jeudi 24 avril 2014

Puzzle - Franck Thilliez

Présentation de l'éditeur (fleuve noir) - Thriller

Et si on vous demandait de mourir… dans un jeu ?
Ilan et Chloé, deux jeunes gens spécialistes des chasses au trésor ont rêvé des années durant de participer à la partie ultime, d’un jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, dont on ne connaît pas l’entrée, et dont on ne sait même pas s’il existe. Mais dont on connaît le nom : Paranoïa.
...
Quand les joueurs découvrent le premier cadavre, quand Illan retrouve dans le jeu des informations liées à la disparition de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à faire… Et Paranoia peut alors réellement commencer…

Gagné chez BookenStock que je remercie ici encore pour cette opportunité de lecture, je découvre avec intérêt cette nouvelle aventure de Thilliez.  Au passage, un bonjour et un merci à Zina car ce livre a transité par ces montagnes avant de revenir au bord de la mer chez moi ...

Dans ce roman, il se révéle un spécialiste du jeu de rôle grandeur nature dans toute son horreur, maitrisant l'espace temps et la confusion des sentiments comme personne. Déjà habitué avec L'anneau de Moebius, que j'avais aimé, je retrouve ici, les mêmes engrenages déroutants et absolument fascinants pour le lecteur qui comme moi, s'évertue à essayer de démêler le vrai du faux… 

Après un début sur les chapeaux de roues, où on nous dévoile un véritable carnage en haute montagne, l'auteur va ensuite nous ramener dans la dimension du "pseudo" tueur pour nous faire comprendre comment il en est arrivé là. 
En effet, je parle de pseudo car cet homme Lucas Chardon a été retrouvé souillé de sang sur le lieu du massacre sans savoir ce qu'il y faisait, hébété et n'ayant aucun souvenir de cette nuit… Est ce lui ou non ? Là est toute la question…
Les révélations vont se faire sous forme d'entretien avec un psychiatre. Et inutile de vous dire que nous sommes entrainés dans une histoire incroyable ou l'on retrouve les participants d'un jeu "PARANOIA" (il porte bien son nom) qui nous plonge dans la folie profonde d'un homme enclin à faire errer ses participants dans un dédale de perversion et de doutes constants. Mais je n'en dirais pas plus … J'en ai déjà trop dit ! 

Une écriture toujours aussi agréable. Beaucoup de dialogues qui rendent très vivants les rapports entre les personnages, ceux-là même qui se retrouvent confinés dans un huis-clos machiavélique. L'auteur déclenche par ses expérimentations virtuelles, nos peurs les plus profondes, et nous met en situation de "souris de laboratoires" comme ses acteurs, dans un lieu aussi morbide que peut l'être un hôpital désaffecté … Tiens, en replantant le décor, j'en frissonne encore, les descriptions de ces couloirs froids et sombres sont parfaitement rendues … Jamais de temps mort non plus, car l'auteur ajoute au fur et à mesure des rebondissements qui font avancer rapidement l'histoire.
Un vrai puzzle plutôt catégorie "casse-tête" que le lecteur va découvrir en se laissant porter par les manigances de chaque joueur, et j'avoue qu'il y a un petit Côté "Shutter Island" (Dennis Lehanne) qui m'a beaucoup plu… 

Encore une belle révélation et un excellent titre de cet auteur à l'esprit tortueux sans aucun doute. Il nous ferait presque douter de la vérité, en nous laissant croire que nous pourrions être les victimes d'un éternel complot … A vous de voir !


jeudi 17 avril 2014

Les naufragés de l'île Tromelin - Irène Frain

Présentation de l'éditeur (Michel Lafon) - Histoire, Histoires de vies

Un minuscule bloc perdu dans l'océan Indien. Cerné par les déferlantes, harcelé par les ouragans. C'est là qu'échouent, en 1761, les rescapés du naufrage de L'Utile, un navire français qui transportait une cargaison clandestine d'esclaves. 
Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu, survivre. Ensemble, ils construisent un bateau pour s'enfuir. Faute de place, on n'embarque pas les esclaves, mais on jure solennellement de revenir les chercher. Quinze ans plus tard, on retrouvera huit survivants : sept femmes et un bébé. Que s'est-il passé sur l'île ? À quel point cette histoire a-t-elle ébranlé les consciences ? Ému et révolté par ce drame, Condorcet entreprendra son combat pour l'abolition de l'esclavage.

