mercredi 9 novembre 2016

L'abbaye blanche - Laurent Malot

Présentation de l'éditeur ( Bragelonne)  Thriller


Amour, meurtres et conspiration : une recette de la manipulation.

À Nantua, dans le Jura, le lieutenant Gange élève seul sa fille de six ans. Gaëlle, sa femme, les a quittés sans donner de raison.

Quand deux meurtres se produisent la même semaine dans ce coin du Jura où il ne se passe « jamais rien », Gange est entraîné dans une enquête explosive. Il s’oriente peu à peu vers l’Abbaye blanche, une secte particulièrement dangereuse, en cheville avec des notables locaux. Entre trafic d’art, âmes perdues et intervenants haut placés dans l’appareil d’État, il démêle peu à peu les fils et prend la mesure de l’iceberg qui se dresse devant lui. Les enjeux le dépassent, mais sa femme est peut-être victime de l’Abbaye blanche...


Tout démarre par une enquête assez classique et étant habituée à lire des policiers, je dois dire que j’ai eu du mal à entrer dans cette histoire, je n’ai pas trouvé suffisamment d'originalité dans les faits pour motiver ma lecture de manière intensive. J’ai ressenti des déséquilibres dans l’enquête, avec une entrée en matière un peu longue, quelques scènes d’action au milieu et une expédition facile et rapide en quelques pages. Néanmoins, le livre se lit facilement et nous donne quelques sujets de réflexions modernes et d'actualités.


Le lieutenant Mathieu Gange se retrouve au coeur de l’histoire dans tous les sens du terme. D’abord, parce qu'il s'absorbe très vite dans l'enquête, il fait rapidement des recoupements entre des morts suspectes, et puis cette enquête le touche soudain de très près, car il soupçonne sa femme, dont il n’a plus de nouvelles, d'être complice de cette tuerie... Vite happé par des fausses pistes, il court dans tous les sens, on partage ces interrogations, ces doutes, mais malgré ça, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, ni à leur donner un visage. Bientôt, il est aidé par une journaliste, fouineuse et tenace, leur tandem improbable fini par s’avérer très efficace en donnant plus de "peps" à l’enquête. Je me souviens de l’épisode mémorable des chiens qui gardent une pièce … Mais je n’en dis pas plus, c'est un grand moment où l'action s'impose et génère un très bon suspens... on s'y croirait !


Bref, au delà de l'enquête traditionnelle, l'auteur semble appuyer ces réflexions sur des traffics en tout genre qui sévissent dans les hautes sphères de notre société et qui resteront sans doute impunis car les gros bonnets ont souvent le dernier mot, et savent disparaitre au bon moment. On voit le spectre d’un organe politique inébranlable, et ceux qui sont censés préserver nos valeurs se retrouvent parfois dans le mauvais camp nous donnant matière à réfléchir sur l’intégrité de certains dignitaires… ça fait peur et froid dans le dos ! 



Un livre qui se lit un peu comme un film,  je remercie Babelio et Les éditions Bragelonne pour m'avoir permis de découvrir ce premier roman très prometteur !

L'avis de Kalhan - E-Temporel


58- Le Marchand de Couleurs Retiré des Affaires : lire un livre dont le titre comporte le nom d'une couleur

mardi 1 novembre 2016

Le braconnier du lac perdu - Peter May

Présentation de l'éditeur ( Babel noir) - Policier
Traducteur : Jean-René Dastugue

Depuis qu'il a quitté la police, Fin Macleod vit sur son île natale des Hébrides, à l'ouest de l'Écosse. Engagé pour pourchasser les braconniers qui pillent les eaux sauvages des domaines de pêche, il retrouve Whistler, son ami de jeunesse. Le plus brillant des enfants de Lewis. Le plus loyal aussi qui, par deux fois, lui a sauvé la vie. Promis au plus bel avenir, il a pourtant refusé de quitter l'île où il vit aujourd'hui comme un vagabond ; sauvage, asocial, privé de la garde de sa fille unique. Et d'entre tous, il est le plus redoutable des braconniers. Quand Fin se voit contraint de le traquer, Whistler, de nouveau, l'arrache à la mort et le conduit jusqu'à un lac qui abrite depuis dix-sept années l'épave d'un avion. L'appareil, que tous croyaient abîmé en mer, recèle le corps d'un homme, assassiné.

