C'est une jeune femme de caractère qui a vu sa vie brisée dans une prison de l'Empire, Brise-Espoir, ce lieu porte bien son nom. On la découvre au moment où elle fomente son évasion ... Le début est très accrocheur et on est très vite mis dans le bain.

N'ayant plus rien à perdre, cette sauvageonne nous offre de beaux moments de courage et son comportement toujours sur le fil du rasoir donne des situations rythmées et soutenues.
Ce sale caractère endurci par la prison, va la propulser avec les Bannis, des guerriers méprisés mais extrêmement compétents pour les missions à hauts risques ! De ce fait, il est vrai que j'ai bien souvent eu l'impression de voir un jeu vidéo car l'orchestration des combats revient régulièrement et montre une grande maîtrise de l'auteur pour les descriptions détaillées et assez réalistes. Il s'agit aussi de rendre la quête toujours plus palpitante mais sans doute les batailles reviennent peut-être un peu trop souvent ... au détriment d'une histoire un peu laissée pour compte, mais que l'on suit étonnamment avec entrain et plaisir ! C'est le paradoxe de ce roman !

Le personnage féminin anime donc, avec son équipe de bras cassés, le côté musclé du roman. On appréciera aussi de suivre en parallèle, un chef de clan Orkhaï, Rorqual et l'elfe de Lune, la belle Valéna, ils se débattent dans une guerre entre les clans et l'Empire, c'est à Valéna que notre Malken doit son grade chez les bannis en échange d'une vie sauvée, et sous sa protection, elle a ainsi toute latitude pour préparer sa vengeance, car notre bougresse veut retrouver celui qui l'a balafré, et lui faire regretter d'être venu au monde, mais ce ne sera pas sa seule aspiration  ...  je vous laisse découvrir son histoire.

Un bon roman essentiellement basée sur l'action, les quêtes sont simples et les enjeux politiques le sont encore plus, le bien contre le mal reste le leimotiv de l'histoire. Les personnages sont attachants et sans doute Malken est la seule qui me laisse assez froide, elle suit son instinct et ses réactions sont parfois assez primaires et lunatiques, la rendant froide ou chaude comme la braise dans la minute qui suit. La suite sera peut-être au programme, mais je reste un peu mitigée, partagée entre de très bonnes scènes d'action et le manque de profondeur de l'univers, des quêtes et des enjeux qui se préparent ... 
J'aimerai savoir si le tome 2 est plus dense ... y a t il parmi vous quelqu'un qui l'aurait lu ?

vendredi 15 juin 2018

En ce moment chez Lili ...# 18




Cette semaine, le petit salon nous emmène sur les traces de Franck Ferrand,
des achats de livres,des séries télé au top 

et d'une balade dans le bassin d'Arcachon ! Bonne visite !

mardi 5 juin 2018

Scorpi T1 - Ceux qui marchent dans les ombres - Roxane Dambre


Présentation de l'éditeur (le livre de poche) - Fantastique

Par un de ces orages d’été dont Paris a le secret, Charlotte, 23 ans, découvre un petit garçon blotti au pied de son immeuble, ses cheveux sombres ruisselant d'eau, son T-shirt plaqué par la pluie.

Charlotte, qui est la gentillesse même, lui propose de s’abriter chez elle. L’enfant la suit sans un mot. D’ailleurs, il parle très peu, mais quand il parle c’est pour dire des choses ahurissantes : ses parents et son grand frère seraient des tueurs à gages aux pouvoirs mystérieux, baptisés les Scorpi. Lui-même, Élias, serait en apprentissage. Et sa phrase fétiche semble être : « Tu veux que je le tue ? »

Charlotte n’en croit pas un mot, d’abord. Mais bientôt elle découvre dans son salon une version 25 ans d’Elias, un grand brun aux yeux bleu outremer qui a l'air de débarquer d'un autre monde. Adam, le fameux frère, vient d’entrer dans sa vie, et celle-ci va tourner à la cavalcade.

Poursuivie par des inconnus, repérée par la police, rendue chèvre par ses "invités", Charlotte arrivera-t-elle à maîtriser la folie tantôt joyeuse tantôt angoissante que devient son destin depuis qu'elle a rencontré les Scorpi ?

Alors ? Prêts à suivre ceux qui marchent dans les ombres ?