Très enthousiasmée par l'avis de Belle et de son choix, je me suis dit que j'allais découvrir un fort "beau" moment d'histoire, nouveau pour moi et plein d'émotions à en juger par le sujet bien explicite en quatrième de couverture.

Et ce fut le cas, l'histoire ne manque pas d'intérêt et c'est un événement qui mérite sa place et toute notre attention dans l'histoire avec un grand H, façon tragique de se remémorer les grand travers de l'humanité.


Il est difficile de qualifier le genre de ce roman, il tient plutôt du documentaire parfaitement maitrisé avec un travail de recherche complet et qui a semblé passionner les protagonistes. Je conçois que les témoignages de l'époque sont maigres, que les écrits du chirurgien de bord et de l'écrivain, ainsi que les recherches archéologiques sont les seuls apports fiables, et qu'il a fallu reconstituer toutes ces années avec peu de chose, c'est donc une belle gageure réussie par l'auteur.... Mais je regrette que le ton et la "raideur" de l'écriture n'est pas suscité chez moi, l'émotion attendue par ce type de récit. En effet, le timbre de l'auteur reste très monotone, et il a manqué un souffle de romanesque, des dialogues plus éloquents, plus percutants, un peu de suspens pour que l'on s'attache aux personnages et à leur souffrance, les analyses et le récit conforme sont un peu trop académiques et engluent finalement l'aventure en altérant l'imagination… C'est le seul point d'ombre sur ce livre.

A côté de cela, l'histoire de ce vaisseau "l'Utile", (on peut dire qu'il porte bien son nom celui-ci) est beaucoup "plus" qu'anecdotique, car ce passage ouvre la voie plus tard vers l'abolition de l'esclavagisme. 
Ayant fait naufrage au large de Madagascar, l'équipage français et sa cargaison illégale et incongrue, (soit 160 esclaves), se voient livrés aux éléments : la mer, le vent et la terre très hostile sur laquelle ils viennent d'échouer. Après avoir compris qu'ils ne pourraient tous s'en sortir qu'en travaillant ensembles, les deux communautés noires et blanches se découvrent de nouveaux rapports dans l'épreuve de reconstruction du nouveau bateau " La Prame", construit sur les ruines de l'ancien. Ils vont mettre en commun leur capacité et leurs bras pour fuir au plus vite cette île inhospitalière, dans tous les sens du terme. D'ailleurs, je vous conseille après la lecture de visionner le site internet du livre, les quelques photos prises de l'endroit, rendent le témoignage encore plus édifiant.

L'île Tromelin, baptisée ainsi en l'honneur du chevalier qui retrouva les 8 survivants, reste un endroit atypique et sûrement gravé de l'empreinte de tous ses hommes qui y moururent et manquèrent de tout. Il aura fallu attendre 15 années pour mettre fin à leur calvaire, on notera les remords de ses marins qui avaient promis de revenir les chercher dès que possible, mais les lenteurs administratives et humaines ne datent pas d'aujourd'hui, et elles ont aidé à camoufler un peu plus longtemps ce secret, qui aura vite tourné au cauchemar.... 


Alors malgré le manque d'envolée romanesque et de souffle épique, 
ce livre est un témoignage incontournable de l'horreur liée au manque d'humanité, 
il est important de ne pas oublier !  
Merci Belle de m'avoir fait partager cette leçon d'histoire !


mardi 15 avril 2014

Un salon grandissant qui gagne de plus en plus à être connu et visité en Vendée !

Une très belle journée au salon du livre de Montaigu où j'ai retrouvé Mypianocanta, Simi et Mo que je connaissais pas. Deux charmantes blogueuses ! Nous avons parcouru les stands de nos auteurs fétiches ensembles, et bien bavardé pendant le pique-nique en terrasse.. 

