lundi 16 avril 2018

En ce moment chez Lili ...# 17 Spécial Printemps du Livre

 

Ouverture de cette superbe journée au Printemps du livre de Montaigu, 
sous le président Mr Michel Bussi 
Un salon que j'aime pour plusieurs raisons, d'abord sa proximité, 
il est convivial à taille humaine, il y a une très bonne organisation
avec un excellent animateur Philippe Chauveau
qui nous offre des entretiens intéressants et consistants
alors pour en savoir plus ... cliquez ci dessous 


vendredi 13 avril 2018

Soeurs - Bernard Minier

Présentation de l'éditeur (XO éditions) thriller - policier

Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans, et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d’arbres.

Le jeune Martin Servaz, qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s’intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante.
Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ? L’un de ses plus grands succès ne s’appelle-t-il pas La Communiante ?… L’affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime-t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.

Février 2018. Par une nuit glaciale, l’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée… elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu’à l’obsession.
Une épouse, deux sœurs, trois communiantes… et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?
Pour Servaz, le passé, en resurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l’encre noire.



Je remercie avec un grand "R" Babelio et la maison des éditions XO pour ce magnifique cadeau ! Cadeau car c'est vraiment ce que j'ai ressenti en lisant ce livre quelques jours avant sa sortie. Savourer d'avance le dernier roman de cet auteur fut un subtil délice ! N'ayons pas peur des mots. J'ai adoré !

Il me tardait de retrouver Servaz, et ayant sauté les deux derniers tomes, j’avais un peu peur d’être à la ramasse. Mais pas du tout, on peut lire "Soeurs" comme un roman à part entière, mais je conseillerai quand même d’aborder cet épisode en ayant au moins lu "Glacé" et éventuellement "le Cercle", il y a des évocations de ces histoires précédentes, et on sent mieux de quoi ça parle. Et puis surtout, quand on aime le héros, notre attachement est sans contexte un élément fort, motivant et plus émouvant dans la perception de l'histoire, comme c'est le cas ici.


Dans ce tome, l'approche est originale, l'auteur nous offre une pause en fouillant le passé de notre commandant, on revient à ses débuts dans la police judiciaire de Toulouse, nous sommes dans les années 90 et découvrons un Servaz, jeune et novice en la matière, il est confronté dès sa première enquête à un double meurtre, celui de deux jeunes filles Alice et Ambre. Les circonstances de ce massacre paraissent étranges, et très vite, l'équipe trouve un dénominateur commun, Erik Lang, un auteur à succès controversé, tout l'accuse et comme la résolution de l'enquête n'a pu se faire réellement par manque de preuve, l'ombre et le doute de cette histoire plane désormais sur Servaz. Alors quand une nouvelle victime subit le même sort, quasiment 30 ans plus tard, Servaz se retrouve projeté dans son passé, aurait-il laissé le vrai coupable en liberté ?...

Et revoilà donc Servaz, en questionnement permanent et au commande de cette nouvelle enquête, il a quelques années d'expérience en plus, une maturité évidente et une féroce envie de ne rien laisser passer cette fois-ci. Je ne vous cache pas que le nom de la victime a de quoi surprendre puisqu'elle le ramène directement dans la vie de Lang et de ses démons. Il y aura de nombreux flash-back dans cette histoire, et cela nous permettra de sentir l'évolution psychologique de Martin, on découvre ainsi certains pans de sa vie, son père, et l'enfance de Margot qu'on a appris a apprécier dans la série. Puis d'un point de vue plus professionnel, l'évolution des méthodes de la police et la modernité qui sert au mieux les intérêts des enquêteurs de nos jours. Bref, on sent les époques différentes, le contexte est ciselé et la gageure de nous embarquer est réussie !

L'omniprésence d'Hirtmann est balayé par un nouveau meurtrier qui joue à son tour dans la cour des grands, il va nous donner des rebondissements et de belles suées. Je vous préviens, quand on commence un Minier, on court après l'insomnie et le plaisir de lire une excellente histoire. C'est toujours aussi bien ficelée, l'écriture est fluide et coulante, elle s'insinue en vous jusqu'à la dernière page. Les détails sont là, croustillants et justes, donnant le  frisson et la réflexion en même temps. Il a su nous donner une histoire encore originale et palpitante en exploitant d'autres facettes de son personnage fétiche.

