vendredi 23 septembre 2016

La voie des oracles T1 Thya - Estelle Faye

Présentation de l'éditeur ( Scrineo) - Fantasy

La Gaule, au début du cinquième siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, minés par les intrigues internes et les jeux malsains du pouvoir, l'Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement.
Dans une villa d'Aquitania, perdue au milieu des forêts, vit Thya, seize ans, fille du général romain Gnaeus Sertor. À cinq ans, elle a manifesté pour la première fois des dons de devin. Mais dans l'Empire chrétien, il ne fait plus bon être oracle, et à cause de ce secret qu'elle doit garder, Thya est devenue une adolescente solitaire, à l'avenir incertain.
Lors d'une des visites en Aquitania, Gnaeus tombe sous les coups d’assassins à la solde de son fils Aedon qui souhaite s'emparer de son siège au sénat. Il est ramené à la villa entre la vie et la mort et Thya cherche dans ses visions un moyen de le sauver. Son don lui permet d’apercevoir la forteresse de Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a obtenu sa plus grande victoire contre les Vandales. Elle comprend alors qu'elle doit s’y rendre et s’enfuit dans la nuit.

Sa route sera pavée de rencontres, Enoch, un jeune et séduisant barbare, ou encore un faune, un être surnaturel issu du monde païen, et Thya va évoluer et découvrir un monde en mutation qui n'est pas exactement celui que lui décrivait son père…


Rencontrée aux Imaj’inéres d’Angers, cette jeune femme, pleine de vie et dynamisme, donne envie de s’arrêter sur son stand, et poussée par de bons avis sur ses romans, je me suis laissée tenter. 



L’histoire romaine qui sert de toile de fond est intéressante car elle n’est pas souvent utilisée en fantasy alors que le terrain est prolixe en matière de créatures originales, de cultes divers et de superstitions.

 L’ambiance pourrait être sombre et austère mais je n’ai pas senti de lourdeur dans l’atmosphère, ni de peur ou de tension à vrai dire. il est vrai que notre héroïne est une adolescente assez représentative de la jeunesse actuelle, elle a quelque chose de très moderne, ce qui donne du peps à ce périple.


Les personnages sont très attachants, bien qu'assez caricaturaux, il y a donc notre héroïne Thya, fille romaine de général et pourvue d'un don d'oracle, elle est soeur d'Aedon, un habile traître dont les mauvaises intentions restent encore obscures et qui attente, sans scrupule, à la vie de leur père. On appréciera aussi Enoch, son compagnon d'aventure, un maquilleur aux doigts de fée qui se retrouve mêlé à la propre histoire de Thya, bien plus qu'il ne le croyait, il est débrouillard et sa façon de dissimuler Thya est un élément fort original et divertissant. Il me tarde aussi de voir comment le couple Thya - Enoch va évoluer et s'épanouir, une belle histoire d'amour se noue avec réserve et retenue, une étonnante association ... Quant à Mettius, ancien soldat de son père, il est son protecteur dans cette folle aventure, pétri de remords sur un passé qui nous est encore  méconnu, on se demande aussi quel sera son rôle auprès de cette jeune fille ?  ... Les mystères s'épaississent autour de ces personnages qui cachent pour certains de lourds secrets et qui se dévoileront au fur et à mesure de leur quête.

Par ailleurs, la trame de l'histoire reste simple, les événements s’enchaînent logiquement sans tension, et les rebondissements restent assez prévisibles, tous ses critères mis bout à bout donnent à l’ouvrage un caractère très jeunesse qui domine tout au long du récit et qui fait que je n’ai pas été complétement convaincue pour ma part … Mais cela ne m’a pas empêché de trouver ce premier tome agréable à lire, et de continuer avec la suite prochainement, 
D'autant qu'on attend beaucoup de réponses ou d'explications sur le sacrifice et le rôle d'Enoch qui semble se transformer pendant ce voyage, on ne sait pas trés bien pourquoi Thya entraîne ses amis à Brog, qu'est ce qui l'attends là-bas ? et qui la pousse à y aller absolument ? On sait juste qu'elle suit intuitivement ses visions prémonitoires... Mais je me doute et j'espère bien que la suite va répondre à toutes mes questions...