Voilà, les cinq ouvrages dédicacés que j'ai acheté… Charmés par la sympathie d'Oliver Peru et de Patrick McSpare, par la frimousse souriante et très colorée de Miss Caldera. J'ai pu saluer aussi Mister Gabriel Katz qui m'a reconnu depuis mon passage aux Utopiales, (j'étais flattée !!!! ) et Mr Minier, assez froid au premier abord, il parle très bien de son héros !

Une Journée marquée par de bons moment de fantasy ! 

Nous nous retrouverons aux Imajineres d'Angers avec My, car il me faudra saluer Mr Geha et d'autres … Rendez vous est pris ! 

Voila mes achats et mes dédicaces !


Patrick McSpare

Bernard Minier
Oliver Peru 

Georgia Caldera
Une belle moisson très raisonnable pour une journée coup de coeur  !

jeudi 10 avril 2014

Le tertre des âmes - Ludovic Rosmorduc

Présentation de l'éditeur (baam ! ) Fantasy - Jeunesse

La licorne, animal emblématique de Sétiladom, vient d'être assassinée, et le coupable semble tout désigné : Héribold, le chef de garde. Mais les apparences sont parfois trompeuses et seul le banni d'hier pourra devenir le sauveur de demain. Héribold aura tôt fait de réunir un étrange alchimiste, un arbalétrier redoutable et un imposant guerrier pour une quête incertaine et aveugle : traverser mers et banquises afin de ramener une nouvelle licorne à Sétiladom. Faute de quoi, les Enfers se déchaîneront.

J'ai promis à l'auteur de garder en mémoire que ce livre était son premier roman, et de plus dédié à la jeunesse, alors je l'ai fait consciencieusement, et je dois dire que toute "adulte" que je suis, cela ne m'a pas empêché de l'apprécier à sa juste valeur, même si effectivement il convient plus à un néophyte qui voudrait se frotter au genre. C'est un livre court qui vous permet de rentrer très vite dans l'histoire, et à aucun moment, je ne me suis ennuyée, il se lit assez vite et même si j'ai lambiné en raison d'autres circonstances, j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre ces héros touchants qui font leur premier pas dans l'aventure, tout comme notre écrivain !

Une écriture travaillée qui tient compte de la période, beaucoup de termes et de tournures moyenâgeuses, mais cela reste très fluide avec de bonnes accélérations. Le seul reproche que je ferai, c'est qu'il est trop court… Et oui, l'auteur ne rentre pas assez dans les actions, on passe de la réflexion à la solution très rapidement sans vraiment aborder toutes les questions, la rapidité des événements sabrent un peu toute la réflexion et les descriptions qui auraient étoffer l'action, et donner à ce roman une dimension lus grandiose. Ce manque de développement plaira peut-être plus à une jeunesse impatiente de connaître l'issue de l'histoire. 

Le prétexte de l'histoire est assez classique, mais l'avancement dans l'aventure est bien menée, pour arriver enfin au "Tertre des âmes", qui est, est une belle création très imagée, et qui peut donner lieu à une suite intéressante, mais là aussi, on passe un peu vite et j'aurai vraiment aimé en savoir plus… 

Les personnages attirent vite la sympathie, mais comme pour le reste, on survole trop leurs caractères pour s'y attacher vraiment, l'insouciance de la jeune Sixéla pourrait nous énerver, mais après tout, elle réagit comme une gamine de son âge… et pour cela, les caractères ne sont pas surfaits, ils collent bien à la réalité, pas de super héros, juste une bonne petite troupe qui se serrent les coudes pour trouver cette fabuleuse licorne ! 

Vous l'aurez compris, je ne dévoilerai rien de l'histoire, et comme à mon habitude, je vous laisse tout loisir de faire à votre tour, votre propre voyage ! 

