vendredi 21 octobre 2016

Le défi des 4 AS - Départ le 1 novembre.


Le défi des 4 as , 4 équipes de 4 personnes : 16 participantes
1 défi tous les deux mois ! 


L’équipe coeur - L’équipe carreau - L’équipe trèfle - L’équipe pic ! (pas facile à dire en plus ! )

Il faut 4 participant(e)s dans chacune ! C'est un vrai travail d'équipe !
Soit vous choisissez votre équipe, soit je vous inscris dans une équipe par ordre d'arrivée.

Le premier jour du mois, 4 défis sont demandés, vous avez deux mois pour que chacun dans votre équipe relève un défi, il vous suffit de donner votre nom, votre équipe et le choix de votre défi,  le dernier jour du deuxième mois fait office de date butoir, celui qui n'a relevé, ni défi, ni défi supplémentaire, en temps et en heure ne joue plus jusqu'à la fin de la session en cours.

L’Équipe obtient des points en fonction de ses choix qui s’accumulent jusqu’ à la fin des 4 mois.
• Chacun peut choisir le défi qu'il souhaite parmi les 4 choix proposés.
• Si les 4 défis proposés sont relevés par les joueurs (chaque joueur a un défi différent) il y a un bonus de + 5 PT sur le total des points de l'équipe pour la session. A vous de vous entendre au départ.
• Si un des 4 AS souhaite relever plusieurs défis, il le peut, il doit le signaler dès l’inscription du défi, cela fait des points supplémentaires. Mais attention,  il perdra un point sur son défi de base si les défis en supplément ne sont pas réalisés.
• Si un AS réalise le défi supplémentaire choisi mais pas son défi de base, il a 1 PT de consolation. C'est le défi de base qui prédomine.

Exemple :
Caroline de l'équipe PIC prend le défi 1 et en supplément le 4, elle réalise le 1 et pas le 4, elle aura 6-1 = 5 PT. Elle réalise les deux, elle aura 10 PT, elle réalise le supplément et pas le défi, elle aura 1 PT.

• Les points sont validés à réception de la chronique dont vous aurez mis le lien sur le fil de ce topic ou de la réponse au défi demandé directement sur le topic.

Voilà les 4 défis des deux premiers mois.

* DEFI 1 : Lire un livre dont l’auteur a un nom et un prénom qui commence par la même lettre : 6 PT
* DEFI 2 : Lire un livre de Science-fiction : 3 PT
* DEFI 3 : Faire une petite biographie de la vie d’un auteur au choix ( 5 à 10 lignes) : 3 PT
* DEFI 4 : Lire un classique du XIXe siècle ou une pièce de théâtre : 4 PT

Si l’opération fonctionne, elle sera renouvelée pour 4 autres mois. Bonne chance !
Que la meilleure équipe gagne !  Inscription uniquement sur LA !

lundi 17 octobre 2016

The Walking dead T1 - L'ascension du gouverneur - Robert Kirkman et Jan Bonansinga

Présentation de l'éditeur ( Editions France Loisirs) - Horreur
Traducteur : Pascal Loubet

Dans le monde de The Walking Dead, envahi par les morts-vivants où quelques-uns tentent de survivre, il n’y a pas plus redoutable que le Gouverneur. Ce tyran sanguinaire qui dirige la ville retranchée de Woodbury a son propre sens de la justice, qu’il organise des combats de prisonniers contre des zombies dans une arène pour divertir les habitants, ou qu’il tronçonne les extrémités de ceux qui le contrarient. Mais pourquoi est-il si méchant ? Dans L’Ascension du Gouverneur, le lecteur découvre pour la première fois comment et pourquoi Philip Blake est ce qu’il est, ce qui l’a conduit à devenir… le Gouverneur.





Série télé, BD, romans ….. C’est une affaire qui tourne bien, et pourtant je n’ai rien vu, ni lu jusqu’à maintenant. Et bien ! ce sera chose faite avec un premier pas dans la lecture de ce tome 1. J’avoue que, de temps en temps, j’aime lire des histoires qui me donnent une petite suée et des frissons, et à petites doses, ces angoisses sont très motivantes en ce qui me concerne.  Il faut croire qu'ici cela a bien fonctionné puisque j'ai dévoré ces 350 pages en une journée. Donc si vous avez besoin d'un petit coup de "flip" ! Ce bouquin est pour vous.