Une petite sucrerie ce roman ! Qu’est ce que ça fait du bien cette fraîcheur et cette bonne humeur à travers ce style simple, enjoué et moderne, je me suis surprise à rigoler bien souvent, il faut dire que la naïveté de notre héroïne y est pour beaucoup, elle ne se prend pas au sérieux, et réagit toujours de façon très “pragmatique" et très réaliste, rendant certaines scènes assez cocasses. Elle nous touche avec sa drôlerie, et sa tendresse.

Ce roman se lit très vite, ce n'est pas l'histoire du siècle je vous l'accorde, et d'ailleurs il n'y a pas vraiment d'intrigue dans ce premier tome, mais une mise en place des protagonistes qui est judicieusement amenée, et malgré quelques petits points peu crédible, le trio se révèle sympathique, plein de charme et drôle à souhait. Ils avancent dans l’histoire rapidement et nous entraine sans
aucun temps mort dans un univers charmant, ainsi on côtoie de terribles tueurs, et on finit carrément par l'oublier !

Les dialogues rendent l'histoire très vivante et donne la part belle aux personnages. On découvre Elias et Adam deux créatures qui surfent sur les ombres pour se déplacer, le concept est bien trouvé et laisse un champ d’action énorme, nous réservant des passages drôles et bien vus. Mais, à côté de cette innocence, j'aurai aimé que la légèreté du ton soit contrebalancé avec plus de densité dans les actions et de développement dans les explications, notamment sur l'univers parallèle d'où viennent ces enfants terribles et sur leurs multiples dons !


J’aurai aussi préféré que Charlotte ne se jette pas si rapidement dans les bras du bel Adam, mais elle symbolise aussi la jeunesse et son besoin de dévorer tout, tout de suite, ne cessant ensuite de se poser mille questions sur elle, sur lui, sur … tout !

L’univers est donc original, et on aimerait assez approfondir ces personnages, vivre en leur compagnie a l’air tellement simple et facile, et le côté protecteur du fort et beau Elias est mis en avant (peut-être un peu trop d'ailleurs...). On peut s'identifier facilement à charlotte qui a une vie assez ordinaire, et ce petit bonhomme d’Elias est craquant car même s’il n’est pas causant, il enregistre tout comme le ferait réellement un enfant de son âge, et il a de bonnes réparties !

J’en arrive donc à vous dire que j'ai passé un bon moment de lecture, qui peut plaire au plus grand nombre, mais qui trouvera sans doute plus parfaitement sa place chez les adolescents. Je me pencherai sûrement sur le tome 2, en espérant que l’intrigue qui entraîne Charlotte dans un nouveau monde, une nouvelle vie va gagner en intensité et en densité car pour le reste, le ton, l’humour et le surnaturel c’est déjà pari gagné ! et celui qui n'est pas d'accord JE LE TUE ! ( comme dirait Adam !)

 




mercredi 30 mai 2018

N'éteins pas la lumière - Bernard Minier


Présentation de l'éditeur (pocket) - Policier - Thriller

« Tu l'as laissée mourir... » Christine Steinmeyer croyait que la missive trouvée le soir de Noël dans sa boîte aux lettres ne lui était pas destinée. Mais l'homme qui l'interpelle en direct à la radio, dans son émission, semble persuadé du contraire... Bientôt, les incidents se multiplient, comme si quelqu'un avait pris le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s'effondre. Avant que l'horreur fasse irruption. Martin Servaz, de son côté, a reçu par la poste la clé d'une chambre d hôtel. Une chambre où une artiste plasticienne s'est donné la mort un an plus tôt. Quelqu'un veut le voir reprendre du service... ce qu'il va faire, à l'insu de sa hiérarchie et de ses collègues. Et si nos proches n'étaient pas ce que nous croyons ? Et si dans l'obscurité certains secrets refusaient de mourir ? Non, n'éteignez pas la lumière, ou alors préparez-vous au pire..


Comme toujours, je commence un roman de Bernard Minier avec enthousiasme, il a le don de me tenir river à ses lignes et de me faire découvrir de nouveaux décors dans des mises en scène sophistiquées. J'apprécie son approche et son audace pour détourner un polar et lui donner des allures de thriller. L'écriture n'est pas spécialement ciselée à mon goût, mais elle est éloquente et je suis emportée dès que je prends pieds dans l'intrigue. La lecture se fait alors rapide et ça coule tout seul.