Dans sa quête pour résoudre l'énigme, Fin opère un retour vers le passé qui le confronte aux trois femmes qui ont marqué sa vie : Marsaili qui a hanté toute son existence, Mairead à la voix pure qui a envoûté ses premières années d'homme, Mona dont l'a séparé pour toujours la mort tragique de leur fils.

Opus final de la trilogie de Lewis, Le Braconnier du lac perdu en est aussi le plus apocalyptique. Alors que resurgissent les démons enfouis et que les insulaires affrontent une nature dévastatrice, l'heure des comptes a sonné et les damnés viennent réclamer leur lot de victimes.


Et bien voilà, la saga écossaise de Peter May est terminée, et c’était vraiment une agréable lecture dans son ensemble.
Tome 1 - L'île des chasseurs d'oiseaux  et tome 2 - L'homme de Lewis.

Je vais faire plus court sur ce troisième volet car à part l’intrigue qui change, je vais sûrement me répéter en vous disant qu’on retrouve avec plaisir les décors sauvages de ce magnifique pays qui alimentent les tempéraments mélancoliques et ne cessent de donner une ambiance morose aux histoires de cet auteur. Une atmosphère qui est sa marque de fabrique, qui fait partie intégrante de l’histoire, presque comme un personnage récurrent au même titre que Fin Mc Leod, qu’il me plait de retrouver encore une fois.


Après les péripéties du tome 2, la suite logique nous fera découvrir la fin du procès de son ami Donald avec d’excellentes tirades d’ailleurs, et dans cette attente, notre ancien policier reprendra du service pour renforcer la sécurité de l’île et mettre fin au braconnage des petites frappes dans la région des lacs. 

Alors, ça commence fort : un lac s’assèche à cause d’une montée de tourbe, et dévoile la carcasse d’un petit avion qui sera le point de départ de cette nouvelle aventure, car l'avion renferme un cadavre... Une intrigue qui reprend un peu le même chemin que ses premières histoires en nous remémorant le passé de Fin.
L'auteur utilise le procédé du flash-back sans parcimonie, et j'avoue que ce serait le petit bémol de ce roman, car il en résulte parfois que nous ne savons plus trop dans quelle période on se trouve ! Une spécificité que j’avais déjà remarqué dans les épisodes précédents, mais qui m'a un  peu plus dérangé ici ! Allez savoir pourquoi ! 


La galerie de personnages est toujours aussi délicieuse et diversifiée, on y croise les amis d'enfance et surtout d'adolescence de Fin, et on retrouve notre héros quand il était chauffeur pour un groupe de rock celtique, cet univers musical donne une touche vivante au récit. 
Quand Fin s'aperçoit que Whistler, un de ses bons amis de cette époque, est devenu un clochard, ivrogne et braconnier à ses heures perdues ... Les conflits vont naître et les rapports vont se tendre et de sous-entendus en sous-entendus, la vérité cachée depuis longtemps va resurgir et leur revenir comme un boomerang ... Fin va mener son enquête personnelle car il pressent bien que le cadavre retrouvé dans le cockpit est directement lié à des événements de son propre passé, et avec l'aide de Gunn, il va remonter la piste peu à peu, nous ouvrant une nouvelle perspective sur cet accident d'avion.

J'avoue avoir été un peu déçue par une fin qui n’en est pas vraiment une... Mais j'ai tellement aimé cette série qu' y mettre un terme plus symboliquement et précisément m'aurait peiné doublement, ici, la porte est ouverte à l'avenir de Fin et pourquoi pas à d'autres histoires ! Monsieur May, si tu m'entends !!! Je suis preneuse !

Une pensée pour Tautiton avec qui j'ai partagé un avis similaire 
sur les deux premiers tomes.

28- Le Dernier Problème : lire un livre qui est le dernier tome d'une saga

lundi 31 octobre 2016

Déstockage de pal en duo : le vrai défi !



ATTENTION EN ROUGE, les changements .... ça se corse pour la dernière !