Je vous préviens : Il ne faut pas chercher la grande littérature ici, les phrases sont courtes, percutantes, avec beaucoup de dialogues qui donnent du rythme à l’histoire et un excellent suspens. Ce premier tome est à classer dans le style "road-movie", on suit une petite troupe en fuite composée de deux frères, d'une petite fille et de deux amis qui se sont joints à eux au début des émeutes, on ne sait pas trop d'où ils viennent, comment il se sont retrouvés ensemble, mais leur survie est le seul but qu'ils s'imposent en élimant les zombies qui croisent leur chemin. Ils prennent la route ensemble pour rejoindre Atlanta, mais la grande ville ne sera pas le havre de paix et de sécurité qu'ils espèrent.
On découvre avec horreur le pétrin dans lequel ils sont, il semble que l'épidémie a commencé depuis quelques jours seulement et que c'est déjà l'hécatombe, les humains se transforment à la moindre morsure et c'est aussi virulent qu'une trainée de poudre. Aussitôt tombés, les morts se relèvent pour composer des meutes de zombies errants, assoiffés de chair humaine et de sang !  Vous voyez le tableau, ça fait froid dans le dos ! L'angoisse monte d'un cran quand bientôt ils s'aperçoivent que ce n'est pas à l'évidence, le seul mode de transmission, et on a le droit à des scènes vraiment cauchemardesques et terriblement réalistes.

Comme un genre de préquelle à la série TV, si j'ai bien compris, on découvre qui est vraiment le héros de l'histoire et de ses nombreuses suites : Philip Blake, un type épatant, un chef né, qui va peu à peu perdre pied, comme chacun dans ce roman.  On apprend ainsi sa véritable histoire et à quoi il doit son titre de gouverneur, je ne veux pas trop en dire car on finit par une surprise de taille, ce qui fait qu'au dernier moment, on bascule avec les protagonistes dans un changement de cap radical.
Cela laisse présager une suite plus qu'intéressante, car les méchants et les arrivistes ne sont pas toujours ceux qu'on croit !

Mise à part la dureté des situations, il y a une approche de la psychologie humaine assez déroutante, et on voit comment les comportements peuvent changer en fonction de nos priorités, il y a des sentiments et des émotions justes et d'autres hors limites, mais c'est sans doute grâce à ce contexte que cette histoire plutôt basique prend de la densité et nous interpelle. Je pense à l'amitié, à l'amour d'un père pour sa fille, à l'amour naissant entre deux êtres, à la famille... Bref dans cette horreur de chaque jour que vivent nos personnages, les sentiments sont ce qui les différencient et les font tenir debout devant l'abomination et la fatalité de leur situation. Et l'auteur sait parfaitement jouer sur cette corde sensible ! 

Voilà, en résumé on pourrait dire que sans révolutionner vraiment le genre au niveau de l'histoire, et même si les ficelles sont parfois grosses, on a un bon suspens, certains personnages attachants et une fin surprenante qui donne envie de continuer, l'auteur nous promène dans un scénario cauchemardesque où il est difficile de voir une fin heureuse ... La survie de ce petit groupe m'a maintenu en haleine dans ce tome, il me reste donc a découvrir comment les auteurs vont s'en sortir pour nous garder en "lecteur impatient et accroc" !


vendredi 7 octobre 2016

L'histoire de France vue par San-Antonio - Frédéric Dard

Présentation de l'éditeur ( fleuve noir) - Humoristique

Un jour, j'ai eu envie d'écrire une belle histoire : la nôtre !
C'est-à-dire celle de la France.
De l'écrire, non à la façon grave des manuels scolaires qui fait tarter les mômes, mais à ma manière. C'est exactement la même que celle des facultés, notez bien ; seulement la mienne se différencie des autres en cela qu'elle est pleine de rires et de culs. Ici, les rois ont un braquemart et les reines une chaglatte. Leur bon peuple également.
Et chacun de s'en servir à s'en faire éclater les amydales sud.
Béru est le fil conducteur de cette fresque farfelue.
Pourquoi ? Parce que, qu'on s'appelle Clovis ou Henri III, Louis XIV, Napoléon Ier ou Charles de Gaulle, nous sommes tous des Bérurier !
Et maintenant, en choeur : VIVE LA FRANCE !


A l’occasion d’une LC organisé par Tautiton, qui est très friand des aventures de Bérurier, sa contagion est parvenue jusqu'à moi ! Il m'a donné envie de m'y essayer, d'abord parce qu'il faut toujours vérifier ses propres "a priori" et parce que je garde un vague souvenir d'une tentative de lecture très jeune (je n'avais pas 12 ans ...), on m'avait arraché littéralement le livre des mains en prétextant que cette lecture n'était pas faite pour une jeune fille, je retournais donc à ma bibliothèque rose et verte, un peu frustrée... Il aura donc fallu attendre une quarantaine pour que je récidive ... Mieux vaut tard que jamais !