Ah ! Les serpents c'est pas mon truc, alors âmes sensibles motivez-vous !... j'ai du me percher sur une chaise ou rentrer mes pieds très vite sous les draps à certains instants ! Il ne nous ménage pas le bougre ! On sourira aussi en étudiant le portrait de Lang, l'auteur écrivain adulé devant des fans prêtes à tout, un comportement que l'auteur peut sans doute ressentir ou commencer à connaître ...
Il serait intéressant d'avoir son opinion à ce sujet ! ( je note la question pour le salon de Montaigu ! )

J'ai des éloges plein mon panier, et j'ai eu beaucoup de plaisir en retrouvant la fine équipe qui gravite et s'étoffe autour de Martin Servaz, fan inconditionnelle de ce héros récurrent, je recommande !
"Nuit" rejoindra ma pal ce week-end car j'ai l'intention de recroiser Bernard Minier, présent encore une fois au printemps du livre de Montaigu, pour mon plus grand bonheur et celui de ses fans ! et ma deuxième question sera  ... Alors à quand les prochaines aventures de Servaz ? ...





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lundi 9 avril 2018

En ce moment chez Lili ...# 16



Au programme : Un week-end à Paris : Théâtre, musée et salon du livre ...
Cliquez ci dessous pour en savoir plus ! 

mercredi 28 mars 2018

En ce moment chez Lili ...# 15



Cette semaine au programme : une exposition dans un très beau musée, 
mes lectures, une séance de cinéma et une balade en Bretagne...

mercredi 21 mars 2018

Les larmes rouges T1 - Réminiscences - Georgia Caldera

Présentation de l'éditeur ( j'ai lu) - fantastique
« Le temps n’est rien…
Il est des histoires qui traversent les siècles… »

Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, plus fragile que jamais, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité.
Peu à peu, elle perd pied…
Mais, la raison l’a-t-elle vraiment quittée ? Ces phénomènes étranges ne pourraient-ils pas avoir un lien quelconque avec l’arrivée de ce mystérieux personnage dans sa vie ? Cet homme qui, pourtant, prétend l’avoir sauvée, mais dont le comportement est si singulier qu’il en devient suspect… Et pourquoi diable ce regard, à l’éclat sans pareil, la terrorise-t-il autant qu’il la subjugue ?!




L’auteur est assez fascinante, très jolie, élégante et raffinée,  elle incarne un genre d’univers steampunk, et j’invente pour l’occasion le terme de "gothico-romantique" pour la décrire le mieux possible. Elle semble avoir plusieurs cordes à son arc en illustrant elle-même les ambiances de ces romans.





Alors parlons de ce premier tome qui commence plutôt mal avec un geste désespéré de suicide, Cornélia met fin à ses jours, et on se demande tout de suite comment on peut en arriver là, à 19 ans en pleine fleur de l’âge, au début de la vie ? Cette jeune femme a peu d’amis, foi en peu de choses, mal entourée, manquant visiblement d’amour maternel et de l’affection d’un père toujours absent … un protocole de départ qui nous offre donc un portrait de jeune femme en souffrance et peu sûre d'elle. Elle sera sauvée in extremis par un étrange personnage, il devient vite un soutien de taille et lui redonne l’envie de s'accrocher à la vie, elle reste pourtant fragile. Cet homme au charme charismatique lui apporte réconfort mais aussi de nouvelles interrogations, des cauchemars qui la terrorisent la nuit,  et la ramène dans un passé inconnu.

Elle se sent sombrer dans une folie morbide et malgré une peur viscérale au contact de son sauveur, sa présence est indispensable, elle ressent une attirance presque incontrôlable. Elle va peu à peu s’orienter vers l’impensable, et chercher à connaître et à démêler les fils du passé qui la rattache à cet homme, et découvrir l'envers de son monde. Son valeureux et pâle chevalier est toujours aux aguets et croise inévitablement son chemin, il est là pour la protéger ? mais de qui, pourquoi et comment, autant de questions qui rendent l’avancée un peu lente, car on a beaucoup de situations répétitives et de questions posées en boucle sans réponse dans ce premier tome.

