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mercredi 13 mars 2013

Lettre d'une inconnue et le joueur d'échecs- Stefan Zweig

Présentation de l'éditeur (pocket) histoires de vie
Nouvelle traduction Pierre Malherbet

"A toi qui ne m'as jamais connue." La lettre, anonyme, s'adresse bien à lui, à l'homme qu'il était et qu'il est demeuré, l'écrivain célèbre pour son talent, sa frivolité et ses conquêtes. Comment se souvenir de cette femme qui lui déclare sa passion de toute une vie, de cette adolescente de 13 ans qui l'épiait et l'adorait naguère en silence? Comment revoir le visage de cette inconnue qui se donnerait à lui, plus tard, et de leur brève idylle dans Vienne enneigée?

Ce texte est suivi de la nouvelle Le Joueur d'échecs, dernier écrit de Stefan Zweig. Sur un paquebot reliant New York à Buenos Aires, une partie d'échecs entre deux passionnés que tout oppose et que le jeu réunit. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire aux allures de confession..

Ce petit librio m'a permis de connaître un auteur très adulé, je voulais me faire mon opinion, c'est fait… 

Ces deux nouvelles révèlent des histoires très différentes, mais toutes les deux font ressortir des sentiments humains exacerbés servis par une écriture fluide, sensible et simple. 

Les deux histoires étant courtes, je ne raconte rien, mais vous transmet juste mes sensations, et je vous laisse les découvrir si le coeur vous en dit ! On remarquera que le style de la nouvelle est performant, le sujet est complet et on ne s'ennuie pas. 

Pour "le joueur d'échec", on ressent une étude de la psychologie humaine, on y aborde les thèmes de la torture psychologique et de l'emprisonnement, ce qui, bien sûr, sont des thèmes "assez" dérangeants et grâce à l'écriture précise de Zweig, on imagine aisément cette douleur qui pousse à la folie. La grande Histoire est un prétexte connu et être un otage des nazis ne peut pas laisser insensible. Ce récit est aussi l'histoire d'un affrontement entre un homme connu et adulé, mais rustre, trop confiant et plutôt désagréable, et d'un parfait inconnu, patient et réfléchi, qui s'épanche sur une facette de sa vie… Quel contraste, c'est saisissant de réalisme et déconcertant parfois ! 
Je m'attendais à une fin plus étonnante (j'aurai presque aimé que ce carnet appartienne au champion du monde d'échec…)… Ah une dernière chose, je ne sais pas jouer aux échecs et cela ne m'a pas gêné ! 

Pour "lettre à une inconnue", le sujet pourrait paraitre plus léger mais il n'en est rien car le récit démarre sur les chapeaux de roues, on apprend coup sur coup la mort de l'auteur de la lettre et celui de son enfant.. Cette lettre est un testament bouleversant qui raconte à son destinataire, le sort et la vie d'une femme tourmentée, qui lui a tout donné sa vie et son amour, sans jamais qu'il n'en sache rien… Funeste confession qui devra hanter sans doute la vie de l'écrivain, nous sommes bien dans le plus pur style romantique ! On est assez subjugué par la passion de cette femme, et tellement dépitée qu'elle garde tout au fond de son coeur, un vrai gâchis ! une tragédie digne des grands romantiques de la belle époque ! cet amour a sens unique a de quoi rendre très complexe les émotions qui s'en dégagent, et nous amène à penser que la passion peut aussi être très destructrice ! 

Ces nouvelles sont simples et montrent des sentiments forts, caricaturaux. Le genre humain est décortiqué et savamment mis en scène. Je ne suis pas très friande de ces histoires, car elle ne m'apporte aucune solution sur les travers des comportements humains et me donne plus de désillusions que d'espoir ! Ces récits superbement écrits sont des sujets de philosophie en puissance ! 


jeudi 29 mars 2012

Un peintre figuratif Raphael Toussaint


Raphael Toussaint, né à la Roche-sur-Yon en 1937, il commence à peindre à l'âge de 13 ans, Vincent Van Gogh et les impressionnistes sont ses repères. Il devient peintre professionnel en 1970, il vit et travaille au Poiré-sur-Vie en Vendée.


Je voulais vous parler de ce peintre car j'aime beaucoup son travail, il est reposant pour les yeux et l'esprit, on passe des heures à regarder ces toiles, elles sont fructueuses et gorgées de détails, c'est un ravissement.
Son travail est tout en rondeur, souple, lissé, tout est douceur et tendresse. Les couleurs sont fraîches et les dégradés somptueux, le dessin par petites touches permet un grand réalisme, tous les détails sont minutieusement mis en scène. 
Des scènes de vie dans des paysages magnifiques avec souvent de grandes étendues de ciel, il recherche beaucoup la clarté et la luminosité du ciel pour créer ensuite des ombres ou des renvois de lumière sur les maisons ou les personnages. C'est un regard d'enfant qui dessine sa région natale : la Vendée et qui la décortique avec soin et amour.  
Une petite anecdote, vous remarquerez un personnage récurrent dans quasiment tous ses tableaux, un petit bonhomme en pull rouge, chauve et grisonnant sur les tempes...  je crois qu'il lui ressemblent beaucoup....
Pour en découvrir plus sur Raphael Toussaint