Le ton est particulier, et je me suis lancée le sourire aux lèvres dans ce récit, très drôle il est vrai, mais à petites doses car le ton salace est parfois un "peu lourd" comme je m'y attendais d'ailleurs.  J'ai donc bien fait de tronçonner ma lecture et de lire ce livre sur plusieurs semaines. Il faut dire que l'histoire de France donne de la matière à Mr Dard, car les rapports de "force" sont souvent surpassés par les rapports "sexuels" dans la grande Histoire comme dans ce récit, et on peut dire que le doigt est mis dessus, un doigt un peu "vicelard" quand même ...

Alors que San Antonio est en proie à des considérations très terre à terre au début de ce roman, son camarade Bérurier lui rend visite, et tout démarre par la lecture d'un article dans le journal, on a retrouvé une fresque qui date un peu et qui relate certains faits d’armes de Vercingétorix, c’est alors que San Antonio commente et explique l’histoire, la vraie avec un grand H... On y découvre les événements majeurs qui couvrent la période allant de Vercingétorix à césar,  en passant par la renaissance, par le siècle des lumières avec tous nos Louis, et pour finir avec la période contemporaine. Un vaste programme dont on ne verra que quelques dates, je vous rassure !

Le récit de fond n'a donc aucun intérêt dans ce type de livre, on suit Béru et San A. tantôt au commissariat, tantôt à un bal costumé, à un pique-nique ou à auditionner des petites frappes. C'est la vie au quotidien que l'on suit, mais dès qu'ils papotent, Béru tanne San A. pour en apprendre toujours plus sur l'histoire de France, ce qui lui permet de fignoler ses connaissances, assez sommaire, si l'on en croit les questions ou les remarques qu'ils posent parfois, à la limite de la niaiserie, mais qui permettent à notre narrateur de rebondir et d'enchainer...! Pauvre Béru, quelle plaie !
Voyez plutôt ...

 « Q : QU'A FAIT LE MARQUIS DE LA FAYETTE ?
R : Il a travaillé pour la galerie. »
« Q : QU'ÉTAIT NAPOLÉON BONAPARTE AVANT LE COUP D'ÉTAT DU 18 BRUMAIRE ?
R : Il était corse. »

Bon reprenons ...
Les découpages des périodes "étudiées" finissent toujours par une mise en situation de Béru à l'époque choisie, avec un petit questionnaire qui récapitule quelques idées. Mélangeant la vie quotidienne moderne et les scènes purement historiques, on peut dire que l'auteur s'est fait plaisir en imaginant ce que l’histoire aurait oublié, il illustre un fait marquant en donnant une interprétation très aléatoire, originale et souvent paillarde.
J'avoue ne pas avoir été toujours réceptive à ce genre de grivoiseries ! Mais je reconnais que cet argot est plaisant à lire quant il n'est pas systématiquement associés à des histoires lubriques ! On notera aussi la modernité de ce roman qui avec ces 50 balais, reste très au fait, sans avoir pris beaucoup de rides ! Voilà mon pari est réussi en tous les cas ! 




EXTRAITS

Portrait de Bérurier ...
« Mon valeureux camarade Bérurier vient d'entrer. Ses joues rouges comme des pommes de Californie racontent des hectolitres de beaujolais. Il porte un complet prince-de-galles dans les vert sombre. Les poches du vêtement sont gonflées d'objets mystérieux et pesants. Bérurier ressemble à un gros âne bâté. Sa chemise rose s'orne de trous brunâtres produits par les cigarettes. Sa cravate bleu ciel sert d'écrin à un reliquat de jaune d'œuf. Il ne s'est pas rasé depuis l'avant-veille. C'est un exploit inexplicable que réussit Béru d'une façon permanente : on peut le voir quotidiennement, il est resté pas-rasé-de-deux-jours avec une constance qui tient du prodige. Son chapeau de feutre au bord large et gondolé lui compose une auréole couleur de margelle. Saint Béru ! Introuvable sur le calendrier, mais connu dans tous les bistrots de Paris ! « Je considère avec cordialité les cent dix kilos de brave homme proposés à mon amitié. Le haut du pantalon est dégrafé et il manque trois boutons à la chemise rose, si bien que le contemporain du Gros a une vue imprenable sur son nombril tourmenté, ombragé de poils vigoureux et duquel rayonnent quantité de cicatrices »

Extrait de: Frédéric Dard. « L'Histoire De France: Vue Par San-Antonio... Illustrations De Dubout. » iBooks. »

 extrait ... sur Christophe Colomb
« Comme les navigateurs venaient de toucher la boussole, ils ont pris l'âme vadrouilleuse, c'était fatal. Le plus célèbre d'entre eux se nommait Christophe Colomb.