Ayant lu SOEURS dernièrement, je reviens en arrière pour reprendre l'ordre chronologique, LE CERCLE m'avait un peu moins surprise, j'avais trouvé des petites longueurs car il y avait un peu trop de mystères à résoudre et de pistes à suivre, mais celui-ci est vraiment très bon, et me rappelle les sensations que j'ai eues en lisant  GLACE
Je ne peux pas dire que le postulat de base soit très original, car on a la sensation d'avoir lu des choses similaires, on pense à Karine Giebel  et le supplice de la femme suivie et harcelée avec son très bon "juste une ombre"... Mais ... le ton va aller crescendo dans cette diabolique histoire, et Minier nous emmène dans un tout autre délire, je salue son inspiration car c'était étonnant d'avoir la tête dans l'espace et de découvrir que l'histoire aborde la vie des spationautes, des héros que notre conscience voudrait laisser au firmament ! Mais rien n'est rose avec notre maître du polar et aucun cadeau n'est fait. C'est ainsi qu'on se retrouve encore dans un engrenage dérangeant, et franchement certaines scènes sont "hitchcockiennes" !  On apprend vite que la violence physique n'est souvent rien comparée au harcèlement moral qui peut conduire très vite une personne à franchir ses dernières limites.  Et tout ça sur un fond d'air d'Opéra, le contraste est encore plus saisissant !

Nous suivons l'histoire de Christine Steinmeyer, qui, en très peu de temps, devient le souffre douleur d'une vengeance démesurée et pourrait presque nous faire basculer dans une histoire fantastique avec des esprits frappeurs ou des mauvais fantômes. On sursaute autant que cette jeune femme qui se voit acculée et poussée à l'impensable, on s'attache à elle, mais on sent aussi qu'elle doit avoir des choses à cacher, on ne s'acharne pas sur quelqu'un sans raison ... n'est ce pas ?
Son seul allié dans cette histoire sera notre commissaire Servaz, héros récurrent qui n'aura pas la vedette dans ce chapitre, il faudra même attendre assez longtemps pour qu'il reprenne du service, il se remet d'une vilaine dépression dans une maison de repos pour flic en détresse. Le coupable n'aurait d'ailleurs pas dû le mêler à cette affaire car c'était ne pas connaitre la détermination de Martin Servaz à résoudre des enquêtes complexes !

Il faut quand même que je relève quelques petites coïncidences trop bien venues et des éléments qui frôlent l'improbabilité... Mais au final, un très bon suspens, aucun temps mort, et des révélations qui s'enchainent dans les dernières pages à un grand rythme. On referme le livre secouée par cette histoire ! Vivement le prochain NUIT (Je viens d'en attaquer la lecture d'ailleurs ! Quand on aime on ne compte pas !)

En lecture commune avec Chris, sa chronique c'est par ici !
 


jeudi 17 mai 2018

Londres la ténébreuse, tome 1 : La fugitive de Whitechapel - Bec McMaster

Présentation de l'éditeur (j'ai lu) - Fantastique/fantasy
Traduction : Tiphaine Scheuer

Sans le sou, en charge de ses petits frères et soeurs, Honoria Todd s’installe à Whitechapel, où elle espère échapper au terrible lord Vickers. Mais dans cet obscur quartier de Londres, où peu de personnes se risquent, les bandits règnent en maîtres. Et trouver refuge en ce lieu pourrait tout aussi bien jeter Honoria entre les mains du légendaire et redoutable Blade. Ce sang bleu renégat est l’ennemi juré de Vickers. Quand Blade propose justement à Honoria un marché, cette dernière accepte, en échange de sa protection. Mais à ses yeux, est-elle un instrument de vengeance contre Vickers ou sa seule chance de rédemption ?




Quelle bonne surprise ce roman ! Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, et je suis toujours un peu méfiante quant aux histoires de vampires, ayant peur de relire une énième version de ce mythe très prisé, repris et re-repris ... Mais là, le moment s'y prêtant bien j'ai vraiment apprécié cette lecture et je pense continuer la série, il y a quatre suites à ce jour, cela laisse donc le temps de bien connaître cette communauté de créatures !

