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vendredi 3 février 2023

Les pionnières, tome 1 : Une place au soleil - Anna Jacobs

Présentation de l'éditeur (Archi poche) - Histoires de vie - Historique

Irlande, début des années 1860. Keara Michaels ne quitterait pour rien au monde sa terre natale et ses deux sœurs. Mais le destin est parfois cruel... Enceinte et sans le sou, elle est contrainte de traverser les océans pour gagner l’Australie. Toute seule : le père de son futur enfant, qui est marié, ne l’accompagnera pas.


Dans le même temps, Mark Gibson, un chercheur d’or, doit fuir le Lancashire pour échapper à la vengeance de son beau-père. Et tenter sa chance à l’autre bout du monde. C’est à Rossall Springs, à deux heures de route de Melbourne, qu’il ouvrira une auberge...


Est-ce là que Keara rencontrera l’homme de sa vie ? Le premier volet de la nouvelle trilogie d’Anna Jacobs, la romancière aux trois millions d’exemplaires vendus dans le monde.

 

Je remercie Archi Poche et Babelio pour m'avoir fait découvrir ce roman. Férue de policiers et de thrillers, je ne m'attendais pas à vivre un voyage aussi palpitant. Une belle parenthèse romantique, pleine de beaux paysages, de sentiments et d'histoire.
Anna Jacobs, que je ne connaissais pas et que j'avoue avoir confondu avec Anne Jacobs dans un premier temps, m'a enchanté. Elle est de celles qui font vivre au lecteur de belles envolées romanesques et aventurières comme Lucinda Riley ou Charlotte Link.
Ce roman venait-il comme un souffle dont j'avais besoin ? sans aucun doute car j'ai tout de suite été emporté par la galerie des personnages, les paysages rudes mais bien décrits, l'ambiance et le contexte historique. On revisite avec beaucoup d'aigreur la place de la femme à cette époque, nous sommes en 1860, et la fuite vers de meilleures contrées n'est pas toujours une victoire, ni une partie de plaisir.

Ce roman parlent de femmes courageuses qui tiennent à faire évoluer leur condition, à s'émanciper, elles ont du caractère, et s'affirment autant que des hommes, cherchant à braver leur destinées. Les hommes ne sont pas en reste, car ils se battent eux aussi, certains pour devenir riches, d'autres pour se libérer d'une emprise et découvrir de nouveaux territoires en élevant leur progéniture. C'est une belle émulation et une ode à la famille ! peut être un peu trop édulcorée à mon goût.

Le destin croisé des deux personnages que l'on suit : Mark et Keara nous intrigue et rend la lecture attrayante, nous changeant de point de vue régulièrement.  On les regarde fuir leur quotidien, échapper à la médiocrité et rester fier, on découvre aussi la cruauté de leurs détracteurs, c'est édifiant. Chacun cherche son bonheur, son amour et sa vérité en quittant sa terre natale, et même si on les sent déracinés, le bonheur de leurs proches reste le plus fort, et nous entraine sur leurs pas.

Tout cela rend donc l'histoire, romanesque sans mièvrerie mais sans beaucoup d'originalité non plus. C'est un cadre que j'ai déjà vu dans d'autres récits, on retrouve souvent ces mêmes ingrédients. Ce premier tome rythmé par les rebondissements, les voyages en calèche, en bateau ou à cheval, se lit donc facilement et on devine aussi aisément où l'auteur veut nous emmener. Bah ! j'avoue que je me suis laissée porter et que j'en redemande puisque je lirai la suite.

Le petit bémol est pour moi que les protagonistes tout au long de l'histoire énervent beaucoup, car ils ont le bonheur à porter de mains, mais s'obligent à rester ancrés dans une espèce de fierté qui leur pollue la vie ! heureusement,  la fin de ce tome laisse "les corsets se desserrer" ...  il est si facile de tendre la main parfois et d'avancer sans barrière. Je vais voir ce que réserve le tome 2 à nos chers déracinés car on sent que l'aventure continue sur les terres australes ! Un bon moyen de se changer les idées avec la morosité actuelle !
   


mardi 29 décembre 2020

Les sept soeurs Tome 1 Maia - Lucinda Riley


Présentation de l'éditeur (le livre de poche) -
Traduction : Fabienne Duvigneau

 
À la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a adoptées aux quatre coins du monde lorsqu'elles étaient bébés, Maia d'Aplièse et ses soeurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, un magnifique château sur les bords du lac de Genève.