— Je te vois venir, assure Béru, futé.

— Avant lui, les gars s'imaginaient que la terre était plate et qu'il y avait un gouffre tout autour. Colomb, lui, se gaffait qu'elle était ronde et il a parié sa culotte qu'en filant plein ouest depuis les côtes espagnoles il finirait par arriver dans l'Inde !

— Et il l'a eu dans le dos ?

— L'Inde ? Oui, puisqu'elle se trouve à l'est. Mais c'est l'Amérique qu'il a trouvée.

— C'est comme aux Galeries Lafayette, estime madame le Connétable : vous entrez pour y acheter un slip et vous ressortez avec un chapeau.

— Votre exemple est savoureux, applaudis-je. Sur le moment, Colomb a cru qu'il venait de toucher l'Inde.

— Ben, mon Colomb, quel œuf ! gouaille Béru, bien persuadé que s'il s'était trouvé à la place de l'illustre navigateur il n'aurait jamais commis pareille méprise.

— Voilà pourquoi les Peaux-Rouges furent appelés Indiens.»

Extrait de: Frédéric Dard. « L'Histoire De France: Vue Par San-Antonio... Illustrations De Dubout. » iBooks.

 extrait ... sur Anne d'Autriche et Louis XIII
«  Or la gentille Anne d'Autriche se pointe. A l'arrivée, ça carburait : jolie bouille, le jeune roi. Belle prestance. La hanche fine, la jambe longue, la moustache déjà Louis XIII et l'élégance prometteuse. Et puis, la nuit arrive et qu'est-ce qui se passe ? Sa Majesté rentre dans sa chambre et se met au plumard toute seule ! Il faut que la mère Médicis (qui est italienne, donc qui aime l'amour) vienne tirer son chiare par les nougats pour l'expédier chez Annette. Et lui, il y va, l'oreille basse. Le reste aussi. Y a rien de plus déprimant pour un monsieur dont la virilité appartient à la famille des mollusques que de se farcir une nuit de noces. Surtout quand toute la France regarde, attend, retient son souffle. Il voudrait être ailleurs, le monsieur en question. Bien loin, dans ses pantoufles à ligoter son France-Soir, le grand orgasme du soir !  »

Extrait de: Frédéric Dard. « L'Histoire De France: Vue Par San-Antonio... Illustrations De Dubout. » iBooks.

« — Eh bien voilà, si tu dresses la liste des rois, tu t'aperçois que tous les Louis ont été gratifiés d'un qualificatif... ça démarre par Louis Ier le Débonnaire et Louis Il le Bègue, et ça se termine par Louis XII le Père du Peuple, Louis XIII le Juste, Louis XIV le Grand et Louis XV le Bien-Aimé en passant par Louis VI le Gros, Louis VII le Jeune ou Louis VIII le Lion. Or, Louis XVI n'est que Louis XVI. C'est, si j'ose dire, Louis XVI tout court ; on aurait pu l'appeler le Sectionné ou le Malchanceux ; mais non : on l'a laissé seul avec son fatidique numéro et sa tête sous le bras. »

Extrait de: Frédéric Dard. « L'Histoire De France: Vue Par San-Antonio... Illustrations De Dubout. » iBooks. 


organisé par Tautiton sur Livraddict

vendredi 23 septembre 2016

La voie des oracles T1 Thya - Estelle Faye

Présentation de l'éditeur ( Scrineo) - Fantasy

La Gaule, au début du cinquième siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, minés par les intrigues internes et les jeux malsains du pouvoir, l'Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement.
Dans une villa d'Aquitania, perdue au milieu des forêts, vit Thya, seize ans, fille du général romain Gnaeus Sertor. À cinq ans, elle a manifesté pour la première fois des dons de devin. Mais dans l'Empire chrétien, il ne fait plus bon être oracle, et à cause de ce secret qu'elle doit garder, Thya est devenue une adolescente solitaire, à l'avenir incertain.
Lors d'une des visites en Aquitania, Gnaeus tombe sous les coups d’assassins à la solde de son fils Aedon qui souhaite s'emparer de son siège au sénat. Il est ramené à la villa entre la vie et la mort et Thya cherche dans ses visions un moyen de le sauver. Son don lui permet d’apercevoir la forteresse de Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a obtenu sa plus grande victoire contre les Vandales. Elle comprend alors qu'elle doit s’y rendre et s’enfuit dans la nuit.