Un  premier tome se clôture par l'arrivée de la troupe dans ce lieu fatidique... On notera pour finir une magnifique couverture d'Aurélien Police, des recherches aussi sur l'époque qui confère à l'histoire un environnement crédible et qui contribue à nous mettre bien dans l'ambiance. J'ai beaucoup aimé les interventions fantastiques comme la présence de l'Ondine, du faune, des dryades ou du petit Sylvain qui apporte à l'histoire, sa note de rêveries et de poésie mythologique. Un joli moment de détente.  A découvrir !

mercredi 14 septembre 2016

Le livre de Baltimore - Joël Dicker


Présentation de l'éditeur ( Editions de Fallois) - contemporain


Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?



Très impressionnée par son premier ouvrage  
" la vérité sur l'affaire Harry Quebert" qui fut assez controversé, j’avais très envie de retenter l’aventure avec celui-ci. D’autant que le héros Marcus Goldman est de retour avec une nouvelle idée d’écriture, après nous avoir parlé de la vie et des péripéties de son ancien professeur dans son premier roman, il choisit ici un thème plus personnel en nous présentant une branche de sa propre famille, ses cousins de Baltimore.

C'est un excellent exercice psychologique auquel l’auteur s’est livré car l’action passe un peu en retrait pour laisse briller les relations humaines. On a donc l’ambiance et les ficelles d’un thriller sans vraiment en avoir le goût ! Il s'agit plus d'une histoire de société, on découvre deux branches de la même famille, la riche « les Goldman de baltimore », la pauvre « les Goldman de Montclair », c’est un peu réducteur, mais c’est pourtant la réalité de leur quotidien, une jalousie insidieuse nait au fil des jours et c’est ce que nous conte Marcus. Un vrai conteur ce Monsieur Dicker, car il nous happe dans cette histoire de famille avec intérêt, même si on ne peut pas vraiment parler d’un récit très original, toute l’affaire étant basée sur des mécanismes connus : jalousie par l’argent, amour inavoué, rancoeur, quiproquos…
L’auteur passe en revue les rassemblements familiaux qui permettent aux plus jeunes des cousins de se retrouver, il y a donc notre narrateur Marcus (le pauvre) et Hillel (le riche) ainsi que Woody, un genre de fils adoptif pour les Goldman de Baltimore, rêveur au coeur tendre il est le frère qu’Hillel souhaiterait, leur amitié sera indéfectible, c’est cela que je retiendrai car c’est ce qui m’a touché le plus. Le parcours de cette histoire tourne beaucoup autour de l’adolescence de ces 3 jeunes garçons que l’on voit évoluer et changer, une vie heureuse qui peu à peu se dégrade, on gratte un verni complexe qui donne de la densité à l’histoire jusqu’au final….Un final qui tarde tout de même à arriver …

En effet, malgré une écriture fluide, j’ai peiné parfois à rester concentrée sur ma lecture, et cela, à cause d’une mise en place de l’intrigue et du contexte un peu lourde et maladroite, des flash-backs incessants finissent par perdre un peu le lecteur et font qu’on a l’impression de tourner un peu trop longtemps en rond ou autour du « pot » pour reprendre une fameuse expression. Cette impression perdure avec l’utilisation trop répétitive de « et je ne me doutais pas que  et si j'avais su que ...… ou encore … c’était avant le drame … c’était après le drame … » Quel drame d’ailleurs ! car on finit par devenir impatient, il faudra attendre les 100 dernières pages avec le quatrième livre pour enfin comprendre le pourquoi du comment ? comprendre comment cette famille qui avait tout pour réussir et qui affichait une image parfaite de la réussite, se retrouve complètement perdue, ruinée, désabusée par de stupides coups du sort, par leur négligence et leur appétence pour l’argent et le pouvoir.