Au final, c'est un très bon petit roman de mise en bouche pour se lancer dans l'univers de la fantasy. Un auteur à suivre donc pour la qualité de son écriture et de son imagination, je vais tenter son dernier roman La main de Dieu, gagné chez Bookenstock, plus poussé historiquement, il devrait combler mes attentes.


jeudi 3 avril 2014

Lasser - Un privé sur le Nil - Sylvie Miller & Philippe Ward


Présentation de l'éditeur (critic) - Policiers Fantasy


1935, Le Caire. Jean-Philippe Lasser, détective privé de seconde zone, hante le bar de l’hôtel où il a posé ses valises et ses bureaux, en attendant le coup qui rapportera gros. Pour le moment, il ne décroche que des petites affaires, celles que tous ses confrères ont refusées…
La dernière en date pourrait bien changer la donne : la déesse Isis en personne vient lui demander de retrouver le très convoité manuscrit de Thot. Or, si l’opportunité peut le rendre plein aux as, elle peut aussi le laisser sur le carreau. Malgré ses réticences, il n’est pas en mesure de refuser : dans cette Égypte pharaonique où les Dieux marchent parmi les hommes, quand les premiers ordonnent, les seconds obéissent.
Délaissant son précieux seize ans d’âge, il se lance dans une succession d’enquêtes rocambolesques qui le verra peut-être devenir le seul, l’unique, détective des dieux !

Un privé sur le Nil est le premier tome d'une série prometteuse. Il associe les aventures d'un héros assez peu conventionnel, voir même un peu à côté de la plaque… avec des enquêtes à résoudre au sein du panthéon égyptien. Délirant, non ! 

Découpé en chapitres assez courts, chacun nous entraine dans une nouvelle aventure, et on passe de la recherche du manuscrit de Thot à la la disparition du sexe d'Osiris …. Pas commun, me direz-vous ! Et c'est exactement ce qui fait tout l'intérêt de ce roman, un premier tome qui se passe en Egypte, dans les années 30, mais avec la particularité et l'originalité d'avoir conservé ses divinités antiques qui vivent au grand jour comme n'importe quel être humain. Ces divinités ont des allures de "jet-setteur", c'est assez drôle et bien vu… Leurs pouvoirs résultent de la croyance des gens, qui continuent toujours à les vénérer. On est bien dans du fantastique à échelle mythologique. C'est surprenant au début, mais on s'habitue car le décalage est maîtrisé, cela donne des situations rocambolesques et assez drôles ! 

Le personnage principal est un gros atout de ce livre, il incarne une figure du roman noir des années 30, amateur de belles femmes et de whisky, un détective qui me ferait penser à Bogart, mais sans en avoir l'assurance et le charisme, il manque souvent de discernement et se fait passer à tabac bon nombre de fois, d'ailleurs, il s'en sort toujours bien, malgré ces confrontations avec les dieux qui devraient finir par le tuer… Il a beaucoup de chance face aux caprices de ces divas, et on se demande bien pourquoi parfois ! … Tout cela le rend attachant ! Fazimel et Ouabou, ces deux associés, une jeune femme prévenante et un chat qui parle, finissent le tableau un peu décalé et loufoque de cette série. 

Ces enquêtes courtes qui s'enchaînent dans ce tome sont assez simples à élucider, elles pourraient presque se lire comme des nouvelles. Ce que je reprocherai peut-être c'est la monotonie de la construction des enquêtes, elles sont toutes réalisées sur le même schéma, en effet, nous retrouvons notre détective Lasser est en train de siroter à l'hôtel où il vit, un dieu surgit lui demandant son aide, (sa réputation s'est faite sur sa première affaire et voilà il est très demandé par le panthéon égyptien...) et comme il est toujours à court d'argent, cela devient une aubaine qu'il ne peut refuser, les dieux paient grassement, et il n'a pas vraiment le choix de toute façon.…

A part cela, ce livre donne de bons moments de lecture, agréables et sans complication... Une écriture simple, vivante avec des dialogues pertinents. On sent que les auteurs se sont beaucoup amusés, et les messages passent avec facilité et bonne humeur. Ils nous remémorent également l'histoire les dieux égyptiens, qui sont nombreux et caricaturés à souhait. Un peu d'histoire, un peu d'action, un mélange de genres intéressant !  A suivre donc !


jeudi 13 mars 2014

Le baiser du rasoir - Daniel Polansky


Présentation de l'éditeur ( folio SF) - Fantasy
Traduction : Patrick Marcel

Basse-Fosse. 