La lecture de ces quelques 700 pages a été rapide, l’écriture est fluide, emporte le lecteur comme dans une vieille valse, c’est un sentiment que j’ai ressenti pendant ma lecture, je me suis sentie constamment projeté dans une autre époque, et Mme Caldera excelle à nous ramener dans les siècles passées, à ce point que même dans l'histoire présente,  j’avais l’impression d’être dans le passé et de voir constamment Cornélia en crinoline alors qu’elle portait de longs tee-shirts bariolés et des baskets. Les nombreux flash-back permettent de comprendre ce qui arrive à notre héroïne, ils donnent un peu de rythme à l'histoire, et ne nous perdent pas, car l'auteur prend soin de nous donner le détail qui nous repositionne dans le temps et dans le lieu.

Tout l’intérêt de ce livre est l’ambiance et l’atmosphère qui s’en dégagent, on comprend très vite les origines de cet homme et sa propension à aimer le sang en fait un "énième" vampire… on sent se profiler aussi la romance ... Le charme de ces créatures restent dans l’imaginaire, ils font flipper autant qu’ils attirent ! La froideur et la distance que notre Henri de Maltombes impose déclenche encore plus d'attraits, la chemise à jabots et le regard taciturne fonctionnent toujours. Je dois dire que je n'ai pas vu de grande originalité dans l'approche du phénomène "vampire", le mythe n'est pas très dépoussiéré, et tout ça à un petit côté déjà vu, à travers d'autres écrits, classiques ou modernes !

L'auteur nous livre des explications au compte goutte, découvrant avec Cornélia ce qui se passe, cela a son charme mais ne nous donne pas de perspective, il faut se laisser porter et ça manque pour l'instant d'information sur ces vampires, leur histoire et leur devenir... En tous les cas, il y a un gros travail de l'auteur pour nous aiguiller dans l'histoire, je ne sais pas encore si je lirai la suite car je ne suis pas assez émoustillée par l'intrigue, et par les questionnements qu'elle soulève. C'est néanmoins une lecture agréable que je vous invite à découvrir si ce n'est déjà fait ! 

L'avis de June , très enthousiasmée par cette lecture et qui m'a donné envie de me lancer !



 

jeudi 8 mars 2018

La conspiration de la couronne - Les révélations de Riyria - 1 - Michael J.Sullivan

Présentation de l'éditeur ( Milady) - Fantasy
Traduction : Mathilde Roger

Royce et Hadrian, voleur et mercenaire, n'ont jamais reculé devant une mission. Le danger, c'est leur fonds de commerce. Alors, quand on leur propose la fortune servie sur un plateau d'argent, ils pensent n'en faire qu'une bouchée.

Ils n'avaient pas prévu qu'on leur tendrait un ignoble piège. Les voilà accusés du pire des crimes : L'assassinat dur oi ! Pour sauver leur peau, ils n'auront pas le choix. Il leur faudra dénouer les fils d'un mystère qui, depuis des générations, renverse les monarques et bouleverse les empires.



 
Voilà un moment que je n'avais pas lu une fantasy aussi  sympathique !  Pas de quoi se prendre la tête, juste passer un bon moment comme on si regardait une bonne série télé !

Nous allons partager pour ce premier tome d'introduction, la vie d'un duo, à la fois classique et bon enfant mais qui ne manque pas de charme. Royce et Hadrian, deux fripouilles attachantes, sévissent dans un univers sommairement décrit et qui ne se démarque pas des décors classiques rencontrés ordinairement en fantasy, avec un petit plan à l'appui au début du livre. Ces deux personnages sont donc l'atout principal de ce roman, on pourrait dire simplement qu'il y a la tête et les jambes, que l'un joue des biscottos et que l'autre est une fouine sans pareil pour voler. 
Ayant lu récemment les premières aventures de Fritz Leiber, j'ai beaucoup pensé à la même association de malfaiteurs que l'on trouve dans le cycle des Epées avec le souricier gris et Fafhrd. Ces paires sont harmonieuses et font le succès de cette lecture, leur rapport et les dialogues sont croustillants et drôles.