Il en ressort que j’ai passé un bon moment de lecture dans l’ensemble, un peu trop long à mon gout, mais riche d’émotions et de passages intenses. Je conseillerai de commencer par son premier roman qui fut pour moi « un coup d’essai et un coup de maitre », il rendra un peu plus facile cette deuxième lecture qui met en scène le même héros, ce cher Marcus … Va-t il devenir un personnage récurrent ? Affaire à suivre …

Merci à Imagin pour cette lecture commune, son avis ici

55- Les Trois Pignons : lire un livre dont la couverture comporte trois objets identiques - 3 fenetres
 

vendredi 9 septembre 2016

L'Homme de Lewis - Peter May (Tome2 de la trilogie de Lewis)

Présentation de l'éditeur (Babel noir) - Policier
Traduction : Jean-René Dastugue

En rupture de ban avec son passé, Fin Macleod retourne sur son île natale de Lewis. La mort tragique de son jeune fils a pulvérisé son mariage. Impuissant et résigné, il a quitté la police. La lande balayée par les vents, la fureur de l’océan qui s’abat sur le rivage, les voix gaéliques des ancêtres qui s’élèvent en un chant tribal : il pense pouvoir ici retrouver un sens à sa vie.
Mais, Fin à peine arivé, on découvre le cadavre d’un jeune homme, miraculeusement préservé par la tourbière. Les analyses ADN relient le corps à Tormod Macdonald, le père de l'amour de jeunesse de Fin, et font de lui le suspect n°1. C’est une course contre la montre qui s’engage alors : l’inspecteur principal est attendu sur l’île pour mener l’enquête et il n’épargnera pas le vieil homme, atteint de démence sénile.
Au rythme des fulgurances qui traversent l'esprit malade de Tormod, le passé ressurgit, douloureux, dramatique, et dévoile le sort que la société écossaise a réservé pendant des décennies aux "homers" : ces enfants orphelins ou abandonnés que l’Eglise catholique envoyait sur les îles Hébrides.
Après "L’Île des chasseurs d’oiseaux", on retrouve ici avec bonheur la figure d’un enquêteur indécis à la croisée des chemins, tenté de construire son avenir sur les cendres du passé. L’Ecosse mystérieuse, majestueuse et sauvage est un écrin de rêve pour ces vies dans la tourmente, magistralement orchestrées par Peter May.


Un deuxième tome aussi agréable à lire que le premier dont voici mon avis ici,  j'ai adoré une fois de plus retrouver l'univers sombre et émotionnellement fort de Peter May, cela va d'ailleurs être dure de faire ma chronique alors que je suis assise au soleil, les pieds dans l'eau sur une des plus belles plages de Vendée... Bref, je suis aux antipodes de cette Ecosse belle, cruelle et sauvage.

Il y a 3 points forts dans ce livre, et pas des moindres puisqu'il s'agit du décor, des personnages et de l'intrigue .. donc rien à jeter ...

Le décor grandiose et austère des îles Lewis donne toute la mélancolie nécessaire à ce tome. Balayée par le temps, et les éléments, j'étais meurtrie en me plongeant dans cette histoire et on se demande comment des gens peuvent vivre toujours ballotés par le vent, sous les embruns ou dans la tourbe humide sans en être affectés.... Il faut sans doute une sacré force de caractère, ce qui me permet d'en venir au deuxième point fort, les personnages.

Des personnages charismatiques et attachants. Nous retrouvons Fin McLeod, son fils et Marsaili, cette famille semblent toujours aussi torturée, se posant mille questions sur l'avenir. Notre inspecteur qui s'est mis dans un genre de retraite forcée semble être une fois de plus rattrapé par son passé, il reste hanté par la perte de son enfant. D'ailleurs je fais ici un petit aparté, car je conseille vivement aux futures amateurs de ce récit de respecter l'ordre des tomes, ne serait ce que pour comprendre ici les relations qu'il développe avec Marsaili et son état d'esprit très perturbé qui s'explique grâce au premier tome. 