La ville du crime. Les hors-la-loi sont rois, les femmes, fatales. Disparaissez, et les gardes s’assureront que personne ne vous retrouvera jamais. Prévôt est dealer. Il a été soldat. Il a été agent de la Couronne. Il a tout vu, et même pire. Difficile de trouver âme plus tourmentée. Il est aussi le plus à même de traquer l’assassin qui sème derrière lui les corps d’enfants horriblement mutilés. Un sinistre jeu de piste, où le chasseur pourrait devenir proie.

Un grand Merci pour ce partenariat Folio et Livraddict

La grande tentatrice de cette lecture est C'era, son enthousiasme a été communicatif, et dès que j'ai vu ce livre en proposition de partenariat, je me suis inscrite illico. La quatrième de couverture très alléchante a fini de me convaincre et le sujet ne manquait pas d'intérêt...

En fait, il y a de bonnes choses et de moins bonnes … Mais c'est le lot de ce genre de livre où on nous livre un héros taciturne, braillard, au mauvais caractère et vilain de surcroît .. Tout pour plaire donc ... Cette caricature de héros est notre Prévôt, un dealer qui deale et consomme beaucoup, beaucoup, beaucoup trop, ce qui lui donne sûrement du courage, mais provoque aussi des questionnements interminables en réflexions personnelles et des élucubrations qui tournent un peu en rond parfois, c'est le cas quand ce dernier va décider de prendre en main une enquête sur le meurtre d'enfants dans les"bas fond" de basse fosse, son domaine. 
Cette histoire qui mêle assez habilement la fantasy et le côté intrigue, reste un peu souffreteuse, on aimerait rentrer plus vite dans le sujet, hélas on tourne encore assez longtemps autour du pot, pour découvrir qui est le coupable, un peu à l'emporte pièce dans un final un peu précipité..( d'ailleurs, le fait étant rare je tiens à dire que j'avais deviné à la moitié du livre le nom du coupable...) Finalement, on se demande si l'histoire personnelle du prévôt personnel n'est pas plutôt le fil conducteur de l'histoire, tant on se perd en pistes inutiles pour trouver le meurtrier, mais par contre on aborde tous les détails de la vie de notre dealer de quartier, ancien soldat et enquêteur, son enfance, sa vie sentimentale...

Pour les bonnes choses, je dois reconnaître que l'immersion dans ce monde glauque est assez bien imagée, mais Polansky a des "grands frères" dans le milieu de la fantasy qui ont marqué beaucoup plus mon imaginaire, je pense au sombre univers de Locke Lamora ou de Watsburg qui sont à mon goût, beaucoup plus parlant, plus pourri, plus imaginatif et original que celui-ci. Bien que le monde dans lequel nous entraîne cette histoire est un vrai trou à rats, digne de ce nom, et reste très bien décrit. Quant à l'action liée à l'aventure à proprement parlé, il n' y a en a pas beaucoup, seuls les passages à tabac et la violence gratuite ont de beaux chapitres dans ce tome.

Le style est rafraîchissant avec une écriture et un profil qui m'a beaucoup fait pensé à Wastburg de C. Ferrand, mais je le rappelle encore une fois, sans en égaler cependant le niveau. J'ai eu un peu de mal au départ avec certaines tournures de phrases, mais on s'habitue, et j'ai du me concentrer un  peu plus. Les dialogues que l'on peut suivre dans cette basse "fosse" sont percutants c'est parfois surprenant et très vivant, il y a du répondant, de l'humour, de l'ironie, c'est assez complet, et c'est un gros atout du livre.

En résumé, une lecture divertissante avec un avis un peu mitigé, car l'histoire contourne souvent le sujet principal, en nous faisant un peu perdre le fil conducteur de l'intrigue. Une enquête qui démarre mollement et s'achève un peu dans la précipitation, un petit goût général de "manque de profondeur" à tous les niveaux, on aurait également aimé en connaître un peu plus, sur les personnages secondaires comme Pinson, l'aubergiste, le Héron et l'univers de Basse fosse ... Mais attendons la suite, des voiles vont peut-être se lever !