vendredi 9 mars 2012

Emmanuel Le Bret - Conan Doyle contre Sherlock Holmes


Présentation de l'éditeur (Editions du moment) - Biographie
Quand Arthur Conan Doyle voulut faire disparaître son héros, Sherlock Holmes, toute l'Angleterre victorienne s'est dressée pour protester. En fait, nombre de ses lecteurs pensaient que le plus célèbre détective du monde existait vraiment. Il était censé avoir résolu un bon millier d'affaires criminelles, maîtriser la boxe française, la canne, l'escrime, les arts martiaux, être chimiste et toxicologue, bibliophile, bon connaisseur du bouddhisme, violoniste talentueux, musicologue amateur et apiculteur à ses heures... 
A l'image de ce mythe, son créateur fut aussi un homme aux multiples talents. Tout à la fois athlète émérite, fou de boxe et de cricket, médecin, ophtalmologue et, bien entendu, écrivain prolifique. Passionné d'histoire et travailleur infatigable, cet aventurier fut, en outre, un visionnaire qui imagina par exemple le tunnel sous la Manche. Animé d'idées chevaleresques, il défendit à maintes reprises devant les tribunaux des victimes d'erreurs judiciaires. Le plus étrange, c'est que l'écrivain, à ce point identifié à son Sherlock,  fut souvent consulté par Scotland Yard sur des enquêtes difficiles. Ce héros, qu'il ne pouvait plus supporter, car il aurait aimé être reconnu pour ses oeuvres historiques. Cette biographie passionnante consacrée à Conan Doyle nous fait découvrir un authentique personnage romanesque.


Avant la lecture : La vie de l'auteur du plus illustre des détectives devrait être passionnante, j'attends beaucoup d'informations de ce genre de biographie, qu'est-ce qui a pu déclencher chez Doyle la création de ce héros ? Beaucoup de générations sont fans, ces romans policiers sont assez édulcorés, mais on se souvient tous du "Chien des Baskerville " immortalisé par le cinéma, il se dégage une atmosphère inquiétante un peu kitch, et c'est charmant. 
Il y a quelques années, j'ai lu l'autobiographie d'Agatha Christie, sa vie est intéressante à plus d'un titre, mais je n'ai pas trouvé les explications que j'attendais, la source de ses inspirations, ces méthodes d'investigations... j'aurai du choisir de lire une biographie plutôt qu'une autobiographie, car le recul de l'auteur est nécessaire, et il recherche souvent les anecdotes trucculentes qui rendent plus significative la vie de son sujet. A ce titre, le livre de François Rivière "Agatha : duchesse de la mort" est plus prolixe en renseignement. Enfin revenons à nos moutons ... Alors est ce que la vie de Doyle a déteint sur son héros ou est-ce le contraire ?

Après la lecture :  Penser que des personnes ont pleuré la mort de sherlock Holmes à la sortie de sa dernière histoire, cela parait démesuré pour un personnage de fiction, il a fallu donc un grand talent pour tromper les foules et faire croire que le bonhomme existait... Cela laisse songeur.
Arthur Ignatius Conan Doyle est né en 1859 à Edimburg, dès son plus jeune âge, ce jeune écossais se  passionne pour l'histoire. Sa lecture préférée, "Ivahnoé "de Walter Scott. Il écrit d'ailleurs très tôt des récits historiques. Pensionnaire à l'école, sa famille lui manque, il se crée une carapace physique et pour oublier le dur enseignement qu'il reçoit auprès de pères jésuites, il se donne à fond dans le sport et devient un redoutable athlète, cricket, rugby, boxe, football... Plus tard à Cambridge, il prend vraiment goût à la littérature et à la poésie, il aime Jules Verne et les voyages extraordinaires que le font rêver. Il écrit quelques essais, mais sa mère voudrait qu'il devienne médecin. Il reste néanmoins enthousiasmé par l'écriture, c'est l'heure d'Edgar Allan Poe, c'est aussi l'époque de Vidocq...
Arthur, élevé dans une famille pétrie de religion, développe aussi un esprit très rationnel,  il s'inscrit donc en 1876 à la faculté de médecine et rencontre celui qui va changer son destin, le docteur Joe Bell. C'est un grand médecin et chirurgien, amateur de sport et qui a un sens de l'observation inné... On voit là, poindre l'image du futur Sherlock Holmes !. Il sent qu'il lui faut un héros hors du commun pour sortir de l'anonymat, ce sera "Holmes", nom d'un grand chirurgien de sa connaissance, il lui trouve un accolyte Watson, en référence également à un médecin rencontré à Edimburg. Les premiers écrits ne marchent pas fort, le succés sera tardif mais sans précédant grâce au "The strand magazine". Ce journal publie sous forme de feuilleton les histoires policières de Doyle. Ce dernier préfére écrire des romans historiques et regrette l'engouement des gens pour ce détective complexe, mais c'est le public qui décide !

Je ne vais pas dévoiler toute l'histoire de sa vie, mais si le style et l'écriture sont très simple, il n'en reste pas moins que l'essentiel est dit, et que le livre fourmille de petites anecdotes sympathiques comme par exemple, saviez vous que la fameuse phrase "Elementaire, mon cher Watson !" n'est pas de Doyle, mais vient du premier film parlant "Le retour de Sherlock" et c'est une réplique du cinéaste mais pas de l'auteur. Intéressant aussi, de savoir que Jules Bonnot, célébre fondateur de la "bande à Bonnot" a été le chauffeur de Doyle, Sherlock ne l'aurait-il pas inspiré ?

Pour finir, voilà comment Doyle voyait Sherlock Holmes " ....Je le voyais très grand, d'une taille dépassant six pieds mais d'une minceur qui l'allongeait encore, figure en lame de couteau, un grand nez en bec de corbeau et deux petits yeux très rapprochés...."  C'est bien comme ça que je le vois aussi  et vous ? ...

Pour les inconditionnels, je conseille la deuxième saison de la série britannique"Sherlock", à la télévision le 21 et 28 mars sur France 4. C'est une excellente fiction qui revisite le mythe de Holmes de façon moderne mais en gardant un flegme et un humour anglais exquis...