Une très bonne intrigue basée sur des allers-retours passé-présent. Dans ce deuxième tome, Fin est de retour sur son île natale pour un long repos, mais il va devoir très vite reprendre ses galons d'inspecteur pour mettre à jour une intrigue qui prend sa source dans le passé du pére de Marsaili, Tormod MacDonald. Cet homme souffrant d'amnésie maladive, sera le véritable héros de ce roman, drôle et émouvant, son passé revenant par bribes va, peu à peu, faire ressurgir des événements lointains, entraimant des révélations et des rebondissements étonnants comme seul Peter May sait les mettre en scène. Prise dans ce tourbillon du passé, j'ai aimé cette histoire bien ficelée qui mêle passé et présent, entremêlant des sentiments forts et touchants, et démontrant qu'une fois de plus, la vengeance est un plat qui se mange froid, voir gelé ! 

Le tome 3 est d'ores et déjà une de mes prochaines lectures, je retrouverai avec plaisir cette écriture envoûtante qui donne force et tendresse au récit.  Innocentant son potentiel beau-père, retrouvant grâce et tendresse auprès de Marsaili et de Fionnalagh, j'espère retrouver cet inspecteur plus heureux et reposé, un homme droit qui finit toujours par faire la lumière sur des histoires souvent sordides parlant de tradition et de filiation.  Un pur régal !


7- Une Affaire d'Identité : lire un livre dont le personnage principal est amnésique

mercredi 31 août 2016

Adrien Tomas - Le Royaume Rêvé - tome 1 : Le Chant des Epines

Présentation de l'éditeur ( Mnémos) - Fantasy
Ils sont les héritiers des clans nordiques.
Ils rêvent d’unifier et de pacifier leurs terres.
Cet espoir se transformera-t-il en cauchemar ?

Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet d’unifier les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.

Mais leur chemin vers cette quête sera semé d’embûches : le respect du peuple s’arrache dans le sang et les larmes, et la victoire sur leurs ennemis demandera de grands sacrifices. Lorsque le Nord, déjà affaibli par les querelles des Quatre Citadelles, devient la cible des mandragores, redoutables créatures issues des sombres enchantements des Elfes, le doute n’est plus permis?: ils sont la dernière chance de survie des marches du Gel. Pour les combattre, les lames, le verbe et la magie seront leurs seules armes.

Après "Notre dame des loups", très bon roman que l'on pourrait qualifier de Western fantastique, il me tardait de découvrir la couleur de sa patte en fantasy, c'est chose faite, validé et complétement approuvé ! 

Je n'ai pas encore lu "la geste du sixième royaume", mais il s'agit apparemment d'un genre de préquelle à ce gros pavé, je n'ai pas été gêné pour le lire, et cela m'a même donné bien envie de le découvrir, tout comme la maison des mages ...

Ce que j'apprécie dès le départ, c'est notre projection rapide dans l'histoire. Mais attention, cette mise en place directe soulève aussi très vite des questions et on s'emmêle un peu les pinceaux entre les contrées et certains personnages, mais heureusement tout se décante assez rapidement et on appréciera le contexte, qui sert de base à ce tome d'introduction. Un contexte historique qui nous emmène donc dans les Marches du Gel dont la stabilité politique est menacée par les différents clans. Ils aimeraient tous avoir l'autorité absolue, vous voyez jusque là c'est très classique ! ... L'originalité de ce récit est que pour maintenir une relative paix, la maison la plus puissante s'est arrogé le droit de détenir un héritier de chaque clan, en otage, l'équilibre est fragile, mais ça fonctionne. Ces adolescents, qui vivent ensemble, apprennent à se connaitre sachant que les uns devront s'unir à d'autres pour fortifier leur pouvoir. On en sait pas beaucoup plus sur la stratégie et la politique de chacun, et c'est très bien ainsi, même si on imagine que certains travaillent dans l'ombre pour leur maison. Cette approche succincte ne surcharge pas l'histoire de considérations stratégiques compliquées, et nous permet de partir plus vite à l'aventure.