 Les inscriptions -----------------------------------------------------------------------------------------------------

♦ elles se font en duo, les organisatrices donneront un nom à chaque binôme
♦ elles se terminent le 15 du mois de lancement
♦ elles sont validées par les organisatrices après présentation des livres choisis… s’ils correspondent bien aux thèmes. Merci d’attendre la validation de Zina ou Licorne


Les règles -------------------------------------------------------------------------------------------------------------

♦ Chaque édition comportera 2 sessions de 2 mois, le challenge durera donc 4 mois.

♦ Chaque participant devra ensuite choisir dans sa propre PAL un livre qu’il devra lire et commenter (chronique ou avis sur le forum) dans le temps imparti selon des thèmes imposés :

session 1 :  2 thèmes sont proposés, le participant pourra choisir soit l’un des  2, soit les 2.  Le thème 1 rapporte 10 pt, le thème 2 rapporte 5 pt. Vous avez 2 mois pour les lire. 2 thèmes, 2 livres !
   
Attention : seuls les binômes , soit les deux participants ayant réussi leur premier challenge de la première cession peuvent participer à le deuxième cession. 
 
session 2 : pas de thème, choisissez dans votre PAL le livre de votre choix ou dans la pal de votre partenaire, comme vous le souhaitez !  Deux mois pour le lire.  Si la 2e session est validée, les points du participant gagnés à la première session sont doublés, et s'ajoutent pour le total du binôme !

 Attention : la 1ère session se termine le dernier jour du mois 2. La 2e session se termine le dernier jour du mois 4. Aucun délai ne sera accordé ! Merci pour les organisatrices !


Bonus cadeau -------------------------------------------------------------------------------------------------------
   
♦  A la fin des 4 mois, on fait la somme des points de votre binôme.  Le premier binôme  remporte un petit cadeau, et en cas d’ex aequo, c’est le premier binôme qui a fini son challenge complet qui gagne.
Le binôme gagnant devra avoir participé aux 3 sessions pour recevoir un cadeau !

    
Les avis ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
♦ les chroniques ne sont pas obligatoires, mais un avis argumenté d’au mois 5 lignes sur le forum est nécessaire pour valider la participation
♦ si chronique il y a, ne pas oublier le logo qui va bien


Les thèmes -----------------------------------------------------------------------------------------------------------

► Session 1 : novembre-décembre 2016
Thème 1 - Un livre dont le nom de l’auteur commence par N, D, J, F : 10 pt
Thème 2 - Un livre dont le titre suggère l’angoisse, la peur : 5 pt


► Session 2 : Janvier - Février 2017 - Doublage des points
Choisissez dans votre PAL le livre de votre choix ou dans la pal de votre partenaire, au choix !



mercredi 26 octobre 2016

Vendée Globe, un superbe challenge !

C'est avec une grande fierté que les Sables d'Olonne en Vendée accueille tous les 4 ans, cette manifestation incroyable qui met en scène des hommes, hors du commun, ils sont plein de courage et leur détermination farouche inspire un grand respect, cette année pas de femme au départ, c'est dommage ! Mais nous suivrons ces" Ulysse" des mers avec intérêt.
Que le meilleur gagne ! Départ le 6 novembre à 13h02 !

Le village du Vendée globe et la promenade sur les pontons,
une petite rétrospective de mes visites ........................























 

Bon voyage à tous les skippers ! 29 en tout

vendredi 21 octobre 2016

Le défi des 4 AS - Départ le 1 novembre.


Le défi des 4 as , 4 équipes de 4 personnes : 16 participantes
1 défi tous les deux mois ! 


L’équipe coeur - L’équipe carreau - L’équipe trèfle - L’équipe pic ! (pas facile à dire en plus ! )

Il faut 4 participant(e)s dans chacune ! C'est un vrai travail d'équipe !
Soit vous choisissez votre équipe, soit je vous inscris dans une équipe par ordre d'arrivée.