Sa route sera pavée de rencontres, Enoch, un jeune et séduisant barbare, ou encore un faune, un être surnaturel issu du monde païen, et Thya va évoluer et découvrir un monde en mutation qui n'est pas exactement celui que lui décrivait son père…


Rencontrée aux Imaj’inéres d’Angers, cette jeune femme, pleine de vie et dynamisme, donne envie de s’arrêter sur son stand, et poussée par de bons avis sur ses romans, je me suis laissée tenter. 



L’histoire romaine qui sert de toile de fond est intéressante car elle n’est pas souvent utilisée en fantasy alors que le terrain est prolixe en matière de créatures originales, de cultes divers et de superstitions.

 L’ambiance pourrait être sombre et austère mais je n’ai pas senti de lourdeur dans l’atmosphère, ni de peur ou de tension à vrai dire. il est vrai que notre héroïne est une adolescente assez représentative de la jeunesse actuelle, elle a quelque chose de très moderne, ce qui donne du peps à ce périple.


Les personnages sont très attachants, bien qu'assez caricaturaux, il y a donc notre héroïne Thya, fille romaine de général et pourvue d'un don d'oracle, elle est soeur d'Aedon, un habile traître dont les mauvaises intentions restent encore obscures et qui attente, sans scrupule, à la vie de leur père. On appréciera aussi Enoch, son compagnon d'aventure, un maquilleur aux doigts de fée qui se retrouve mêlé à la propre histoire de Thya, bien plus qu'il ne le croyait, il est débrouillard et sa façon de dissimuler Thya est un élément fort original et divertissant. Il me tarde aussi de voir comment le couple Thya - Enoch va évoluer et s'épanouir, une belle histoire d'amour se noue avec réserve et retenue, une étonnante association ... Quant à Mettius, ancien soldat de son père, il est son protecteur dans cette folle aventure, pétri de remords sur un passé qui nous est encore  méconnu, on se demande aussi quel sera son rôle auprès de cette jeune fille ?  ... Les mystères s'épaississent autour de ces personnages qui cachent pour certains de lourds secrets et qui se dévoileront au fur et à mesure de leur quête.

Par ailleurs, la trame de l'histoire reste simple, les événements s’enchaînent logiquement sans tension, et les rebondissements restent assez prévisibles, tous ses critères mis bout à bout donnent à l’ouvrage un caractère très jeunesse qui domine tout au long du récit et qui fait que je n’ai pas été complétement convaincue pour ma part … Mais cela ne m’a pas empêché de trouver ce premier tome agréable à lire, et de continuer avec la suite prochainement, 
D'autant qu'on attend beaucoup de réponses ou d'explications sur le sacrifice et le rôle d'Enoch qui semble se transformer pendant ce voyage, on ne sait pas trés bien pourquoi Thya entraîne ses amis à Brog, qu'est ce qui l'attends là-bas ? et qui la pousse à y aller absolument ? On sait juste qu'elle suit intuitivement ses visions prémonitoires... Mais je me doute et j'espère bien que la suite va répondre à toutes mes questions...

Un  premier tome se clôture par l'arrivée de la troupe dans ce lieu fatidique... On notera pour finir une magnifique couverture d'Aurélien Police, des recherches aussi sur l'époque qui confère à l'histoire un environnement crédible et qui contribue à nous mettre bien dans l'ambiance. J'ai beaucoup aimé les interventions fantastiques comme la présence de l'Ondine, du faune, des dryades ou du petit Sylvain qui apporte à l'histoire, sa note de rêveries et de poésie mythologique. Un joli moment de détente.  A découvrir !

mercredi 14 septembre 2016

Le livre de Baltimore - Joël Dicker


Présentation de l'éditeur ( Editions de Fallois) - contemporain


Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?



Très impressionnée par son premier ouvrage  
" la vérité sur l'affaire Harry Quebert" qui fut assez controversé, j’avais très envie de retenter l’aventure avec celui-ci. D’autant que le héros Marcus Goldman est de retour avec une nouvelle idée d’écriture, après nous avoir parlé de la vie et des péripéties de son ancien professeur dans son premier roman, il choisit ici un thème plus personnel en nous présentant une branche de sa propre famille, ses cousins de Baltimore.