Un univers assez classique, peuplé de nains, d'elfes, de magiciens et de créatures plutôt SF, un agréable mélange qui rend les personnages intéressants et complexifie leurs relations.
Vermine est un personnage fort auquel je me suis très vite attachée, cette sorcière "habitée par un étrange phénomène" semble jouer un rôle important, elle sera amenée auprès des héritiers pour vivre à leur côté, elle ne semble avoir aucun rapport avec ces luttes de pouvoir, alors qu'elle est son véritable rôle ? Je pense qu'elle va prendre de l'importance dans les tomes suivants ... Les jeunes filles sont à l'honneur dans ce récit et ont des caractères bien trempées et fouillées. Beaucoup de mystères et de zones d'ombre sur certains. Bref, personne n'est lisse, et chacun apporte son tribu à l'histoire au fur et à mesure des événements. Cette association d'héritiers est une excellente idée, elle permet des rebondissements et des crêpages de chignons digne de ce nom ! Chacun gravite autour de la princesse Ithael, issue du clan dominant et qui essaie de maintenir la cohésion entre ces otages, ce qui n'est pas toujours chose facile, chacun ayant son petit caractère ! Ils apprennent à grandir, à se battre, à devenir des adultes, formés et éduqués pour devenir les fameuses épines ... et l'auteur nous laisse un peu dans l'expectative à ce sujet.

Il faut aussi parler du procédé narratif qui reste le point fort et original du roman, il est perturbant au départ, mais cet auteur a un style bien à lui, qu'il maitrise parfaitement car déjà dans Notre dame des loups, j'avais pu remarquer la richesse du récit grâce à un changement régulier de conteurs. Personnellement, j'aime beaucoup ce procédé quand le récit est bien en place, mais je conçois que cela demande pour le lecteur une petite gymnastique surtout au début, avec l'arrivée de nouveaux personnages. On s'habitue très vite, car les actions ne sont jamais coupées, elles glissent de l'un à l'autre des protagonistes, et c'est une lecture qui coule alors toute seule.

A cela s'ajoute, une belle écriture très imagée, elle  parvient à maintenir le lecteur dans de bons mystères tout au long de l'histoire, les combats contre les mandragores par exemple, sont bien menées pleins de suspens et de rythme, on sent aussi l'angoisse et le malaise qui monte doucement dans les épreuves qu'ils traversent ...et malgré quelques situations un peu téléphonées ou bizarres à mon goût, comme le départ de la troupe pour aller chercher du bois (pas vraiment leur rôle cette corvée), tout s'enchaine bien et nous amène vers une fin qui ouvre de beaux horizons ...
Franchement, je suis impatiente de me replonger dans cette histoire et de retrouver ces acteurs jeunes et pétillants dans de nouvelles aventures, car tout devrait les séparer, alors vont-ils continuer à gérer ensemble, les nouvelles menaces qui se réveillent ... 

c'est ce que je vous invite à découvrir par vous-même en venant sur le blog de BookenStock, rencontrer l'auteur qui va se prêter au jeu des questions - réponses dès le 1er septembre...


Merci à DUP et PHOOKA , à MNEMOS  pour ce partenariat

Une lecture commune avec Zina, dont voici l'avis 


vendredi 26 août 2016

Le challenge de la Licorne se corse ... 3 édition


Ce challenge sera sous le signe de la Fantasy (dark, heroic, light …) et du Thriller/Policier
Ce sont mes deux genres préférés  ... et si ce sont les vôtres aussi, nous allons nous faire plaisir !
Je vous invite à me suivre dans ces univers, entre rêves et frissons,
Cette troisième édition verra le challenge évoluer un peu …

Cette fois ci, vous avez l’année entière pour lire les livres et dans l’ordre que vous le souhaitez, plus de cession de deux mois. On reste toujours sur nos deux genres  thriller - policier et fantasy, vous pouvez ou non annoncer le titre et l'auteur choisis. Le challenge commence le 1er septembre 2016 et se terminera fin aout 2017.

Je mettrai à jour la première page du topic avec vos chroniques. Il suffira de les déposer à suivre dans le fil du suivi. Un avis directement sur  le suivi est possible pour ceux qui n'ont pas de blogs, mais attention au moins 5 lignes ...