Le premier jour du mois, 4 défis sont demandés, vous avez deux mois pour que chacun dans votre équipe relève un défi, il vous suffit de donner votre nom, votre équipe et le choix de votre défi,  le dernier jour du deuxième mois fait office de date butoir, celui qui n'a relevé, ni défi, ni défi supplémentaire, en temps et en heure ne joue plus jusqu'à la fin de la session en cours.

L’Équipe obtient des points en fonction de ses choix qui s’accumulent jusqu’ à la fin des 4 mois.
• Chacun peut choisir le défi qu'il souhaite parmi les 4 choix proposés.
• Si les 4 défis proposés sont relevés par les joueurs (chaque joueur a un défi différent) il y a un bonus de + 5 PT sur le total des points de l'équipe pour la session. A vous de vous entendre au départ.
• Si un des 4 AS souhaite relever plusieurs défis, il le peut, il doit le signaler dès l’inscription du défi, cela fait des points supplémentaires. Mais attention,  il perdra un point sur son défi de base si les défis en supplément ne sont pas réalisés.
• Si un AS réalise le défi supplémentaire choisi mais pas son défi de base, il a 1 PT de consolation. C'est le défi de base qui prédomine.

Exemple :
Caroline de l'équipe PIC prend le défi 1 et en supplément le 4, elle réalise le 1 et pas le 4, elle aura 6-1 = 5 PT. Elle réalise les deux, elle aura 10 PT, elle réalise le supplément et pas le défi, elle aura 1 PT.

• Les points sont validés à réception de la chronique dont vous aurez mis le lien sur le fil de ce topic ou de la réponse au défi demandé directement sur le topic.

Voilà les 4 défis des deux premiers mois.

* DEFI 1 : Lire un livre dont l’auteur a un nom et un prénom qui commence par la même lettre : 6 PT
* DEFI 2 : Lire un livre de Science-fiction : 3 PT
* DEFI 3 : Faire une petite biographie de la vie d’un auteur au choix ( 5 à 10 lignes) : 3 PT
* DEFI 4 : Lire un classique du XIXe siècle ou une pièce de théâtre : 4 PT

Si l’opération fonctionne, elle sera renouvelée pour 4 autres mois. Bonne chance !
Que la meilleure équipe gagne !  Inscription uniquement sur LA !

lundi 17 octobre 2016

The Walking dead T1 - L'ascension du gouverneur - Robert Kirkman et Jan Bonansinga

Présentation de l'éditeur ( Editions France Loisirs) - Horreur
Traducteur : Pascal Loubet

Dans le monde de The Walking Dead, envahi par les morts-vivants où quelques-uns tentent de survivre, il n’y a pas plus redoutable que le Gouverneur. Ce tyran sanguinaire qui dirige la ville retranchée de Woodbury a son propre sens de la justice, qu’il organise des combats de prisonniers contre des zombies dans une arène pour divertir les habitants, ou qu’il tronçonne les extrémités de ceux qui le contrarient. Mais pourquoi est-il si méchant ? Dans L’Ascension du Gouverneur, le lecteur découvre pour la première fois comment et pourquoi Philip Blake est ce qu’il est, ce qui l’a conduit à devenir… le Gouverneur.





Série télé, BD, romans ….. C’est une affaire qui tourne bien, et pourtant je n’ai rien vu, ni lu jusqu’à maintenant. Et bien ! ce sera chose faite avec un premier pas dans la lecture de ce tome 1. J’avoue que, de temps en temps, j’aime lire des histoires qui me donnent une petite suée et des frissons, et à petites doses, ces angoisses sont très motivantes en ce qui me concerne.  Il faut croire qu'ici cela a bien fonctionné puisque j'ai dévoré ces 350 pages en une journée. Donc si vous avez besoin d'un petit coup de "flip" ! Ce bouquin est pour vous.

