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jeudi 24 septembre 2015

Regrets mécaniques de Michèle Devernay


Présentation de l'éditeur ( Les éditions du 38)
Format  Epub - Fantastique /steampunk
 Un cœur,
juste un cœur.
Voilà ce dont Gabriel a besoin
pour sauver son fils
mortellement atteint.


Et ce cœur, il sait où le trouver.
À condition de faire taire sa conscience.
Dans un Paris de fin de siècle,
steampunk en diable,
la traque commence.


Quelle belle découverte ! ... Je lis rarement des nouvelles car il est souvent difficile pour moi d'arriver à me plonger rapidement dans une intrigue. J'aime que l'auteur prenne le temps de m' éduquer à son imaginaire, le chemin se fait doucement et cela me permet de me constituer peu à peu un univers.  Vous l'aurez compris, j'attache donc beaucoup d'importance à l'atmosphère et aux détails... Et pourtant cette nouvelle qui comporte une trentaine de pages a réussi à me captiver, à m'émouvoir, à me faire rentrer dans un monde fou et à me faire réfléchir... Pas mal !

Mais il y a bien un petit Hic, et c'est le seul ! c'est que la courte durée de l'histoire ne m'a pas permis  de m'attacher réellement aux protagonistes qu'on aborde seulement par un côté caricaturé de leur personnalité, il pourrait donc être monsieur et madame "tout le monde", mais je pense que le message n'est pas là, c'est donc un Hic, sans conséquence sur l'histoire, mais qui met en avant le contenu plutôt que le contenant.

Le premier point fort c'est l'atmosphère très bien restituée, j'ai tout de suite été plongé dans un univers étrange, avec un côté steampunk dont je me régale. Les descriptions sont courtes, elle accompagne les actions sans les surcharger de références, et, nous renvoie à un univers chimérique un peu fou mais parfaitement réaliste grâce à la tension qui animent les acteurs de la nouvelle. Une belle écriture qui touche et amène le lecteur à la réflexion.

En effet, l'autre point fort sont les messages que ce récit nous révèle au fur et à mesure, on ne peut s'empêcher de penser à Malzieu ou au" secret de l'inventeur" d' Andrea Cremer, j'y ai retrouvé un clin d'oeil au même univers poétique, mais ici l'intrigue semble plus forte, parce qu'elle est condensée en peu de page, l'auteur se doit d' aller plus vite, à l'essentiel.

Cette histoire nous laisse des sujets d'interrogations sur les comportements humains devant la maladie, et face à la mort de ceux qui nous sont proches, elle nous émeut par une fin juste, en évoquant un cruel dilemme que, seule, la justice du coeur saura résoudre. Une idée pas tout à fait novatrice, mais bien mise en situation.
Une pointe de malaise s'ajoute à la poésie, ce "lulu cabriole", être fantasque qui régit beaucoup de choses dans cette histoire, n'est pas sans nous faire penser à certains personnages rencontrés chez Stephen King, ce style de personnages un peu malsain et lugubre, et qui détient les ficelles du temps et de la vie, un genre de conscience qui nous rappelle que l'homme ne doit pas acheter son bonheur au dépens des autres et pas à n'importe quel prix !

Voilà, pour finir, j'ai trouvé beaucoup de tendresse et de charme dans l'écriture de ce conte ! Un style soigné avec des images fortes, ce qui nous permet de vite rentrer dans l'histoire, à tel point que la fin arrive presque trop vite... 
Vous ne pourriez pas les faire un peu longues vos histoires.. Mme Devernay !


Pour plus d'information, voici le lien de la maison d'édition E38,
c'est un site clair, très bien fait qui vous donnera des idées de lectures courtes et passionnantes.