C'est un excellent exercice psychologique auquel l’auteur s’est livré car l’action passe un peu en retrait pour laisse briller les relations humaines. On a donc l’ambiance et les ficelles d’un thriller sans vraiment en avoir le goût ! Il s'agit plus d'une histoire de société, on découvre deux branches de la même famille, la riche « les Goldman de baltimore », la pauvre « les Goldman de Montclair », c’est un peu réducteur, mais c’est pourtant la réalité de leur quotidien, une jalousie insidieuse nait au fil des jours et c’est ce que nous conte Marcus. Un vrai conteur ce Monsieur Dicker, car il nous happe dans cette histoire de famille avec intérêt, même si on ne peut pas vraiment parler d’un récit très original, toute l’affaire étant basée sur des mécanismes connus : jalousie par l’argent, amour inavoué, rancoeur, quiproquos…
L’auteur passe en revue les rassemblements familiaux qui permettent aux plus jeunes des cousins de se retrouver, il y a donc notre narrateur Marcus (le pauvre) et Hillel (le riche) ainsi que Woody, un genre de fils adoptif pour les Goldman de Baltimore, rêveur au coeur tendre il est le frère qu’Hillel souhaiterait, leur amitié sera indéfectible, c’est cela que je retiendrai car c’est ce qui m’a touché le plus. Le parcours de cette histoire tourne beaucoup autour de l’adolescence de ces 3 jeunes garçons que l’on voit évoluer et changer, une vie heureuse qui peu à peu se dégrade, on gratte un verni complexe qui donne de la densité à l’histoire jusqu’au final….Un final qui tarde tout de même à arriver …

En effet, malgré une écriture fluide, j’ai peiné parfois à rester concentrée sur ma lecture, et cela, à cause d’une mise en place de l’intrigue et du contexte un peu lourde et maladroite, des flash-backs incessants finissent par perdre un peu le lecteur et font qu’on a l’impression de tourner un peu trop longtemps en rond ou autour du « pot » pour reprendre une fameuse expression. Cette impression perdure avec l’utilisation trop répétitive de « et je ne me doutais pas que  et si j'avais su que ...… ou encore … c’était avant le drame … c’était après le drame … » Quel drame d’ailleurs ! car on finit par devenir impatient, il faudra attendre les 100 dernières pages avec le quatrième livre pour enfin comprendre le pourquoi du comment ? comprendre comment cette famille qui avait tout pour réussir et qui affichait une image parfaite de la réussite, se retrouve complètement perdue, ruinée, désabusée par de stupides coups du sort, par leur négligence et leur appétence pour l’argent et le pouvoir.

Il en ressort que j’ai passé un bon moment de lecture dans l’ensemble, un peu trop long à mon gout, mais riche d’émotions et de passages intenses. Je conseillerai de commencer par son premier roman qui fut pour moi « un coup d’essai et un coup de maitre », il rendra un peu plus facile cette deuxième lecture qui met en scène le même héros, ce cher Marcus … Va-t il devenir un personnage récurrent ? Affaire à suivre …

Merci à Imagin pour cette lecture commune, son avis ici

55- Les Trois Pignons : lire un livre dont la couverture comporte trois objets identiques - 3 fenetres
 

vendredi 9 septembre 2016

L'Homme de Lewis - Peter May (Tome2 de la trilogie de Lewis)

Présentation de l'éditeur (Babel noir) - Policier
Traduction : Jean-René Dastugue

En rupture de ban avec son passé, Fin Macleod retourne sur son île natale de Lewis. La mort tragique de son jeune fils a pulvérisé son mariage. Impuissant et résigné, il a quitté la police. La lande balayée par les vents, la fureur de l’océan qui s’abat sur le rivage, les voix gaéliques des ancêtres qui s’élèvent en un chant tribal : il pense pouvoir ici retrouver un sens à sa vie.
Mais, Fin à peine arivé, on découvre le cadavre d’un jeune homme, miraculeusement préservé par la tourbière. Les analyses ADN relient le corps à Tormod Macdonald, le père de l'amour de jeunesse de Fin, et font de lui le suspect n°1. C’est une course contre la montre qui s’engage alors : l’inspecteur principal est attendu sur l’île pour mener l’enquête et il n’épargnera pas le vieil homme, atteint de démence sénile.
Au rythme des fulgurances qui traversent l'esprit malade de Tormod, le passé ressurgit, douloureux, dramatique, et dévoile le sort que la société écossaise a réservé pendant des décennies aux "homers" : ces enfants orphelins ou abandonnés que l’Eglise catholique envoyait sur les îles Hébrides.
Après "L’Île des chasseurs d’oiseaux", on retrouve ici avec bonheur la figure d’un enquêteur indécis à la croisée des chemins, tenté de construire son avenir sur les cendres du passé. L’Ecosse mystérieuse, majestueuse et sauvage est un écrin de rêve pour ces vies dans la tourmente, magistralement orchestrées par Peter May.


