mardi 30 mai 2017

Marie d'en haut - Agnes Ledig

Présentation de l'éditeur (pocket) - Histoire de vies

À trente ans, Marie a un caractère bien trempé et de la ressource. Lorsqu' Olivier, lieutenant de gendarmerie, débarque chez elle sans prévenir pour une enquête de routine, elle n'hésite pas à le ligoter pour lui faire comprendre explicitement qu'il n'est pas le bienvenu.
Mais cette carapace de femme forte dissimule ses fêlures. C'est grâce à Antoine, son meilleur ami, et Suzie, sa fille, que Marie trouve un sens à sa vie.
Et contre toute attente, Olivier va rejoindre le trio. Entre lui et Antoine, la guerre est déclarée. L'enjeu ? Le coeur de Marie.






A force d'en entendre parler, il faut bien qu'un jour l'aventure soit tentée. Déjà très intriguée par l’auteur et la longue queue devant son stand à Montaigu, je décidais de lire son premier court roman, il fut dévoré d’une seule traite, et je comprends mieux l'engouement pour cette femme. Elle écrit avec force et tendresse, délayant la tristesse dans la poésie et noyant la violence dans l'Amour. Quelle claque et quelle leçon d'humanité ! 

Je suis littéralement happée dès les premières pages, le style est vif, cru et va droit au but. L’auteur a choisit de nous livrer l’histoire de 4 personnages, Olivier, Marie, Antoine, Suzie, qui vivent les uns pour les autres, le uns avec les autres. Quatre vies marquées au fer rouge, chacune avec ses manques et ses souffrances, ils se réparent ensemble du mieux qu’ils peuvent, ils s'écoutent et s'aident. Cela donne des moments très intenses, et je me suis sentie très émue plusieurs fois par les situations décrites, elles sont concrètes et on peut aisément s'y retrouver au détour d'un passage. Beaucoup de thèmes sont abordés, l'auteure nous fait réfléchir, l'air de rien, sur des sujets qui nous touchent ou qui font notre quotidien : les relations parents-enfant, l'homosexualité, le regard des autres, notre vision de la mort, de la solitude, l'amitié, l'amour, la naissance des sentiments ... et encore tant d'autres. Et TOUT ça tient dans à peine 300 pages !


Le ton du livre est a souligner, sa conception aussi, l'écriture est simple mais directe et sans fioriture, comme je le disais plus haut, on va à l'essentiel et j'aime bien ce langage parlé qui nous ramène encore au vécu. La deuxième originalité est dans l'organisation des chapitres, chaque protagoniste vient chacun à son tour donner ou expliquer leur point de vue personnel sur ce qui se passe. C'est très vivant et ça nous permet de rentrer dans chaque conscience, le lecteur est alors plus que spectateur, il est dans la peau de chaque personnage, il voit a travers son regard, c'est instructif et drôle parfois !
Mon personnage préféré est Suzie. Une adorable gamine à qui l’auteure octroie des répliques hilarantes et l'entraîne dans des situations cocasses avec notre gendarme Olivier, c’est d’une franchise implacable, elle est drôle, perspicace et émouvante à la fois. 

extrait : Suzie parle à Olivier "- Je comprends que tu sois triste, alors. moi, mémé était déjà morte quand je suis née, alors je ne pouvais pas être triste, mais si maman mortait aujourd'hui, oh là là!
Et la façon dont Suzie me parlait de la mort, si simplement, m'a redonné envie de pleurer. Elle m'a observé quelques instants, avant de chercher un mouchoir dans son sac pour m'essuyer les joues. Et puis elle m'a chuchoté dans l'oreille
- Madeleine, c'est comme Jésus sur la croix, elle va revenir mais on l'a verra pas.
Les enfants, c'est la vie. "

 
Je pourrai en parler des heures de ce tout petit roman, plein de mots durs et tendres, de cette belle analyse des comportements et des sentiments, mais je vais vous laisser le découvrir, le seul bémol selon moi, ce sont les couvertures peu attirantes, mais tout est affaire de goût ! Le reste est parfait !

Agnès Ledig - Salon de Montaigu - Avril 2017

2 commentaires:

  1. Des trois ou 4 romans que j'ai lus d'elle, Marie d'en haut est celui que j'ai préféré. Je les ai tous aimés mais celui-ci m'a le plus passionnée, sûrement grâce à la petite Suzie qui est effectivement très choupinette.

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  2. Je n'ai jamais eu l'occasion de lire un seul livre de cette auteure mais cette chronique me donne envie de découvrir "Marie d'en haut". Merci pour le billet, je garde le titre dans un coin de ma tête!

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