Alors qu'ils se sont embringués dans une enième aventure, la dernière va être "LA" mission de trop, celle qui va les perdre et les faire tomber dans un piège, et pas n'importe quel piège, ils vont être accusés de régicide ! Sauvés par la princesse elle-même, ils vont pouvoir s'enfuir en trainant derrière eux le frère de celle-ci, selon elle, il faut cacher et protéger l'héritier... 
Vous l'aurez compris,  on rentre peu à peu dans un complot politique avec la “si constante et indécrottable ” lutte pour le pouvoir. Les rebondissements sont assez prévisibles, mais comme le duo fonctionne bien et nous tire quelques sourires,  cela pallie au manque de profondeur des situations. Le traitement est léger et ce survol sera peut-être approfondi dans les tomes suivants. J’avoue que la suite ne serait pas pour me déplaire. Ce roman est un excellent premier essai pour démarrer dans la fantasy par exemple, car c’est nettement plus un roman d’aventure que de fantasy pure. On voyage, on poursuit et on se "carapatte" aussi beaucoup... bagarres, batailles, monastère et sorciers offre un beau programme, bref on ne s'ennuie pas du tout ! Il me reste donc à espérer que le deuxième tome sera dotée d’ une intrigue de qualité, de personnages qui gagnent en densité, ce qui devrait donner une suite agréable !


dimanche 25 février 2018

Le livre du roi - Arnaldur Indridason

Présentation de l'éditeur ( points) - Historique -Aventure
traduction : Patrick Guelpa

En 1955, un jeune étudiant islandais arrive à Copenhague pour faire ses études. Là il va se lier d’amitié avec un étrange professeur, bourru, érudit et buvant sec, spécialiste des Sagas islandaises, ce patrimoine culturel inestimable qu’ont protégé les Islandais au long des siècles comme symbole de leur nation. Il découvre le secret du professeur, l’Edda poétique, le précieux Livre du roi, dont les récits sont à l’origine des mythes fondateurs germaniques, lui a été volée pendant la guerre par des nazis avides de légitimité symbolique. Ensemble, le professeur et son disciple réticent, qui ne rêve que de tranquillité, vont traverser l’Europe à la recherche du manuscrit. Un trésor pour lequel certains sont prêts à voler et à tuer. Un trésor aussi sur lequel on peut veiller et qu’on peut aimer sans en connaître la valeur. Une histoire inhabituelle et une aventure passionnante sur ce qu’on peut sacrifier et ce qu’on doit sacrifier pour un objet aussi emblématique qu’un livre. Arnaldur Indridason met son talent et son savoir-faire de conteur au service de son amour des livres. Et de ce livre mythique en particulier.


Alors, je suis un peu mitigée sur mon ressenti, d’un côté j’ai trouvé le sujet passionnant et le travail de recherche de l’auteur indubitable et de l’autre, le style assez descriptif, le ton un peu documentaire, ce qui a atténué grandement le côté épique de l’aventure avec un grand A.

 En fait, on a du mal à décoller de la réalité, mais ce n’était sans doute pas le but. J'ai appréhendé ce livre comme un polar, je m’attendais même à retrouver notre commissaire Erlendur dont j’ai suivi quelqu’unes de ses enquêtes, mais pas du tout, ce roman relate surtout l’histoire d’un pan de la littérature islandaise, j’ai d’ailleurs appris un tas de choses et pour cela, ce livre est un vibrant hommage au patrimoine littéraire et ancestral de ce peuple, qu’on découvre finalement assez opprimé, malgré un passé riche en légendes et en sagas.

C’est un tandem intéressant mais auquel je ne me suis pas vraiment attachée, il nous transporte avec nostalgie dans les pays scandinaves à la fin de la 2e guerre mondiale. Un professeur, un peu bougon aux manières plutôt désagréables, alcoolique sur les bords et qui ne lâche pas le morceau comme on dit et un étudiant, tout beau, tout neuf, tout naïf qui suit son maître dans cette escapade dangereuse et chaotique. On suit, à la volée, leurs pérégrinations, émaillées de souvenirs et de flashs-backs sur la vie du professeur et l'histoire de ce livre, principal objet de leur recherche.


Le début de l'aventure est un peu dure à suivre, on est parachuté sur des pistes un peu alléatoires, et on nous abreuve d’un tas d’explications dont je n’ai pas tout suivi, n’étant pas très au fait des merveilles de la culture islandaise, j'ai essayé de me rattraper depuis ! et j'espère avoir saisi toutes les implications et démonstrations littéraires que le professeur prodigue dans cette première partie. Par la suite, quand la recherche du livre des rois commence vraiment et s'intensifie, le ton s’accélère et l’action prend le pas sur l'Histoire, mais toujours par intermittence, cassant régulièrement le rythme.