Nous évoluerons dans un "London Steampunkien" dont je raffole ! un savant mélange d'époque victorienne et de modernisme à la jules Verne. Un décor qui invite à la rêverie, mais aussi à l'enfer avec des gangs de rue qui vous trucident pour un rien ou pour avoir le plaisir de goûter à la saveur de votre sang ! Oui... sang ... vous avez bien entendu ... car l'histoire nous apprend qu'un terrible virus a décimé notre humanité, une partie est restée saine, une autre est dans une période transitoire : les sangs bleus avec en dernière phase une transformation en vampire complètement déshumanisé,  une abomination cruelle et, elle, sans aucun charme. 

C’est ainsi que nous découvrons Honoria, installée depuis peu avec son frère et sa soeur dans un bouge de Whitechapel au confort succinct. Son jeune frère commence à présenter les symptômes graves du virus qui transforme les humains en sang bleu, elle va donc finir par chercher de l'aide auprès d'eux. Blade sera son recours et deviendra vite son protecteur contre certaines injustices au sein même de l'Echelon, cet ordre au grand pouvoir qui régit avec autorité les sangs bleus. Mais, je n'en dis pas plus pour vous laisser apprécier l'originalité et les pouvoirs de ces créatures charismatiques qui résistent à la transformation finale en cherchant des solutions ... et si j'ajoute qu'Honoria est la fille d'un professeur qui travaillait sur un antidote ... Mais chut... j'espère en avoir assez dit pour vous mettre le sang l'eau à la bouche et vous décider à chasser du vampire !

Un récit avec des dialogues vivants qui rendent cette aventure trépidante, et même si le style est assez simple, il emporte le lecteur, le baladant dans les rues glauques d’un Londres mystérieux et dangereux, puis dans les beaux quartiers, chargeant de détails érotiques certaines scènes et de suspens, certaines bagarres. Bref, on ne s’ennuie pas une minute car l’auteure alterne les émotions avec maîtrise et nous plonge avec plaisir dans cette romance où le charme des créatures de la nuit opère toujours … Complot politique, trahison, combats entre bandes rivales, course poursuite, peur, pitié, courage, amitié, amour ... Tout y passe, et chacun pourra y trouver son plaisir et son intérêt.

Les personnages ne sont pas en reste avec une belle galerie de créatures, à commencer par Honoria, notre attachante héroïne, elle incarne la fille-mère protectrice des siens et amante enflammée même si elle est un peu trop vite soumise à mon goût, mais enfin ... comment lutter contre le charisme de Blade, un sang bleu détonnant contre qui elle s'abandonne après l'avoir méprisé. Ce dernier est un être torturé par ce que sa nouvelle vie lui impose, et malgré ses façons cavalières, on sent aussi sa docilité et sa droiture. Leur différence est un point fort et fait que le couple fonctionne à merveille, il va gagner sa confiance, notre confiance, et peu à peu nous donner une autre opinion de ces pauvres ères.  De beaux portraits avec Will,  Lena et le petit Charlie ou encore le diabolique Vickers ! Voilà, je vous laisse savourer, vous m'en direz des nouvelles !



samedi 12 mai 2018

Tour de livres .... nouvelle rubrique #1

Une nouvelle rubrique pour vous parler rapidement de mes lectures ...Quelques mots ... des impressions ...


Parfois le temps passe et les chroniques restent sur un coin de table ou de papier sans réussir à trouver le chemin du blog, je sais que vous comprendrez la flemme qui nous anime et qui va et vient de temps en temps.

Alors voici mon petit palliatif ....






 

Quelques mots sur les livres lus dans le cadre du comité polar de ma médiathèque

 

Le pitch : Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d'un sentier de randonnée qui fait l'ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n'ont aucune piste et que l'hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, femmes et hommes prennent la parole et chacun a son secret, presque aussi précieux que sa vie.


Le comité polar m'aura fait découvrir plusieurs romans policiers cette année dont la particularité est dans la conception même du roman. Celui ci n'échappe pas à la règle, ainsi chaque protagoniste expose son angle de vue sur un moment donné. La "choralité" (le mot n'existe probablement pas) est chose de plus en plus courante et le filon commence à perdre de son impact. Mais je dois dire que l'affaire assez simple de ce roman gagne vraiment à être exploité par ce procédé littéraire, ici parfaitement maitrisé. Je rajouterai que le deuxième point fort est l'atmosphère rendue et la présence de la nature et du travail de la ferme. On est imprégné de cette ambiance chaude, lourde et qui marque la campagne et renforce les ressentis classiques du terroir, on y rencontre des personnages rustres et tourmentés par la solitude et une certaine tristesse contenue. Un bon roman qui se lit vite, et qui dégage beaucoup de tristesse, de noirceur et une certaine mélancolie. A découvrir !
 