Ah ! et pour finir, le titre du livre qui m'a interpellé longtemps pendant le cours de ma lecture
... J'ai cru qu'on allait jamais le voir dans cette histoire 
....ce sacré rasoir !

Pour vous faire d'autres avis, voici celui de  C'era una volta et celui de Sia.



lundi 10 mars 2014

Loup, y es tu ? - Henri Courtade

Présentation de l'éditeur ( folio SF) - Fantastique

Et si les êtres maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement?
Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs. Bref, tapies dans l’ombre d’Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles auraient entre leurs mains expertes le devenir de l’humanité.Sinistre tableau !Si de tels êtres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également. 
Qu’en ce début du XXIe siècle, ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre.Et alors, qui sait de quel côté la balance pencherait…

Avec cette lecture, je rend enfin hommage au livre que m'a offert ma Stellade, et fait la part belle à plusieurs challenges. Un petit mot pour saluer cette très belle couverture ! 

Quand j'ai lu ce livre, j'avais en mémoire l'excellente série "Once upon a time"… et je voyais même les acteurs de la série évolués dans le livre de Mr Courtade ! Un amalgame inévitable par ces temps de disette et de recherche du rêve … 

Il est vrai que donner vie aux personnages de nos contes de fées est un sacré pari car c'est un peu comme le souvenir d'une mémoire collective, et nous savons tous de quoi il s'agit, ils nous ont accompagnés longtemps pour certains… C'est un terrain sensible et miné ! Et le résultat est plutôt bien vu, bien pensé et ce n'est pas "incongru" de les voir évoluer dans notre monde actuel. 

Le deuxième pari est d'avoir donné aux contes, la possibilité d'expliquer certaines passages de notre histoires, et même si au début cela m'a fait sourire, je n'ai pas toujours trouvé ça du meilleur effet, mais l'originalité de certains points de vue montre une imagination débordante ! 

Il se trouve que notre chaperon rouge et notre Blanche neige sont les seuls êtres à pouvoir sauver notre monde, de quelques créatures maléfiques qui se chargent, elles, de le détruire ! Un programme pour des supers héros ! A ce propos, je ne me suis pas tellement attachée aux personnages, ils sont un peu trop parfaits et manquent un peu de couleurs, ils sont trop blancs ou trop noirs ... et même si ce sont des êtres douées de magie et de beauté intérieure, cette perception du bien et du mal m'a un peu gêné, me rappelant les caractères assez "figés et classiques" des personnages de contes de fées. On y retrouve notre bonne sorcière, magnifique en femme fatale et nos nains, gentils bonhommes qui deviennent ici les héros de l'ombre marquant notre histoire avec une certaine tension.

Il vaut mieux lire ce livre quasiment d'une seule traite, enfin avec le minimum de coupure car la continuité de lecture aide beaucoup à conserver le fil de l'histoire, il y beaucoup de personnages et d'éléments extérieurs qui peuvent dérouter l'intrigue principale. Une intrigue cohérente, mais parfois un peu tirée par les cheveux, avec des petites longueurs et un fin presque trop brutale. Malgré des chapitres courts, le découpage de l'historie manque un peu d'équilibre.

L'écriture est simple et agréable, à noter que j'ai souvent ressenti l'envie d'avancer plus rapidement dans l'histoire. Les messages sous-jacents sur la guerre, le terrorisme… sont des sujets graves et j'avoue que c'est là que j'ai eu un peu de mal … On est un peu trop aux antipodes du conte de fée, entre le rêve et l'horreur, j'avoue que l'un n'a pas suffit à détrôner l'autre et certaines explications ne m'ont pas toujours convaincues, même si c'était bien tenté !  

Mais laissons place à la magie et à la féerie … 
Ce livre reste un bon moment de détente à l'ombre de notre enfance et de nos rêves ! 

J'ai LADY R dans ma pal du même auteur mais dans un registre assez différent, cette première approche a été agréable et j'avoue que cette seconde lecture dans un univers médiéval me parle déjà beaucoup plus, il sied mieux à ma nature ! J'ai un peu de sang de licorne en moi, ne l'oublions pas !