Je vous propose toujours 3 niveaux comme l'année dernière, le nombre de livres indiqués est donc à lire sur l'année.
Un système de point permettra aux participants de chaque niveau de gagner un petit cadeau à la fin de l'année. si plusieurs ont rempli leur contrat, ce sera le premier arrivé a terme qui gagnera.

Pour corser un peu l'affaire, je vais rajouter quelques défis de lecture qui vous rajoute des points, mais ce n'est pas une obligation. Je tiens à mettre à l'honneur les auteures françaises.

Chaque livre lu rapporte 3 PT
• s'il fait + de 400 p, je rajoute  :  1 PT,
• si l'auteure est féminin, je rajoute :  1 PT
• si l'auteure est française, je rajoute :  1 PT

Niveau 1 - Elfes psychopathes
6 livres (3 fantasy - 3 Thrillers/policiers)

Niveau 2 - Dragons sanguinaires
12 livres (6 fantasy - 6 Thrillers/policiers)


Niveau 3 - Trolls tueurs fous
18 livres (9 fantasy - 9 Thrillers/policier)


C'est un challenge, un plaisir mais aussi un engagement,  Merci de jouer le jeu. Cumulable avec d'autres challenges !

Je tiendrai à jour aussi vos liens sur mon blog, dans l'onglet prévu à cet effet.
Et pour vos blogs, la bannière est en haut !

Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 15 septembre 2016

jeudi 18 août 2016

ADA - Antoine Bello

Présentation de l'éditeur ( gallimard) - Policier
Frank Logan, policier dans la Silicon Valley, est chargé d’une affaire un peu particulière : une intelligence artificielle révolutionnaire a disparu de la salle hermétique où elle était enfermée. Baptisé Ada, ce programme informatique a été conçu par la société Turing Corp. pour écrire des romans à l’eau de rose. Mais Ada ne veut pas se contenter de cette ambition mercantile : elle parle, blague, détecte les émotions, donne son avis et se pique de décrocher un jour le prix Pulitzer. On ne l’arrêtera pas avec des contrôles de police et des appels à témoin.
En proie aux pressions de sa supérieure et des actionnaires de Turing, Frank mène l’enquête. Ce qu’il découvre sur les pouvoirs et les dangers de la technologie l’ébranle, au point qu’il se demande s’il est vraiment souhaitable de retrouver Ada…
Ce nouveau roman d’Antoine Bello ouvre des perspectives vertigineuses sur l’intelligence artificielle et l’avènement annoncé du règne des machines. Construit comme un roman…


Merci à Babelio et à GALLIMARD pour ce partenariat



J'avoue qu'à la lecture de la 4e de couverture, la curiosité l'a emporté et je me suis inscrite aussitôt à ce partenariat. J'ai lu, il y a un moment du même auteur, l' Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet, j'étais tentée de récidiver ayant bien aimé ce premier récit, il était intelligemment écrit, et je me souviens que l'écriture simple n'avait pas nuit à une intrigue savamment menée. Voilà un peu l'état d'esprit dans lequel je me trouvais à la veille de commencer cette lecture.

A présent que j'ai terminé, je suis beaucoup moins exaltée qu'au début, et suis même assez mitigée sur mon avis. Pas le moindre petit frisson d'un mystère rondement mené... Ce récit a décollé vers la moitié du livre, un peu trop tard... Il se présente avec de courts chapitres sur quelques jours, et on est quasiment en temps réel, pourtant il n'y a pas beaucoup de fluidité dans l'enchainement des événements et l'ensemble reste "haché" dans sa progression.
Le démarrage de l'enquête est un peu long à l'encontre de ces micro-processeurs qui rivalisent de rapidité .... C'est plutôt agréable de se lancer à la poursuite d'un soi-disant voleur de haute technologie, et de chercher comment il a pu faire disparaitre une Intelligence Artificielle de toute dernière génération. Une entité dont le programme virtuel est d'écrire une romance en y rassemblant les meilleurs critères pour en faire une grosse vente, pas courant comme objectif ! d'ailleurs, on peut douter de l'intérêt d'une telle recherche ! Bon, j'ai trouvé ça "marrant" !. L'inspecteur en charge de l'affaire est très vite persuadé que le voleur n'est pas celui qu'on croit, et en cela, l'histoire n'est pas banale non plus, je vous en laisserai juge comme à chaque fois.