Pour héritage, elles reçoivent chacune un mystérieux indice qui leur permettra peut-être de percer le secret de leurs origines. La piste de Maia la conduit au-delà des océans, dans un manoir en ruines sur les collines de Rio de Janeiro, au Brésil. C'est là que son histoire a commencé… Secrets enfouis et destins brisés : ce que Maia découvre va bouleverser sa vie.



Extrêmement frais et léger, j'ai adoré le premier tome de cette saga familiale. Chaque tome de la série met en scène une des soeurs adoptées qui compose une famille originale et de tous horizons. 
 
Un père qui disparait dans d'étranges circonstances et laisse beaucoup d'ombre et de questions dès le début de l'histoire. Il lègue un mystérieux héritage à ces filles, celui de découvrir leurs propres origines. L'idée de départ va nous permettre de voyager à travers le monde et c'est le signe d'un dépaysement total et d'un bon suspens.
 
Dans ce premier tome, nous sommes au Brésil sur les traces des ancêtres de Maïa. J'ai découvert l'histoire de la construction du Christ Rédempteur sur le Corcovado dans les années 30, et au delà de la romance qui illumine le récit, la vraie histoire donne de l'ampleur et immortalise cet événement. L'auteure a fait un travail de fourmi en usant de vrais détails historiques qu'elle a distillé tout au long du récit, elle nous promène entre les faubourgs de Montmartre, les grands boulevards parisiens et Rio !  Magique !
Elle a choisit une période exaltante, l'entre deux guerres riche dans le domaine de l'art et de la culture, on voit aussi l'évolution de la femme et des moeurs... Bref, un tour de table assez complet qui nous permet de tremper parfaitement dans le roman et l'époque.
 
Ce côté très agréable dans la lecture, n'empêche pas certains passages d'être assez irréalistes, farfelus, prévisibles et sans doute un poil trop "fleur bleue" par moment ! Et pourtant, j'ai hâte de lire ce que Lucinda Riley nous réserve pour les autres sœurs... approfondir les secrets qui entourent le père et sa mort qui me semble suspecte... et de nous faire rêver et voyager à travers de belles romances.



... En ce moment, je suis dans le tome 2 et j'approche de la fin. 
J'avoue être un peu moins emballée que par le premier, il y a une partie assez longue au début qui est une redite des premiers chapitres du premier tome. L'auteur recale de nouveau le fil conducteur des intrigues.

Je reste néanmoins très captivée par cette nouvelle histoire qui nous emmène en Norvège dans le milieu musical. La romance est toujours de mise et la conception des histoires semble un peu redondante avec un cheminement ressemblant. On verra si cela se confirme dans les tomes suivants.

Et vous ? connaissez vous cette saga ? qu'en pensez vous ?






Le Christ Rédempteur est une statue monumentale située à Rio-de-Janeiro, au Brésil. Elle est le symbole de la ville et, au-delà de ça, du Brésil entier. C'est également un symbole du christianisme parmi les plus importants du Monde.



Établie au cœur du parc national de la forêt de Tijuca, à une altitude de 710 mètres, la statue mesure 38 mètres de haut (dont 30 pour le Christ et 8 pour le piédestal, qui occupe une aire de 100 m2). Sa masse est de 1 145 tonnes, la masse approximative de la tête est de 30 tonnes et celle de chaque main de 8 tonnes. La tête mesure 3,75 m, chaque main 3,20 m, la largeur de la tunique est de 8,50 m. L'envergure entre les deux mains est de 28 mètres.


La construction a commencé en 1926 et s'est terminée en 1931. Elle a duré 5 ans.