Je vous préviens : Il ne faut pas chercher la grande littérature ici, les phrases sont courtes, percutantes, avec beaucoup de dialogues qui donnent du rythme à l’histoire et un excellent suspens. Ce premier tome est à classer dans le style "road-movie", on suit une petite troupe en fuite composée de deux frères, d'une petite fille et de deux amis qui se sont joints à eux au début des émeutes, on ne sait pas trop d'où ils viennent, comment il se sont retrouvés ensemble, mais leur survie est le seul but qu'ils s'imposent en élimant les zombies qui croisent leur chemin. Ils prennent la route ensemble pour rejoindre Atlanta, mais la grande ville ne sera pas le havre de paix et de sécurité qu'ils espèrent.
On découvre avec horreur le pétrin dans lequel ils sont, il semble que l'épidémie a commencé depuis quelques jours seulement et que c'est déjà l'hécatombe, les humains se transforment à la moindre morsure et c'est aussi virulent qu'une trainée de poudre. Aussitôt tombés, les morts se relèvent pour composer des meutes de zombies errants, assoiffés de chair humaine et de sang !  Vous voyez le tableau, ça fait froid dans le dos ! L'angoisse monte d'un cran quand bientôt ils s'aperçoivent que ce n'est pas à l'évidence, le seul mode de transmission, et on a le droit à des scènes vraiment cauchemardesques et terriblement réalistes.

Comme un genre de préquelle à la série TV, si j'ai bien compris, on découvre qui est vraiment le héros de l'histoire et de ses nombreuses suites : Philip Blake, un type épatant, un chef né, qui va peu à peu perdre pied, comme chacun dans ce roman.  On apprend ainsi sa véritable histoire et à quoi il doit son titre de gouverneur, je ne veux pas trop en dire car on finit par une surprise de taille, ce qui fait qu'au dernier moment, on bascule avec les protagonistes dans un changement de cap radical.
Cela laisse présager une suite plus qu'intéressante, car les méchants et les arrivistes ne sont pas toujours ceux qu'on croit !

Mise à part la dureté des situations, il y a une approche de la psychologie humaine assez déroutante, et on voit comment les comportements peuvent changer en fonction de nos priorités, il y a des sentiments et des émotions justes et d'autres hors limites, mais c'est sans doute grâce à ce contexte que cette histoire plutôt basique prend de la densité et nous interpelle. Je pense à l'amitié, à l'amour d'un père pour sa fille, à l'amour naissant entre deux êtres, à la famille... Bref dans cette horreur de chaque jour que vivent nos personnages, les sentiments sont ce qui les différencient et les font tenir debout devant l'abomination et la fatalité de leur situation. Et l'auteur sait parfaitement jouer sur cette corde sensible ! 

Voilà, en résumé on pourrait dire que sans révolutionner vraiment le genre au niveau de l'histoire, et même si les ficelles sont parfois grosses, on a un bon suspens, certains personnages attachants et une fin surprenante qui donne envie de continuer, l'auteur nous promène dans un scénario cauchemardesque où il est difficile de voir une fin heureuse ... La survie de ce petit groupe m'a maintenu en haleine dans ce tome, il me reste donc a découvrir comment les auteurs vont s'en sortir pour nous garder en "lecteur impatient et accroc" !


vendredi 7 octobre 2016

L'histoire de France vue par San-Antonio - Frédéric Dard

Présentation de l'éditeur ( fleuve noir) - Humoristique

Un jour, j'ai eu envie d'écrire une belle histoire : la nôtre !
C'est-à-dire celle de la France.
De l'écrire, non à la façon grave des manuels scolaires qui fait tarter les mômes, mais à ma manière. C'est exactement la même que celle des facultés, notez bien ; seulement la mienne se différencie des autres en cela qu'elle est pleine de rires et de culs. Ici, les rois ont un braquemart et les reines une chaglatte. Leur bon peuple également.
Et chacun de s'en servir à s'en faire éclater les amydales sud.
Béru est le fil conducteur de cette fresque farfelue.
Pourquoi ? Parce que, qu'on s'appelle Clovis ou Henri III, Louis XIV, Napoléon Ier ou Charles de Gaulle, nous sommes tous des Bérurier !
Et maintenant, en choeur : VIVE LA FRANCE !


A l’occasion d’une LC organisé par Tautiton, qui est très friand des aventures de Bérurier, sa contagion est parvenue jusqu'à moi ! Il m'a donné envie de m'y essayer, d'abord parce qu'il faut toujours vérifier ses propres "a priori" et parce que je garde un vague souvenir d'une tentative de lecture très jeune (je n'avais pas 12 ans ...), on m'avait arraché littéralement le livre des mains en prétextant que cette lecture n'était pas faite pour une jeune fille, je retournais donc à ma bibliothèque rose et verte, un peu frustrée... Il aura donc fallu attendre une quarantaine pour que je récidive ... Mieux vaut tard que jamais !