Les faits paraissent parfois invraisemblables et certaines coïncidences étonnantes mais comme l’auteur s’appuie sur des faits réels qu'il comble de son imagination, et dans laquelle des personnages connus apparaissent, ça crédibilise tout le reste, et on avance vers une fin prévisible, réaliste et beaucoup plus palpitante que la mise en place, elle rattrape toute notre attention, en achevant cette histoire par une conclusion touchante.

A chaque page, on sent un auteur passionné par son pays, ses coutumes, ses légendes, l'auteur endosse ce rôle de professeur et nous communique cet esprit, cette curiosité et il m’a donné très envie de découvrir cette île secouée par la nature, par les occupations, et pourtant créatrice des plus belles légendes du monde nordique. Et c'est ce que je retiendrais de ce livre des rois ! 

Un merci à  Stellade pour m'avoir permis de sortir ce livre de ma pile à lire.


L'histoire de l'Islande est récente par rapport à celle du reste de l'Europe. Du fait de son éloignement, ce pays n'a pas subi la guerre, mais certains événements extérieurs, tels que la réforme protestante imposée par le Danemark ou la peste noire, ont eu des conséquences importantes pour les Islandais. L'histoire du pays a aussi été marquée par nombre de catastrophes naturelles et par sa lutte pour l'indépendance, obtenue le 17 juin 1944.

L'île ne fut découverte par les Vikings qu'au IXe siècle. À partir de 874, elle commence à se peupler, principalement de colons norvégiens fuyant les conflits de leur pays. En 930, de nombreux chefs, jusqu'alors maîtres de leur seul clan, décident de créer une assemblée, l'Althing, le plus vieux parlement du monde. S'ensuit une période d'indépendance entre les Xe et XIIIe siècles, connue surtout grâce aux sagas (Une saga (mot islandais) est un genre littéraire développé dans l'Islande médiévale, aux XIIe et XIIIe siècles, consistant en un récit historique en prose, ou bien une fiction ou légende.) . À cette période intervient aussi l'évangélisation des Islandais qui passent du paganisme nordique au christianisme sous la pression du roi norvégien. Cependant, des conflits internes finissent par affaiblir le pays qui devient en 1262 une colonie du Royaume de Norvège. Avec la fin de l'Union de Kalmar en 1536, il passe sous domination du Danemark qui s'empare bientôt du commerce local et impose la réforme protestante. L'Islande glisse peu à peu vers la pauvreté, mais réussit à développer sa culture spécifique. Le XVIIIe siècle est particulièrement marqué par cette pauvreté, qu'aggravent encore plusieurs catastrophes naturelles. Ainsi se confirme le déclin de la population islandaise, d'autant que plusieurs tentatives de développement économique avortent les unes après les autres.

Il faut attendre le milieu du XIXe siècle pour voir l'avènement d'un véritable renouveau, d'abord marqué par la lutte pour l'indépendance qu'inspirent les révolutions continentales. À la suite de ce mouvement, l'Althing est restauré et l'île reçoit un statut lui garantissant une plus grande autonomie. Le processus s'achève à la fin de la Seconde Guerre mondiale par l'indépendance, garantie dès 1944. Le XXe siècle voit le pays se développer rapidement, grâce surtout à la pêche, d'ailleurs source de plusieurs conflits, dont la guerre de la morue... Mais ceci est une autre histoire....
Alors pour en revenir au contexte de notre livre ... La seconde guerre mondiale.
Le 9 avril 1940, le Danemark est envahi, et tombe sous le contrôle du Troisième Reich allemand. Cette invasion fut ressentie en Grande Bretagne comme une menace majeure pour le contrôle de l'Atlantique Nord. Pour pallier ce danger, les troupes anglaises envahissent l'Islande. Il s'agit bien d'une invasion : l'arrivée des Britanniques ne résulte d'aucune négociation avec les Islandais. Ils seront 25 000 hommes, pour une population d'environ 120 000 Islandais.

En mars 1941, l'Allemagne déclare un blocus total des eaux islandaises. Tous les bateaux islandais sont ainsi impliqués de facto dans la bataille de l'Atlantique.

En Mai 1941, obligé de se débrouiller sans le Danemark, interpellé par l'occupation britannique et par le blocus allemand, le Parlement islandais se donne un régent, Sveinn Björnsson, ancien ministre danois. Les Islandais n'étaient pas particulièrement attirés par le nazisme. En revanche, ils n'étaient pas a-priori anti-allemands. Avant la guerre, c'était des ingénieurs allemands qui avaient construit leurs routes ainsi que les canalisations d'eau chaude qui, à partir de l'eau des geysers, approvisionnaient la ville de Reykjavik. Ceci expliquera leur neutralité.