 
Le pitch : Qui perd gagne.
Stockholm, un jour de septembre. Une petite fille de sept ans, nue et recouverte de sang, braque une banque du centre de la ville avec pour seules armes un ours en peluche et un magnétophone. La fillette disparaît ensuite avec l'argent.
La trouble et manipulatrice Leona Lindberg s'arrange pour récupérer l'affaire avant ses confrères de la police judiciaire. Christer Skoog, lui, est journaliste. Il dispose d'embarrassantes informations au sujet de Leona ; des informations qu'il est prêt à taire si cette dernière accepte de l'aider à résoudre une enquête qui l'obsède depuis des années...

ATTENTION NE PAS LIRE SI VOUS SOUHAITEZ LE DECOUVRIR

Ce ne sera pas le policier du siècle, mais j'avoue que j'ai été bluffé par le postulat de départ, je l'ai senti venir mais je n'y croyais pas... et si ... pour une fois c'est au coeur même de la police, que se trouve le braqueur, et c'est même l'inspectrice que nous suivons qui va nous raconter sa propre histoire. Je dois dire que l'auteur ... 

Tiens d'ailleurs, regardez cette magnifique éthiopienne suédoise !
en effet, née en Éthiopie, Jenny Rogneby a été adoptée en Suède à l'âge d'un an. Elle a travaillé pendant sept ans dans la police, à Stockholm, comme criminologue, avant de se lancer dans l’écriture de ce premier roman

... sait de quoi elle parle, et cela rend toujours les lectures plus attrayantes de savoir que la personne qui écrit connait bien l'univers dont elle exploite la matière, cela donne une consistance plus crédible à une enquête. Ce livre nous présente une femme flic qui reste, bien qu'assez froide et peu attachante, très humaine dans ses réactions, et en cela l'histoire est passionnante car on appréciera les réactions en chaîne de quelqu'un qui est pris dans un engrenage inextricable. Et on tourne vite les pages pour connaître le fin mot ! un bon roman également que je n'aurai sans doute pas lu sans ce comité, donc ne pas hésiter parfois à sortir  des sentiers battus !




Le pitch : « Partout, les monstres sont chez eux… »

Vincent Dussart est sûr de son coup.
Ce break imposé par sa femme va prendre fin aujourd’hui. Il n’a rien laissé au hasard. Comme toujours.

Confiant, il pénètre dans la maison de son épouse. Le silence l’accueille. Il monte les escaliers. Puis un cri déchire l’espace. Ce hurlement, c’est le sien. Branle-bas de combat à la DIPJ de Lille. Un mari en état de choc, une épouse assassinée et leur bébé de quelques mois, introuvable. Les heures qui suivent cette disparition sont cruciales. Le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal le savent.

Malgré ses propres fêlures, ou peut-être à cause d’elles, Sénéchal n’est jamais aussi brillante que sous la pression de l’urgence. Son équipe s’attend à tout, surtout au pire. À des milliers de kilomètres, un homme tourne en rond dans son salon. L’écran de son ordinateur affiche les premiers éléments de l’affaire. Ce fait divers vient de réveiller de douloureux échos…
Mon coup de coeur sur cette sélection, une vraie découverte et j'ai beaucoup aimé le roman de cette corse dont je ne connaissais rien. Une très belle écriture qui m'a tout de suite happée dans l'aventure. Un roman qui se lit vite, il est percutant, et les chapitres courts mais denses insufflent un rythme rapide, et on a l'impression d'avoir vécu beaucoup de choses. L'auteure manie bien le suspens et les rebondissements s'enchainent aussi très vite ! L'enquête est passionnante et j'ai trouvé un personnage charismatique avec Mathilde Sénéchal, un portrait de femme que j'ai aimé par son réalisme et les émotions qu'elle dégage, vraiment il me tarde de la retrouver.
En attendant, je ferai peut-être connaissance de son autre enquêteur Pierre-Arsène Léoni.