Un deuxième tome aussi agréable à lire que le premier dont voici mon avis ici,  j'ai adoré une fois de plus retrouver l'univers sombre et émotionnellement fort de Peter May, cela va d'ailleurs être dure de faire ma chronique alors que je suis assise au soleil, les pieds dans l'eau sur une des plus belles plages de Vendée... Bref, je suis aux antipodes de cette Ecosse belle, cruelle et sauvage.

Il y a 3 points forts dans ce livre, et pas des moindres puisqu'il s'agit du décor, des personnages et de l'intrigue .. donc rien à jeter ...

Le décor grandiose et austère des îles Lewis donne toute la mélancolie nécessaire à ce tome. Balayée par le temps, et les éléments, j'étais meurtrie en me plongeant dans cette histoire et on se demande comment des gens peuvent vivre toujours ballotés par le vent, sous les embruns ou dans la tourbe humide sans en être affectés.... Il faut sans doute une sacré force de caractère, ce qui me permet d'en venir au deuxième point fort, les personnages.

Des personnages charismatiques et attachants. Nous retrouvons Fin McLeod, son fils et Marsaili, cette famille semblent toujours aussi torturée, se posant mille questions sur l'avenir. Notre inspecteur qui s'est mis dans un genre de retraite forcée semble être une fois de plus rattrapé par son passé, il reste hanté par la perte de son enfant. D'ailleurs je fais ici un petit aparté, car je conseille vivement aux futures amateurs de ce récit de respecter l'ordre des tomes, ne serait ce que pour comprendre ici les relations qu'il développe avec Marsaili et son état d'esprit très perturbé qui s'explique grâce au premier tome. 

Une très bonne intrigue basée sur des allers-retours passé-présent. Dans ce deuxième tome, Fin est de retour sur son île natale pour un long repos, mais il va devoir très vite reprendre ses galons d'inspecteur pour mettre à jour une intrigue qui prend sa source dans le passé du pére de Marsaili, Tormod MacDonald. Cet homme souffrant d'amnésie maladive, sera le véritable héros de ce roman, drôle et émouvant, son passé revenant par bribes va, peu à peu, faire ressurgir des événements lointains, entraimant des révélations et des rebondissements étonnants comme seul Peter May sait les mettre en scène. Prise dans ce tourbillon du passé, j'ai aimé cette histoire bien ficelée qui mêle passé et présent, entremêlant des sentiments forts et touchants, et démontrant qu'une fois de plus, la vengeance est un plat qui se mange froid, voir gelé ! 

Le tome 3 est d'ores et déjà une de mes prochaines lectures, je retrouverai avec plaisir cette écriture envoûtante qui donne force et tendresse au récit.  Innocentant son potentiel beau-père, retrouvant grâce et tendresse auprès de Marsaili et de Fionnalagh, j'espère retrouver cet inspecteur plus heureux et reposé, un homme droit qui finit toujours par faire la lumière sur des histoires souvent sordides parlant de tradition et de filiation.  Un pur régal !


7- Une Affaire d'Identité : lire un livre dont le personnage principal est amnésique

mercredi 31 août 2016

Adrien Tomas - Le Royaume Rêvé - tome 1 : Le Chant des Epines

Présentation de l'éditeur ( Mnémos) - Fantasy
Ils sont les héritiers des clans nordiques.
Ils rêvent d’unifier et de pacifier leurs terres.
Cet espoir se transformera-t-il en cauchemar ?

Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet d’unifier les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.

Mais leur chemin vers cette quête sera semé d’embûches : le respect du peuple s’arrache dans le sang et les larmes, et la victoire sur leurs ennemis demandera de grands sacrifices. Lorsque le Nord, déjà affaibli par les querelles des Quatre Citadelles, devient la cible des mandragores, redoutables créatures issues des sombres enchantements des Elfes, le doute n’est plus permis?: ils sont la dernière chance de survie des marches du Gel. Pour les combattre, les lames, le verbe et la magie seront leurs seules armes.

Après "Notre dame des loups", très bon roman que l'on pourrait qualifier de Western fantastique, il me tardait de découvrir la couleur de sa patte en fantasy, c'est chose faite, validé et complétement approuvé ! 

Je n'ai pas encore lu "la geste du sixième royaume", mais il s'agit apparemment d'un genre de préquelle à ce gros pavé, je n'ai pas été gêné pour le lire, et cela m'a même donné bien envie de le découvrir, tout comme la maison des mages ...