vendredi 3 avril 2015

Le secret de l'inventeur T.1 - Rébellion d' Andrea Cremer

Présentation de l'éditeur ( Lumen) Jeunesse SF
Traduction : Mathilde Bouhon


Imaginez un monde où l'Empire britannique aurait écrasé la rébellion qui a donné naissance aux États-Unis d'Amérique... Dans ce XIXe siècle alternatif, Charlotte, seize ans, vit loin de ses parents, descendants des révolutionnaires américains, qui continuent la lutte contre les sous-marins et les machines volantes de Britannia. Entourée d'autres fils et filles de la rébellion, elle habite dans un réseau de grottes souterraines non loin de la ville flottante de New York, où les artisans de la Ruche et les ouvriers de la Grande Fonderie côtoient l'aristocratie des vainqueurs. Un matin, elle croise dans la forêt un garçon amnésique, poursuivi par les machines de l'Empire, et lui sauve la vie. Mais quand elle le ramène dans les Catacombes, où elle attend comme tout le petit groupe d'amis qui l'entoure de rejoindre la lutte quand elle atteindra sa majorité, l'équilibre de son existence est bouleversé : parmi ses compagnons, tous ne sont pas ce qu'ils prétendent être, et l'existence de ce mystérieux garçon fait peser sur la rébellion une terrible menace... Des décharges de métal de l'Empire, infestées de rats d'acier, aux salons opulents de la noblesse, en passant par les méandres labyrinthiques de la Guilde des inventeurs, Charlotte est contrainte de quitter son refuge pour partir explorer le vaste monde ! 

Rébellion est le premier tome du Secret de l'inventeur, la nouvelle trilogie steampunk d'Andrea Cremer, l'auteur du best-seller international Nightshade, plusieurs fois classée dans les listes des meilleures ventes du New York Times. Monstres d'acier, magie vaudou, automates maléfiques et espions de haut vol, elle a su tisser un univers d'une grande richesse où brille une héroïne née pour mener la lutte !

Une couverture très belle qui donne envie de se plonger dans ce livre pour découvrir un univers steampunk, un petit côté "mécanique du coeur" de Malzieu … Bel objet dont même l'intérieur est élégant avec la première page de chaque chapitre, entièrement imprimée.

Cet univers steampunk a été bien exploité, en effet l'ambiance générale tend à refléter l'idée que je m'en fait, et que j'ai aimé côtoyé dans d'autres livres, j'aurai préféré un peu plus de descriptions sur les engins et machines qui parsèment le roman afin de m'immerger plus vite dans cette ambiance époque d'XIXe.

C'est un livre jeunesse, et je l'ai un peu oublié en commençant le récit, mais au fil des pages, je l'ai ressenti, pour moi, il a manqué un poil de maturité dans le traitements des émotions et des situations… Néanmoins, si l'on garde à l'esprit que ce sont pour des adolescents, il n'y a rien à redire, c'est tout à fait adapté à leurs préoccupations et à leurs états d'âmes du moment.
Les enfants avec lesquelles nous allons vivre cette aventure habitent des catacombes, étranges me direz-vous ? Eh bien, non, car le contexte politique du livre les poussent à se cacher pour se protéger de l'empire britannique qui tient toutes les places fortes et règne comme un parti totalitaire sur cette contrée ( pour le reste du monde, nous ne savons pas trop ! ) Ces enfants sont livrés à eux-mêmes, gardés par les plus âgés. Leurs parents sont partis rejoindre la rébellion, ils combattent et résistent comme ils peuvent sur des fronts ... (dont on ne sait pas grand chose…) ...

Le point faible est qu'effectivement ce tome de mise en place ne nous renseigne pas beaucoup sur l'état général, le contexte politique et social, c'est un peu flou, d'autre part, les situations qui s'enchainent m'ont paru très téléphonées, pas toujours crédible, au point que j'ai perdu de temps en temps l'engouement pour la lecture. Cela dit, l'ensemble se lit bien, et est agréable avec des passages plus soutenus qui accrochent bien le lecteur, comme la course poursuite avec les rats qui m'a beaucoup divertit.

Le point fort du roman, sont les personnages qui ont tous un caractère bien trempé, Charlotte notre héroïne, pleine de vie, impétueuse et arrogante se fait souvent reprendre par son frère, pondéré et réfléchi, une sorte de deuxième père qui veille sur elle et sur l'ensemble de la troupe. Jack, au charme sauvage, ami et trouble fête ferme ce triangle bien pensé. N'oublions pas Grave, ce jeune garçon, amnésique, sauvé in extremis et qui va leur donner du fil à retordre, les obligeant pour en savoir plus … à sortir dehors ... Et là, l'aventure va devenir un véritable périple, les questions vont jaillir de toutes parts et mettre Charlotte face aux siens, remplie d'étranges pressentiments, elle va finir par douter de tout, sentant que des vérités lui sont cachées par les êtres qui l'entourent et qu'elle aime, elle perd confiance, et comme elle, nous sommes à la fin de ce tome avec un tas de questions sans réponse !