La vue qu'offre le site exerça une fascination sur les premiers colons portugais, qui le baptisèrent mont Pináculo da Tentação (Pinacle de la Tentation) au XVIe siècle, avant de le rebaptiser Corcovado (« Bossu » en portugais) un siècle plus tard. La route qui mène à son sommet est construite en 1824. La ligne de chemin de fer du Corcovado, au départ de la gare de Cosme Velho, est quant à elle inaugurée le 9 octobre 1884 par l'empereur Pierre II du Brésil. Longue de 3 824 mètres, elle est la première du pays à être construite à des fins exclusivement touristiques. Le train, plus ancien que la statue elle-même, transportera pendant les cinq années de travaux les pièces nécessaires à sa construction.

L'idée de construire un monument religieux au sommet du Corcovado est suggérée une première fois en 1859 par le père lazariste Pedro Maria Boss. À son arrivée à Rio, il est séduit par l'endroit et demande à la princesse héritière Isabelle du Brésil de lui octroyer les moyens nécessaires à la mise en œuvre de son projet, mais son dessein, bien qu'en accord avec la monarchie d'alors, reste sans suite.

Il faudra attendre 1921 pour que l'idée soit reprise, dans le cadre des commémorations du centenaire de l'Indépendance du Brésil l'année suivante.

Le projet sélectionné en 1923 après concours est celui de l'ingénieur brésilien Heitor da Silva Costa. Il se rend en Europe afin d'exécuter la maquette définitive et d'étudier les problèmes liés à la construction. Il y rencontre le sculpteur français Paul Landowski, d'origine polonaise par son père, à qui il confie la réalisation du projet. Entre-temps, une campagne de collecte de fonds est menée, essentiellement auprès de donateurs catholiques, mais les dons tardent à arriver. 



Aujourd'hui le Christ de Rio, ou le Corcovado comme on l'appelle plus fréquemment, est un monument très visité, il est parmi les monuments les plus visités du Brésil. Le Christ rédempteur de Rio tient la 3e place des 7 nouvelles merveilles du monde.




mercredi 5 août 2020

La trilogie de la petite boulangerie de Jenny Colgan

Le mot de l'éditeur ( Pocket) - Histoires de vies

Polly Waterford coule des jours heureux sur la paisible île de Mount Polbearne. Sa petite boulangerie connaît un franc succès : les habitants du village continuent de s'y presser et un journal régional souhaite même la sélectionner dans son prochain guide ! Polly est aussi comblée par son histoire d'amour avec Huckle, le séduisant Américain qui a su conquérir son cœur. Les deux amoureux se sont installés ensemble dans le grand phare qui domine l'océan. Malheureusement, lorsque le nouveau propriétaire de la boulangerie de Polly débarque sur l'île avec une lueur malicieuse au fond des yeux, celle-ci réalise soudain que son bonheur est bien fragile. Et le départ précipité de Huckle pour les États-Unis ne l'aide guère à envisager l'avenir avec sérénité. Face à cette nouvelle tempête qui se prépare, Polly va devoir se battre pour ne pas laisser sa vie prendre l'eau. Réussira-t-elle à surmonter les obstacles qui se dressent sur sa route ?

Quand son mariage et son entreprise familiale font naufrage, Polly Waterford quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille d'une île des Cornouailles. Elle s'installe seule dans un minuscule appartement situé au-dessus d'une boutique laissée à l'abandon. Pour se remonter le moral, elle se consacre à son plaisir favori : fabriquer du pain. Alors qu'il n'y a plus dans le village qu'une boulangère irascible au pain sans saveur, les arômes de levain qui s'échappent de chez elle attirent très vite la curiosité et la sympathie des habitants. Petit à petit, d'échanges de services en petits bonheurs partagés, elle ravive l'esprit d'entrai
de et de partage dans le village. Au fil des rencontres farfelues (un bébé macareux blessé, un apiculteur dilettante, des marins gourmands) et au gré des événements heureux ou tragiques qui touchent la communauté, ce qui ne devait être qu'un simple " break " devient l'entreprise de sa vie. Polly se révèle enfin à elle-même : une femme déterminée et créative, prête à mordre dans la vie comme dans une mie de pain chaude et croustillante.