Le ton est particulier, et je me suis lancée le sourire aux lèvres dans ce récit, très drôle il est vrai, mais à petites doses car le ton salace est parfois un "peu lourd" comme je m'y attendais d'ailleurs.  J'ai donc bien fait de tronçonner ma lecture et de lire ce livre sur plusieurs semaines. Il faut dire que l'histoire de France donne de la matière à Mr Dard, car les rapports de "force" sont souvent surpassés par les rapports "sexuels" dans la grande Histoire comme dans ce récit, et on peut dire que le doigt est mis dessus, un doigt un peu "vicelard" quand même ...

Alors que San Antonio est en proie à des considérations très terre à terre au début de ce roman, son camarade Bérurier lui rend visite, et tout démarre par la lecture d'un article dans le journal, on a retrouvé une fresque qui date un peu et qui relate certains faits d’armes de Vercingétorix, c’est alors que San Antonio commente et explique l’histoire, la vraie avec un grand H... On y découvre les événements majeurs qui couvrent la période allant de Vercingétorix à césar,  en passant par la renaissance, par le siècle des lumières avec tous nos Louis, et pour finir avec la période contemporaine. Un vaste programme dont on ne verra que quelques dates, je vous rassure !

Le récit de fond n'a donc aucun intérêt dans ce type de livre, on suit Béru et San A. tantôt au commissariat, tantôt à un bal costumé, à un pique-nique ou à auditionner des petites frappes. C'est la vie au quotidien que l'on suit, mais dès qu'ils papotent, Béru tanne San A. pour en apprendre toujours plus sur l'histoire de France, ce qui lui permet de fignoler ses connaissances, assez sommaire, si l'on en croit les questions ou les remarques qu'ils posent parfois, à la limite de la niaiserie, mais qui permettent à notre narrateur de rebondir et d'enchainer...! Pauvre Béru, quelle plaie !
Voyez plutôt ...

 « Q : QU'A FAIT LE MARQUIS DE LA FAYETTE ?
R : Il a travaillé pour la galerie. »
« Q : QU'ÉTAIT NAPOLÉON BONAPARTE AVANT LE COUP D'ÉTAT DU 18 BRUMAIRE ?
R : Il était corse. »

Bon reprenons ...
Les découpages des périodes "étudiées" finissent toujours par une mise en situation de Béru à l'époque choisie, avec un petit questionnaire qui récapitule quelques idées. Mélangeant la vie quotidienne moderne et les scènes purement historiques, on peut dire que l'auteur s'est fait plaisir en imaginant ce que l’histoire aurait oublié, il illustre un fait marquant en donnant une interprétation très aléatoire, originale et souvent paillarde.
J'avoue ne pas avoir été toujours réceptive à ce genre de grivoiseries ! Mais je reconnais que cet argot est plaisant à lire quant il n'est pas systématiquement associés à des histoires lubriques ! On notera aussi la modernité de ce roman qui avec ces 50 balais, reste très au fait, sans avoir pris beaucoup de rides ! Voilà mon pari est réussi en tous les cas ! 




EXTRAITS

Portrait de Bérurier ...
« Mon valeureux camarade Bérurier vient d'entrer. Ses joues rouges comme des pommes de Californie racontent des hectolitres de beaujolais. Il porte un complet prince-de-galles dans les vert sombre. Les poches du vêtement sont gonflées d'objets mystérieux et pesants. Bérurier ressemble à un gros âne bâté. Sa chemise rose s'orne de trous brunâtres produits par les cigarettes. Sa cravate bleu ciel sert d'écrin à un reliquat de jaune d'œuf. Il ne s'est pas rasé depuis l'avant-veille. C'est un exploit inexplicable que réussit Béru d'une façon permanente : on peut le voir quotidiennement, il est resté pas-rasé-de-deux-jours avec une constance qui tient du prodige. Son chapeau de feutre au bord large et gondolé lui compose une auréole couleur de margelle. Saint Béru ! Introuvable sur le calendrier, mais connu dans tous les bistrots de Paris ! « Je considère avec cordialité les cent dix kilos de brave homme proposés à mon amitié. Le haut du pantalon est dégrafé et il manque trois boutons à la chemise rose, si bien que le contemporain du Gros a une vue imprenable sur son nombril tourmenté, ombragé de poils vigoureux et duquel rayonnent quantité de cicatrices »