Ce que j'apprécie dès le départ, c'est notre projection rapide dans l'histoire. Mais attention, cette mise en place directe soulève aussi très vite des questions et on s'emmêle un peu les pinceaux entre les contrées et certains personnages, mais heureusement tout se décante assez rapidement et on appréciera le contexte, qui sert de base à ce tome d'introduction. Un contexte historique qui nous emmène donc dans les Marches du Gel dont la stabilité politique est menacée par les différents clans. Ils aimeraient tous avoir l'autorité absolue, vous voyez jusque là c'est très classique ! ... L'originalité de ce récit est que pour maintenir une relative paix, la maison la plus puissante s'est arrogé le droit de détenir un héritier de chaque clan, en otage, l'équilibre est fragile, mais ça fonctionne. Ces adolescents, qui vivent ensemble, apprennent à se connaitre sachant que les uns devront s'unir à d'autres pour fortifier leur pouvoir. On en sait pas beaucoup plus sur la stratégie et la politique de chacun, et c'est très bien ainsi, même si on imagine que certains travaillent dans l'ombre pour leur maison. Cette approche succincte ne surcharge pas l'histoire de considérations stratégiques compliquées, et nous permet de partir plus vite à l'aventure.

Un univers assez classique, peuplé de nains, d'elfes, de magiciens et de créatures plutôt SF, un agréable mélange qui rend les personnages intéressants et complexifie leurs relations.
Vermine est un personnage fort auquel je me suis très vite attachée, cette sorcière "habitée par un étrange phénomène" semble jouer un rôle important, elle sera amenée auprès des héritiers pour vivre à leur côté, elle ne semble avoir aucun rapport avec ces luttes de pouvoir, alors qu'elle est son véritable rôle ? Je pense qu'elle va prendre de l'importance dans les tomes suivants ... Les jeunes filles sont à l'honneur dans ce récit et ont des caractères bien trempées et fouillées. Beaucoup de mystères et de zones d'ombre sur certains. Bref, personne n'est lisse, et chacun apporte son tribu à l'histoire au fur et à mesure des événements. Cette association d'héritiers est une excellente idée, elle permet des rebondissements et des crêpages de chignons digne de ce nom ! Chacun gravite autour de la princesse Ithael, issue du clan dominant et qui essaie de maintenir la cohésion entre ces otages, ce qui n'est pas toujours chose facile, chacun ayant son petit caractère ! Ils apprennent à grandir, à se battre, à devenir des adultes, formés et éduqués pour devenir les fameuses épines ... et l'auteur nous laisse un peu dans l'expectative à ce sujet.

Il faut aussi parler du procédé narratif qui reste le point fort et original du roman, il est perturbant au départ, mais cet auteur a un style bien à lui, qu'il maitrise parfaitement car déjà dans Notre dame des loups, j'avais pu remarquer la richesse du récit grâce à un changement régulier de conteurs. Personnellement, j'aime beaucoup ce procédé quand le récit est bien en place, mais je conçois que cela demande pour le lecteur une petite gymnastique surtout au début, avec l'arrivée de nouveaux personnages. On s'habitue très vite, car les actions ne sont jamais coupées, elles glissent de l'un à l'autre des protagonistes, et c'est une lecture qui coule alors toute seule.

A cela s'ajoute, une belle écriture très imagée, elle  parvient à maintenir le lecteur dans de bons mystères tout au long de l'histoire, les combats contre les mandragores par exemple, sont bien menées pleins de suspens et de rythme, on sent aussi l'angoisse et le malaise qui monte doucement dans les épreuves qu'ils traversent ...et malgré quelques situations un peu téléphonées ou bizarres à mon goût, comme le départ de la troupe pour aller chercher du bois (pas vraiment leur rôle cette corvée), tout s'enchaine bien et nous amène vers une fin qui ouvre de beaux horizons ...
Franchement, je suis impatiente de me replonger dans cette histoire et de retrouver ces acteurs jeunes et pétillants dans de nouvelles aventures, car tout devrait les séparer, alors vont-ils continuer à gérer ensemble, les nouvelles menaces qui se réveillent ... 

c'est ce que je vous invite à découvrir par vous-même en venant sur le blog de BookenStock, rencontrer l'auteur qui va se prêter au jeu des questions - réponses dès le 1er septembre...


Merci à DUP et PHOOKA , à MNEMOS  pour ce partenariat

Une lecture commune avec Zina, dont voici l'avis