Découvrez enfin le dernier tome des aventures gourmandes de Polly, l'héroïne emblématique de La Petite Boulangerie du bout du monde,
la série aux centaines de milliers de lectrices !
Polly Waterford ne voit pas le temps passer... Sa petite boulangerie l'occupe du matin au soir, au désespoir d'Huckle, son compagnon, qui rêve de profiter d'une simple grasse matinée avec elle. À l'approche des fêtes de fin d'année, Huckle rêve aussi d'un Noël en amoureux, bien au chaud dans leur grand phare, avec leur petit macareux Neil.
Mais quand Kerensa débarque à Mount Polbearne pour dévoiler à sa meilleure amie un terrible secret sur son passé, Polly voit soudain son avenir s'assombrir. D'autant que la révélation de Kerensa menace la belle histoire qu'elle a construite avec Huckle.
Jusqu'à présent, Polly a toujours réussi à surmonter les épreuves en cuisinant. Pourtant, cette fois-ci, préparer de bons petits pains risque de ne pas suffire à la sortir d'affaire.
Polly est-elle prête à affronter son passé ? Réussira-t-elle à remettre sa vie sur de bons rails pour passer un joyeux Noël auprès de ceux qu'elle aime ?




Comment se divertir et se détendre les neurones ! Cette trilogie a été toute trouvé pour moi. A la fin du confinement, je n'avais qu'une envie, suspendre mes lectures policières et sanguinolentes pour un rafraichissement momentané avec des histoires simples et romantiques.

Bingo ! Polly Waterford, ses doutes, sa sensibilité et sa bonne humeur m'ont conquises, tout comme les personnages qui l'entourent. Des gens sincères, charismatiques et pourtant simples, des âmes qu'on pourrait croiser chaque jour près de chez nous. Cet entourage présent et réconfortant l'aide à prendre en mains sa nouvelle vie, et de Plymouth, la voilà perdue au milieu de nulle part dans le magnifique petit village de Mount Polbearne en Cornouailles. Terrain de jeu idéal pour les amateurs d'ambiance mystérieuse, un endroit que Polly m'a fait connaitre et que je prévois un jour de visiter.

Des gens sympas ! un endroit de rêve et pour finir, un régal pour les papilles. Il suffit de lire les succulentes descriptions et d'imaginer la préparation de ses petits pains tout chauds et croustillants ! J'en ai l'eau à la bouche rien que d'y penser et j'ai aussi eu l'envie irrésistible de me mettre à la confection de viennoiseries ... (elle nous donne quelques recettes à la fin de chaque ouvrage.)

Donc derrière ce roman gorgé de bons sentiments, d'entraide et de solidarité, il y a un message de courage et de responsabilité pour prendre son destin en mains, réaliser ses rêves et détourner les obstacles pour en faire de véritables opportunités. Et Polly, en se motivant, nous donne de belles leçons de vie !

Un peu moins captivée par le second tome, j'ai trouvé beaucoup de plaisir à retrouver tous les protagonistes dans le dernier tome "Noël à la petite boulangerie" qui finit joliment cette trilogie romantique, les anecdotes s'enchaînent et on est charmé aussi tout au long de ce roman par un "très spécial" animal de compagnie qui reste le fil rouge de cette histoire ! Je vous laisse le découvrir ...

Je lirai sans aucun doute ces prochains roman, et ce sera comme un petit vent de légèreté et de simplicité, on en a bien besoin parfois !



Le St Michael's Mount est une île accessible à marée basse de forme pyramidale de granite qui culmine à 60 m, située dans Mount's Bay en Cornouailles, à environ un kilomètre de la ville de Penzance, au sud-ouest de la Grande-Bretagne.

Historiquement l'île semble avoir formé le pendant du mont Saint-Michel, en France. Elle a été offerte aux Bénédictins du Mont-Saint-Michel au XIe siècle par le roi d'Angleterre Édouard le Confesseur (1042-1066) pour que les moines y construisent une abbaye.





vendredi 15 mai 2020

Depuis l'au-delà - Bernard Weber



Présentation de l'éditeur (Le livre de poche)

Je me nomme Gabriel Wells.
Je suis écrivain de romans à suspense.
Ma nouvelle enquête est un peu particulière car elle concerne le meurtre de quelqu'un que je connais personnellement: Moi-même.
J'ai été tué dans la nuit et je me demande bien par qui.