Au final, un style fluide, qui accroche bien le lecteur sur les passages rapides, on avance sans temps mort dans l'histoire qui reste sans complexité, on commence à entrevoir ce que Grave nous cache ! j'ai entendu beaucoup d'avis positifs et très enthousiastes sur ce livre, j'ai mis la barre assez haute en commençant cette lecture. De ce fait, je m'attendais à une histoire, je dois le dire un peu plus travaillée et fouillée, je suis restée un peu en retrait, malgré des personnages sympathiques et attachants ! Il a manqué un petit quelque chose, pour que je sois pleinement enchanté ! Mais je vous invite à tenter cette aventure, et venir me dire ce que vous en avez pensé ! 




vendredi 22 août 2014

Bohème - Mathieu Gaborit

Présentation de l'éditeur ( folio) SF

Après la révolution industrielle, l'Europe a été submergée par une substance étrange et dangereuse, l'écryme. Reliées par un fragile réseau de traverses d'acier, seules quelques cités gouvernées par l'aristocratie capitaliste émergent dans cette mer corrosive. Mais sous le joug de la Propagande, la révolte gronde... Quand un dirigeable porteur d'une précieuse cargaison clandestine s'échoue dans l'écryme, c'est Louise Kechelev, avocate-duelliste et fille de révolutionnaires praguois, qui est chargée de récupérer la cargaison. Dans la même zone, un régiment de hussards en mission de reconnaissance a été décimé par une mystérieuse crise de folie. Seul survivant, le commandant Léon Radurin doit fuir les foudres de la Propagande. Pour Louise et Léon, c'est le début d'un voyage sans retour aux confins des traverses, où se murmure le nom d'une cité perdue : Bohème.

Les quelques ouvrages que j'ai lu de Mathieu Gaborit, font preuve d'une imagination débordante et chiadée, fourmillant de mondes différents et d'atmosphères particulières, et en cela, ce livre répond à mes attentes, mais cette fascination se trouve ici scalpée par le manque de cohésion dans l'histoire.

Le livre est scindé en deux parties, et le fil rouge entre les deux est maigre, trop maigre pour moi, je n'ai pas fait la jonction, et tout est partie en déconfiture. En effet, la première partie fait la part belle à notre héroïne Louise que nous suivons avec intérêt dans la première partie, elle a pour mission dans un monde divisé, et dirigé par des régimes autoritaires, de retrouver la cargaison d'un aérostat écrasé dans une zone éloignée de sa province, elle devra comprendre ce qui est arrivé et revenir en informer les membres de sa famille… 
Pour y parvenir, elle devra affronter l'écryme, une mer "diabolique" qui recouvre absolument tout et qui à d'étranges pouvoirs… Bref, une aventure qui démarre bien, donnant de l'action aux personnages, et j'avoue que le parcours de Louise pour arriver jusqu'à l'aérostat m'a bien plu, du mystère, du suspens, même une rencontre avec Léon… mais bientôt l'affaire retombe comme un soufflet et, nous enchaînons sur une autre histoire, aucun point commun avec la première et franchement on y perd un peu son latin entre les révolutionnaires d'un côté, la propagande, les combats des uns et des autres, une multitude de personnages et de situations insolites … Là, Je pense que j'ai commencé à perdre pied et je suis sans doute passée à côté d'un message… Mais, je ne sais pas lequel !?… Louise réapparaît en fin d'histoire, et là, c'est le décrochement complet… une maternité incongrue, un rôle dans le futur, un message d'espoir, un message philosophique … Mais lequel ? beaucoup trop de flou ! 

Tout cela est dommage, car on détenait tous les ingrédients pour une histoire originale à la sauce steampunk et SF, une belle galerie de portraits, des lieux édifiants et mystérieux, des trouvailles technologiques, un pied de nez aux régimes totalitaires, mais mais mais …. Je suis restée insensible à cette poésie. Une bonne première partie qui méritait une fin et des explications plus importantes, et une seconde qui s'évapore dans des méandres sans fond en ce qui me concerne, et dont je n'ai pas bien compris le sens, et l'intérêt…. Je vous engage, malgré mon opinion a y jeter un oeil, car ceci ne remet pas en question, toutes les qualités d'écriture, visuelles et imagées de cet auteur. Peut-être n'était-ce pas le bon moment pour moi, pas assez ou je n'étais pas assez concentrée sur l'histoire ! A vous de voir !