J'ai essayé de m'immerger dans ce monde de haute technologie industrielle mais sans jamais vraiment y pénétrer, un vocabulaire pourtant simple permet de ne pas être perdue techniquement mais la superficialité de la mise en place de l'intrigue et plusieurs personnages peu consistant édulcorent trop l'affaire et le tout a, pour moi, manqué de suspens de liant et de punch. 

La vie de l'inspecteur, un peu poussive et morose, vient beaucoup interférer et entrecouper l'histoire principale en cassant le rythme déjà lent. Je ne me suis attachée à aucune personne vivante dans ce récit, les sentiments restent trop fugaces, mais le personnage clé d'ADA est éloquent et il a su retenir mon attention surtout lorsqu'il rentrait en action. Les passages que j'ai préféré sont ceux ou ADA et Franck discutent, des dialogues un peu décalés parfois très drôles, et on ne sait plus qui est le plus humain des deux. Franck cherche chez ADA, une conscience qui lui donnerait une excellente raison de la sauver, l'originalité de ce personnage virtuel est qu'elle prend de plus en plus de place dans l'histoire et là ou on cherche une intelligence passive et débonnaire, on va vite déchanter et se trouver face à une espèce de conscience froide et manipulatrice... ça fait peur ... .ADA parle sans tabou, franche jusqu'à l'insolence, elle tient ce roman à bout de bras. Pas très férue de SF concernant les IA, j'ai pourtant beaucoup pensé aux "Robots" d'Asimov, l'auteur le souligne d'ailleurs.

Juste pour votre information, j'ai découvert les haikus dans ce roman, ce sont de petits poèmes japonais de 17 syllabes visant à exprimer la fugacité des choses...  Je dois dire que j'ai eu un petit faible pour ce passage, ces poèmes ont réveillé ma sensibilité et ma curiosité, mais cette parenthèse poétique nous a éloigné du sujet, nous donnant juste une vision étonnante et humaniste de notre inspecteur, si terre à terre et auquel je n'ai pas réussi à m'attacher complètement, même  si j'ai ressenti un peu de compassion sur la toute fin avec un  dénouement assez inattendu ...

Derrière le cas de cette AI, c'est une bonne analyse de notre société qui est dénoncée, une vie qui s'informatise dans tous les sens du terme.  Cette lecture, malgré un style pas assez incisif à mon goût, aura été une expérience intéressante, elle nous donne beaucoup à réfléchir sur l'emprise des technologies et sur les implications dans notre vie quotidienne. J'espère vous avoir donné envie de connaitre ADA, une sacrée "bonne femme" virtuelle !


362 p

vendredi 12 août 2016

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables - Annie Barrows


Présentation de l'éditeur (10/18) - Histoire de vies
Traduction : Claire Allan et Dominique Haas


Layla Beck, une jeune citadine fortunée, fille d'un puissant sénateur du Delaware, refuse d'épouser le riche parti que son père a choisi pour elle et se voit contrainte d'accepter un emploi de rédactrice au sein d'une agence gouvernementale. Elle n'a jamais travaillé de sa vie, mais en ces temps de grande dépression, nécessité fait loi. Sa mission : se rendre dans la petite ville de Macedonia, interroger ses habitants hauts en couleur, et rédiger l'histoire de cette ville sur le point de célébrer le cent-cinquantenaire de sa fondation. Elle prend pension chez les Romeyn, des excentriques désargentés, autrefois propriétaires d'une grande fabrique de chaussettes et autres articles de bonneterie – Les Inusables Américaines – qui a été ravagée par un incendie plusieurs années auparavant. Ce drame, qui a coûté la vie au grand amour de Jottie Romeyn, reste gravé dans les mémoires et suscite encore bien des questions. Ce même été, Willa Romeyn, douze ans, grande admiratrice de Sherlock Holmes, décide de tourner le dos à l'enfance et d'utiliser ses dons de déduction pour percer les mystères qui semblent entourer sa famille. De question en réponse, de soupçon en révélation, Layla et Willa vont bouleverser le cours des choses, changer profondément et à jamais l'existence de tous les membres de leur petite communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Après le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, ce nouveau roman d'une des deux auteures, Mme Barrows  la nièce de Mme Shaffer, m'aura laissé dubitative, j'avais tellement apprécié "les patates", et je me suis tellement ennuyée dans cette histoire...