Au printemps de 1941, la guerre était devenue mondiale, et l'empire britannique devait se battre sur plusieurs fronts, de l'Europe à la Birmanie, à l'Afrique et aux îles du Pacifique. Winston Churchill demanda au président américain Franklin Roosevelt d'envoyer des troupes en Islande, afin de dégager les troupes britanniques qui y étaient immobilisées.
Roosevelt accepta la proposition de Churchill, à condition que les Islandais invitent les Américains. Mais ceux-ci, échaudés par l'invasion britannique, firent la sourde oreille. Malgré les pressions, l'arrivée des troupes américaines dut être repoussée à l'été 1941. Ils s'installèrent dans les camps de l'armée britannique. Cette ingérence n'était pas du goût des islandais, elle durera jusqu'à la fin de la guerre.



Le 17 juin 1944, jour anniversaire de la naissance du nationaliste islandais Jon Sigursson (1811-1879), le parlement islandais proclama la République à Thingvöllur. Sveinn Björnsson en fut le premier Président. La nouvelle république fut reconnue par les puissances Alliées et l'Union soviétique. Le roi Christian X, souverain du Danemark occupé par les Allemands, envoya un télégramme pour souhaiter le maintien de l'Union, mais aussi pour s'incliner devant le fait accompli.

L'Islande était indépendante, mais toujours occupée par les troupes américaines. Détenant une place importante au milieu de l’Atlantique Nord, non loin des territoires arctiques soviétiques, la présence de l’OTAN et des États-Unis va donc perdurer jusqu'en 2006. L’OTAN, les armées norvégienne et danoise et les États-Unis assureront la protection militaire de cette nation.

La littérature islandaise, celle qui nous intéresse ici.

L'Edda poétique est un ensemble de poèmes en vieux norrois rassemblés dans un manuscrit islandais du XIIIe siècle, le Codex Regius. C'est aujourd'hui la plus importante source de connaissances sur la mythologie scandinave. On l'appelle aussi ancienne Edda ou Edda Sæmundar, en référence à Sæmundr Sigfússon dit Saemund le sage, à qui fut attribuée la rédaction du codex.


L'Edda poétique tombe dans l'oubli puis est redécouverte en Islande par l'évêque luthérien Brynjólfur Sveinsson en 1639. En 1662, il offre le manuscrit (baptisé Codex Regius) au roi du Danemark Frédéric III. C'est à cette époque que l'on attribue la paternité de ce recueil à Sæmundr le sage. Conservé à la librairie royale de Copenhague, le manuscrit est restitué à l'Islande en 1971.

À l’heure actuelle, on ne sait pas à qui attribuer le travail de collecte des poèmes renfermés dans le manuscrit. Il s’agit d’un recueil anonyme d’une trentaine de chants et de poèmes qui ont été composés entre le VIIIe siècle et le XIIIe siècle. Les poèmes les plus anciens furent vraisemblablement composés par les scaldes, qui se les transmirent par tradition orale. Aucun poème n’est attribué à un auteur particulier même si cela n’empêche pas les universitaires de spéculer parfois sur les auteurs de certains poèmes.

Au début du XVIIIe, Árni Magnússon se rend en Islande et va consacrer le reste de sa vie à la recherche des anciens manuscrits Islandais.

Arni Magnusson
Il rassemble ainsi à la Bibliothèque universitaire de Copenhague la plus importante collection de textes islandais qui sera malheureusement en grande partie détruite lors du grand incendie de Copenhague qui ravage la ville du 20 au 23 octobre 1728.

La littérature du XXe siècle marque une rupture avec l’héritage des temps anciens et l’esprit nationaliste.

Halldór Kiljan Laxness, prix Nobel de littérature en 1955 sera un des acteurs de cette rupture.

Un résumé "un peu long" mais cela explique bien les étapes importantes, et nécessaires pour aborder cette lecture avec intérêt. J'ai appris beaucoup de choses et une seule envie me dévore à présent, aller visiter l'Islande !

sources : Islande Explora / Guide pour comprendre l’Islande / Histoire de l’Islande / De l’indépendance de l’Islande jusqu’à aujourd’hui - https://www.islande-explora.com - https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Islande - https://www.contreculture.or - http://www.islandenpoche.net