Pour résoudre cette énigme j'ai eu la chance de rencontrer Lucy Filipini. En tant que médium professionnelle, elle parle tous les jours aux âmes des défunts.
Et c'est ensemble, elle dans le monde matériel, moi dans le monde invisible, que nous allons tenter de percer le mystère de ma mort. 




Premier roman pour moi de cet auteur, croisé plusieurs fois au salon de Montaigu. Un personnage qui parait d'une grande sensibilité et dont la gentillesse et le large sourire est communicatif. 
J'ai eu envie de découvrir son style en choisissant dans sa longue bibliographie le sujet d'une histoire qui me plairait franchement. 
J'ai trouvé rapidement ! Imaginez plutôt : un romancier assassiné recherche son meurtrier depuis le monde de l'au delà par l'intermédiaire d'une femme médium ! Sympa ! non ! ...

Après cette perspective de départ très encourageante, le début du roman m'a laissé perplexe et puis je me suis laissée emporter. On part sur un fait bien réel qui est assez sombre pour arriver rapidement dans un deuxième niveau plus loufoque et qui se rapproche de la comédie avec des passages plutôt humoristiques et qui m'ont fait franchement rire avec les transferts d'âmes dans des corps différents !  Bon je n'en dis pas plus ... 

L'histoire est bien menée mais ce n'est pas vraiment une enquête comme j'avais pensé en lire une. De ce côté, j'ai été un poil déçue, car on s'éparpille beaucoup et on perd souvent de vue l'intrigue de base. Heureusement, le tout est rattrapé par le ton enjoué et la qualité des rapports humains qui sont décrits avec beaucoup d'émotion. C'est une bonne expérience de lecture que je renouvellerai sûrement.



Deux mots sur ce beau livre "Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu" offert par Unchocolatdansmonroman, une amienaute qui m'a permis de découvrir cet auteur qui a une imagination foisonnante et pertinente. On aborde tout un tas de sujets intéressants, cocasses, occultes... 
Bref, j'en lis quelques pages de temps en temps et c'est divertissant. A découvrir !

Présentation de l'éditeur (Albin Michel)
Connaissez-vous la théorie du centième singe ? Le kintsugi ou «art de réparer» ? La prophétie des Hopis ? La machine à parler avec les morts ? La règle du micropénis ? Le nom de l'homme qui a fait le plus de bien a l'humanité ? La vraie histoire des Lilliputiens ? La sexualité des baudroies des abysses ? Le moyen d'inventer des faux souvenirs ? La véritable recette du cassoulet toulousain ? L'histoire des harems turcs ? La manière dont réfléchissent les chats ? La civilisation des géants qui aurait préexisté a notre monde ?
... Non ? Cette encyclopédie unique en son genre est un cabinet de curiosités littéraires illustré de gravures rares, une source d'amusement et d'émerveillement.

vendredi 24 mai 2019

Les enfants de la liberté - Marc Lévy

Présentation de l'éditeur ( Pocket) - Histoires de vie - Historique

On est tous l'étranger de quelqu'un.

Jeannot,

Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumette au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer, la garder sans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leu de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. les miens ne son faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.



Quelle belle surprise au salon de Montaigu ! 
En effet, un choix de président qui m'a permis de connaître un peu mieux Marc Lévy. Un auteur que j'avais mis au placard après la lecture de l'un de ses premiers livres, il m'avait laissé sans avis, et sans l'envie non plus de continuer à le suivre. 
C'est un film qui l'a rendu vraiment célèbre, et il dit lui-même que sans Spielberg et ce petit miracle, il n'aurait sans doute pas eu la carrière qui a suivi. Belle preuve de reconnaissance pour cet homme humble et effacé, cela explique sans doute la mine renfermée et froide qu'il affiche et qui me l'avait rendu plutôt antipathique ! je me suis trompée sur le bonhomme et ce livre émouvant à souhait, ouvre une palette de sentiments et de vérité qui lui confère à présent une place dans mon coeur de lectrice.