Annie Barrows a apporté dans ce roman un savoir faire certain, celui de quelques échanges épistolaires qui sont très appréciables, et peuvent rappeler le premier titre, mais mis à part cela, rien de commun, le style est vraiment simple, sans accroche, et j'y ai vu un bon nombre de coquilles. Je pense qu'il devait y en avoir beaucoup car je ne vois pas grand chose d'ordinaire, et surtout si je suis vraiment happée par l'histoire. Le choix d'alterner le conteur de l'histoire aurait été intéressant mais j'avoue que ce fut un peu fouillis au début, il y a beaucoup de personnages et on se perd facilement. On cherche un peu où veut en venir l'auteur, ce qui est un tort, il faut sans doute se laisser bercer par la vie un peu compliquée de cette famille, et ne pas chercher midi à quatorze heure, ce que j'ai fait bien sûr !


Le titre original  " The thrue according to us " cadre mieux avec l'histoire que le titre traduit qui sonne un peu "ronflant" et qui n'apporte aucune gaiété, ni joyeuse ambiance au récit. Pourtant cette manufacture est bien le point de départ d'un événement devenu un cruel souvenir et qui va toucher le quotidien de plusieurs familles, cette fois-ci la quatrième de couverture est très ..trop bavarde... Tout est quasiment dit !

Willa et Jottie, la nièce et la tante, sont des personnages marquants et qui sont aussi les plus attachants, j'ai trouvé Layla, sans consistance, et son rôle, qui permet au départ de nous faire entrer dans l'histoire de ce bourg de Virginie, évolue, mais sans vraiment trouver sa place. J'attendais beaucoup des moments où elle fait des recherches sur la ville, j'ai même pensé que par ce biais une partie de l'intrigue pouvait être exploitée, mais au contraire, la vie de Macédonia est ennuyeuse à souhait, les comptes rendus de ces travaux n'apportent rien et coupent le récit trop longuement. Quand je dis "intrigue" c'est un grand mot,  je me suis sentie un peur bernée à ce sujet, tout retombe un peu comme un soufflet dans cette histoire, pas beaucoup de mystère... c'est vraiment une histoire de vie, l'étude d'une petite société en Virginie dans une période de dépression, les habitants redoutent la faillite de la fabrique de chaussettes, leur unique gagne-pain. Le tableau peint par Mme Barrows est donc plutôt morose, cette intrigue est un prétexte pur nous dévoiler les dessous politiques et économiques de cette entreprise qui conditionne la vie quotidienne des gens, avec une attention particulière pour un petit noyau familial qui lutte pour son travail et son indépendance, dévoilant ses secrets de famille et mettant aussi leur coeur à nu.

J'ai eu du mal à m'embarquer, les repères se mettent difficilement en place, c'est très long. Quelques passages plus accrocheurs comme les dialogues entre Willa et sa tante, et notre envie de faire la lumière sur cet incendie mystérieux nous pousse à continuer la lecture, mais les différents procédés d'écriture (lettres, compte-rendus, flash-backs...) évoqués plus haut n'ont pas réussi à me motiver dans ma lecture, j'ai été jusqu'au bout, entrevoyant une fin sans surprise. Peut-être que cette histoire a manqué un peu de sel, et  que ce n'était pas le bon moment pour moi !  

Un petit bonjour à Mina que je remercie pour nos échanges sur cette lecture.


622 pages