Extrait de: Frédéric Dard. « L'Histoire De France: Vue Par San-Antonio... Illustrations De Dubout. » iBooks. »

 extrait ... sur Christophe Colomb
« Comme les navigateurs venaient de toucher la boussole, ils ont pris l'âme vadrouilleuse, c'était fatal. Le plus célèbre d'entre eux se nommait Christophe Colomb.

— Je te vois venir, assure Béru, futé.

— Avant lui, les gars s'imaginaient que la terre était plate et qu'il y avait un gouffre tout autour. Colomb, lui, se gaffait qu'elle était ronde et il a parié sa culotte qu'en filant plein ouest depuis les côtes espagnoles il finirait par arriver dans l'Inde !

— Et il l'a eu dans le dos ?

— L'Inde ? Oui, puisqu'elle se trouve à l'est. Mais c'est l'Amérique qu'il a trouvée.

— C'est comme aux Galeries Lafayette, estime madame le Connétable : vous entrez pour y acheter un slip et vous ressortez avec un chapeau.

— Votre exemple est savoureux, applaudis-je. Sur le moment, Colomb a cru qu'il venait de toucher l'Inde.

— Ben, mon Colomb, quel œuf ! gouaille Béru, bien persuadé que s'il s'était trouvé à la place de l'illustre navigateur il n'aurait jamais commis pareille méprise.

— Voilà pourquoi les Peaux-Rouges furent appelés Indiens.»

Extrait de: Frédéric Dard. « L'Histoire De France: Vue Par San-Antonio... Illustrations De Dubout. » iBooks.

 extrait ... sur Anne d'Autriche et Louis XIII
«  Or la gentille Anne d'Autriche se pointe. A l'arrivée, ça carburait : jolie bouille, le jeune roi. Belle prestance. La hanche fine, la jambe longue, la moustache déjà Louis XIII et l'élégance prometteuse. Et puis, la nuit arrive et qu'est-ce qui se passe ? Sa Majesté rentre dans sa chambre et se met au plumard toute seule ! Il faut que la mère Médicis (qui est italienne, donc qui aime l'amour) vienne tirer son chiare par les nougats pour l'expédier chez Annette. Et lui, il y va, l'oreille basse. Le reste aussi. Y a rien de plus déprimant pour un monsieur dont la virilité appartient à la famille des mollusques que de se farcir une nuit de noces. Surtout quand toute la France regarde, attend, retient son souffle. Il voudrait être ailleurs, le monsieur en question. Bien loin, dans ses pantoufles à ligoter son France-Soir, le grand orgasme du soir !  »

Extrait de: Frédéric Dard. « L'Histoire De France: Vue Par San-Antonio... Illustrations De Dubout. » iBooks.

« — Eh bien voilà, si tu dresses la liste des rois, tu t'aperçois que tous les Louis ont été gratifiés d'un qualificatif... ça démarre par Louis Ier le Débonnaire et Louis Il le Bègue, et ça se termine par Louis XII le Père du Peuple, Louis XIII le Juste, Louis XIV le Grand et Louis XV le Bien-Aimé en passant par Louis VI le Gros, Louis VII le Jeune ou Louis VIII le Lion. Or, Louis XVI n'est que Louis XVI. C'est, si j'ose dire, Louis XVI tout court ; on aurait pu l'appeler le Sectionné ou le Malchanceux ; mais non : on l'a laissé seul avec son fatidique numéro et sa tête sous le bras. »

Extrait de: Frédéric Dard. « L'Histoire De France: Vue Par San-Antonio... Illustrations De Dubout. » iBooks. 


organisé par Tautiton sur Livraddict