Ceci étant dit, attaquons-nous à l'histoire de ce livre, sortons les mouchoirs et n'ayons pas peur d'avoir mal aux tripes, car le malaise a été présent tout au  long de ma lecture. Des émotions exacerbées par le côté réel des événements de ce roman qui sans juger, témoigne d'un pan de notre histoire.
Nous sommes en 1943, 1944 à l'aube de la fin de la guerre, et c'est aux cotés des résistants que nous allons découvrir Jeannot et Claude, deux frères, affaiblis et meurtris par la guerre. Ces deux petits garçons juifs devenus orphelins vont intégrer une division de résistants réputée pour entreprendre des actions violentes et des sabotages d'envergure dans le sud de la France. L'ennemi est allemand, mais c'est aussi à cause de la collaboration et des miliciens que de nombreux français ont péri torturés. On ne peut pas ressortir indemne de ces témoignages, ce livre a résonné longtemps dans mes pensées, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser au film "un sac de billes" de Joseph Joffo, vu peu de temps avant ma lecture.

Au delà du roman autobiographique avec des souvenirs de son père et de son grand-père auxquels il a donné vie, Marc Lévy nous offre un livre d'histoire, où plane l'horreur et l'espoir en même temps. Les contrastes sont sidérants, on contemple l'âme humaine dans tous ses états et dans des mises en scènes qui ont bouleversé mon regard et mon coeur.  Vous pourrez à tour de rôle évaluer de quel côté vous auriez pu être en des temps difficiles ! Milicien, couard caché, résistants ...  Une réflexion sur soi, sur l'humanité et une belle leçon de courage pour tous ces hommes, ces enfants qui se sont battus d'abord pour la liberté, avant de se battre pour leur nation !  

Une pensée pour Stellade avec qui j'ai partagé quelques mots sur cette lecture, et la découverte de cette pépite trouvée sur un étal de marché !




vendredi 15 mars 2019

Une sirène à Paris - Mathias Malzieu

Le mot de l'éditeur - (Albin Michel) - Histoires de vies
Juin 2016, la Seine est en crue et Gaspard Snow trouve sur les quais une sirène blessée qu'il ramène chez lui. Elle lui explique que tous les hommes qui entendent sa voix tombent amoureux d'elle et en meurent, mais, convaincu que son coeur est immunisé depuis sa rupture, Gaspard décide de la garder jusqu'au lendemain dans sa baignoire.


 

Il semble que chaque sortie de roman de notre Mystérieux "Malzieu" interpelle “les surprisiers“ de notre monde et beaucoup répondent à l’appel car les éloges ne cessent sur les écrits de ce monsieur, et beaucoup courent acheter ses nouvelles “frasques” littéraires ! 
J’avais pu apprécier la part de poésie dans la mécanique du coeur, je renouvelle ici mon sentiment. Ce qui est poétique et parfaitement maîtrisé chez cet auteur, c’est de prendre des événements singuliers, ici, la dernière crue de Paris, et de se l'approprier en y ajoutant une part de surréalisme et de fantastique. Il  pousse à l’extrême son imaginaire pour donner naissance à de nouvelles histoires originales et incroyables. De là, il en découle une création de mots et d'expressions qui sont tout aussi charmant que les décors dans lesquels évoluent les protagonistes de cette fable.

On y rencontre des personnages hors normes, avec en tête Lula la sirène, Rossy la gentille voisine, Johnny Cash le chat, le Docteur Milena, ... Bref, une galerie de personnes à la fois fantasques et très réelles, et qui me rappellent les personnages de “la forme de l’eau”, j’ai ressenti un peu cette ambiance à la fois joyeuse et mélancolique. Gaspard, le héros du livre va voir sa vie changer par la présence de cette sirène qui incarne la beauté et le rêve, un rêve jusqu’à alors inaccessible et qui va le sortir de sa léthargie amoureuse et de sa petite vie quotidienne jusque là bien insipide.

On ne peut aussi s’empêcher de penser au conte de la petite sirène d’Andersen. On y aborde comme dans ce livre, des sujets tels que la mort, l'amitié, le don de soi par Amour … L'auteur nous livre une version moderne de ce conte indémodable. On l'imagine d'ailleurs très bien dans la peau de Gaspard, et lors de l’émission très intéressante de "La Grande Librairie" du 6 mars, il a évoqué le fait d’être investi à part entière dans ce personnage musicien et artiste, énigmatique à l’allure nostalgique. On ne le verrait pas autrement d’ailleurs ! Ce rôle est une seconde peau.