Je remercie Stellade qui m'avait offert ce livre lors de notre premier swap "steampunk" organisé par June. 
    

mercredi 25 septembre 2013

Le mystère du drake mécaniste - Lilith Saintcrow

Présentation de l'éditeur (le livre de poche) - Fantasy
Traduction : Michelle Charrier

Au service de Sa Majesté, du pays… et pour rester en vie ! Emma Bannon est sorcière au service médico-légal de l’Empire. Sa mission : protéger Archibald Clare, un mentaliste renégat qui travaille dans l’illégalité. Ses pouvoirs de déduction à lui sont légendaires ; quant à elle, sa sorcellerie est plus que puissante. Malheureusement, ils se détestent cordialement…

Une nouvelle série de l’auteur best-seller Lilith Saintcrow en hommage à Sherlock Holmes et à Chapeau melon et bottes de cuir, dans une Angleterre victorienne empreinte de magie.

Une série à l'allure prometteuse, on fait quand même référence à "Holmes" et à "Chapeau Melon", deux icônes de l'Angleterre. Il va falloir être à la hauteur.... Le côté "Steampunk" m'attire également, cette période victorienne est originale dans sa perception de la mode, liée à la poussée industrielle. Visuellement, ça donne de belles choses, un mélange de genre assez unique.

Alors par où commencer... Mes espérances et mon envie de lecture, ce sont assez vite ratatinées...je vais essayer de ne pas m'appesantir sur le sujet, mais autant vous le dire, je n'ai pas été conquise par ce duo d'enquêteurs, le pour est contrebalancé par le contre ...

J'ai trouvé l'écriture de cette dame très intéressante et visuelle, je la classe dans un style très imagé, elle donne vie aux objets, humanise une paire de chaussette ou un caillou, c'est très vivant, et elle a de belles associations de mots qui exaltent l'imagination. Cela donne des descriptions précises, et une belle couleur à ce monde qu'elle a "pompé" sur l'Angleterre actuelle, mais qu'elle a bien remanié et repensé. Elle nous imprègne de l'ambiance fascinante de Londinium, un "Londres" revu à la sauce steampunk où technologie, magie et créatures légendaires mènent la danse..
Tout ceci, j'ai adoré ....

Passons à l'histoire maintenant, c'est là que...j'ai commencé à tilter, l'enquête nous laisse souvent dubitatif, voir perplexe ! La compréhension a même été un peu laborieuse parfois...Les explications arrivent ... mais souvent après l'action, et annule un suspens qui pourrait aider le lecteur à avancer avec plus d'intérêt.
Les actions sont cogitées dans la tête de l'auteur, les héros exécutent ce qui leur a été soufflé à l'oreille, et nous les retrouvons à la fin de l'action, sans connaitre précisément la réflexion qui les a conduit plutôt sur une piste que sur une autre. C'est très déconcertant, j'ai relu certaines pages plusieurs fois, pensant avoir peut-être raté un détail, mais sans succès... Cela casse le rythme de l'histoire, et de notre réflexion...
J'ai lu ce livre jusqu'au bout, espérant un revirement de style. Les dernières pages sont heureusement plus vivantes, elles m'ont permis de finir avec une "petite" satisfaction, les explications alors, presque redondantes, rattrapent les vides perçus au début.

Les personnages n'ont pas été aussi séduisants que je l'espérais. Emma, notre "prima", grande magicienne, ironique et froide n'attire pas la sympathie, et joue la pimbêche inaccessible...Elle reste insensible à notre Archibald Clare, un mentah, gentleman à l'esprit de déduction et de logique exemplaire, mais ce dernier est une pâle imitation d'Holmes, il ne nous surprend pas, ces réflexions ne sont pas expliqués, ni abordés...Son don est à peine exploité...
Un duo qui fonctionne plutôt en solo, chacun procède à des déductions dans son coin, et ces dialogues de chat et de souris nous font sourire au début mais ne débouche sur aucun sentiment, ni actions concrètes. Le deuxième duo composé d'un bavarois, génie de la mécanique et du napolitain, spadassin et voleur, m'ont fait plus rire. Ils forment une équipe explosive, exotique et volent la vedette à notre premier duo dans ce tome !

Pour conclure, un premier tome qui décrit un monde où l'on prend plaisir à s'immerger par les descriptions talentueuses de l'auteur, un style vraiment intéressant, et si la prochaine enquête est menée avec plus de clarté et de logique, et si le duo s'apprivoise et devient plus explosif, ce devrait être une série à suivre !