Je dois dire que j’ai été un peu moins sensible à l’histoire et à la tournure de l'intrigue, qu’ à sa plume qui reste fraîche et inventive, cette histoire reste simple dans son message, mais déborde de fantaisie dans son déroulement, et ça fait du bien ! A découvrir. 
 

lundi 28 janvier 2019

La mémoire des embruns - Karen Viggers

Présentation de l'éditeur (le livre de poche) - Histoire de vie
Traduit par Isabelle Chapman

Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours sur l’île Bruny qu’elle a quittée des années auparavant. Mary se remémore cette époque : de terribles événements l’avaient alors forcée, ainsi que son mari, gardien du phare, et ses enfants, à retourner à la civilisation. Le secret
à l’origine de leur départ est trop lourd à porter et elle doit se confier pour trouver l’absolution. Ce sera à Leon, le garde forestier de l’île. Seul Tom, le benjamin de Mary, partage l’amour de sa mère pour cette île balayée par les vents mais véritable havre de paix propice à la guérison. Depuis son retour d’Antarctique et le divorce qui l’a détruit, Tom mène une vie solitaire de peur de souffrir à nouveau. Jusqu’au jour où il rencontre Emma, aussi ouverte et chaleureuse qu’il est taciturne. Comme Tom, Mary n’aurait pu imaginer devoir un jour affronter son passé. Pourtant, alors qu’elle vit ses dernières heures, rien ne se déroule comme elle l’avait prévu.


Un roman qui a vécu trop longtemps dans ma pile à lire… Alors ce fut l’occasion de le sortir pour le challenge de “AlapagedeSuzie” et ses voyages autour du monde ! Je peux ainsi valider un mois dédié aux auteurs australiens, tout comme mon amie Stellade avec qui j’ai eu grand plaisir à partager cette lecture.

Premier roman de cette auteure qui apporte une certaine fraicheur dans mes lectures. Pas vraiment par rapport au sujet mais surtout à cause de l’environnement, en effet, l’action nous entraine dans une contrée lointaine, une petite île au large de la Tasmanie, balayée par le vent et les embruns sans discontinuité, les îles sous le vent … Cette ambiance rude et magnifique donne une atmosphère particulière aux souvenirs d’une vieille dame Mary, et la nostalgie prend beaucoup de place dans l’histoire. On accompagne cette femme jusqu’à son dernier souffle. Il est tragique et bienheureux à la fois car elle va bientôt rejoindre son mari au paradis, ancien gardien de phare de cette île, il sera aussi son gardien fantôme le temps qui lui reste à vivre à Bruny et son esprit l’apaisera et l'aidera en quelque sorte à partir doucement.




Ainsi ce roman est sous l’égide des sentiments, des descriptions et des secrets de famille, il ne faudra pas chercher l’action, elle ne sera que dans les éléments naturels qui se déchainent à tour de rôle sur l’île. Un secret de famille mis en scène dès le début avec une lettre cachetée qui servira de fil rouge mais qui hélas ne révélera pas un si grand mystère aux yeux du lecteur car très rapidement au travers des souvenirs de Mary, nous déchiffrons les raisons de sa préférence pour son dernier fils Tom, mais je vous laisse cette partie de l'histoire à découvrir ...

J’ai regretté qu’une grande partie du roman nous fasse partager la vie de ce fameux Tom, sa vie amoureuse m’a laissé sans émotion et je tournais plus vite les pages pour retrouver Mary et son garde malade, dont la présence était lumineuse au milieu de cette île battue par la tempête. Il  a manqué un "je ne sais quoi", une touche plus romanesque, une écriture plus élégante peut-être qui aurait amplifiée les émotions, il n'en reste pas moins que le sujet m'a profondément émue, certains passages, me rappelant peut-être que la vie ne fait pas toujours de cadeaux ! 


Un avis chez Piplo !