vendredi 24 mai 2019

Les enfants de la liberté - Marc Lévy

Présentation de l'éditeur ( Pocket) - Histoires de vie - Historique

On est tous l'étranger de quelqu'un.

Jeannot,

Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumette au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer, la garder sans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leu de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. les miens ne son faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.



Quelle belle surprise au salon de Montaigu ! 
En effet, un choix de président qui m'a permis de connaître un peu mieux Marc Lévy. Un auteur que j'avais mis au placard après la lecture de l'un de ses premiers livres, il m'avait laissé sans avis, et sans l'envie non plus de continuer à le suivre. 
C'est un film qui l'a rendu vraiment célèbre, et il dit lui-même que sans Spielberg et ce petit miracle, il n'aurait sans doute pas eu la carrière qui a suivi. Belle preuve de reconnaissance pour cet homme humble et effacé, cela explique sans doute la mine renfermée et froide qu'il affiche et qui me l'avait rendu plutôt antipathique ! je me suis trompée sur le bonhomme et ce livre émouvant à souhait, ouvre une palette de sentiments et de vérité qui lui confère à présent une place dans mon coeur de lectrice.

Ceci étant dit, attaquons-nous à l'histoire de ce livre, sortons les mouchoirs et n'ayons pas peur d'avoir mal aux tripes, car le malaise a été présent tout au  long de ma lecture. Des émotions exacerbées par le côté réel des événements de ce roman qui sans juger, témoigne d'un pan de notre histoire.
Nous sommes en 1943, 1944 à l'aube de la fin de la guerre, et c'est aux cotés des résistants que nous allons découvrir Jeannot et Claude, deux frères, affaiblis et meurtris par la guerre. Ces deux petits garçons juifs devenus orphelins vont intégrer une division de résistants réputée pour entreprendre des actions violentes et des sabotages d'envergure dans le sud de la France. L'ennemi est allemand, mais c'est aussi à cause de la collaboration et des miliciens que de nombreux français ont péri torturés. On ne peut pas ressortir indemne de ces témoignages, ce livre a résonné longtemps dans mes pensées, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser au film "un sac de billes" de Joseph Joffo, vu peu de temps avant ma lecture.

Au delà du roman autobiographique avec des souvenirs de son père et de son grand-père auxquels il a donné vie, Marc Lévy nous offre un livre d'histoire, où plane l'horreur et l'espoir en même temps. Les contrastes sont sidérants, on contemple l'âme humaine dans tous ses états et dans des mises en scènes qui ont bouleversé mon regard et mon coeur.  Vous pourrez à tour de rôle évaluer de quel côté vous auriez pu être en des temps difficiles ! Milicien, couard caché, résistants ...  Une réflexion sur soi, sur l'humanité et une belle leçon de courage pour tous ces hommes, ces enfants qui se sont battus d'abord pour la liberté, avant de se battre pour leur nation !  

Une pensée pour Stellade avec qui j'ai partagé quelques mots sur cette lecture, et la découverte de cette pépite trouvée sur un étal de marché !




mardi 14 mai 2019

Le signal - Maxime Chattam

Présentation de l'éditeur (Albin Michel) -  Thriller

La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Pourtant les nouveaux venus n'y trouvent pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s'enchaînent, semant l'angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d'enquêter.









Un roman que j’ai eu envie de lire dès sa sortie, bien que les premières critiques chez mes copinautes ne soient guère encourageantes. Il semble que j’entende souvent les mêmes commentaires, "On dirait du Stephen King", "C'est pas original" ... Mais moi, j'aime bien Stephen King, et surtout celui de ses débuts qui me mettait alors une belle trouille avec "simetierre", "salem" ou "les tommyknockers", alors ma foi pourquoi pas ! 

Et le verdict est : eh ! ben, c'est vrai qu'on dirait du Stephen King... je verrai plutôt ça comme un hommage, que comme un plagiat, car si l'on en croit les interviews de M.Chattam à ce sujet, il se dit marqué par ces auteurs qui mettent le frisson que ce soit King ou encore Brussolo, et qui ont guidé sa plume parfois. Vous pourrez écouter la petite vidéo trouvée chez Bepolar et qui donnent quelques commentaires de l'auteur à propos de son livre.

Pour en revenir au roman,  je dois le dire j'ai eu souvent le frisson glacé dans le bas du dos ! quel délice ! J'ai littéralement plongée dans cette histoire, lue en quelques jours tant le suspens était pesant et palpitant, j'avais aussi très envie de connaitre la fin, voir si elle était à la hauteur de mon attente. Les pirouettes sont belles et j'ai été entraîné dans l'histoire de cette petite ville de Mahingalls Falls, qui a semblé à l'écart du monde pendant toute la durée de ma lecture, je n'ai pas été déçue.

Plutôt marrant pour un français de situer cette histoire aux Etats-Unis, et on saluera la très belle couverture et l'objet par lui-même qui a un certain cachet. Il nous met dans une ambiance glauque et nous prépare à enchaîner la dégringolade de morts sous le coup de créatures monstrueuses ... Berk ! 

La famille Spencer est donc le point de départ de cette aventure, et on sent que son installation dans la petite ville tranquille va vite se transformer en cauchemar. Sans vous en dire trop, je peux vous révéler que Chattam a vraiment utilisé toutes les ficelles de la peur et de l'angoisse, et ce qui m'a gêné le plus, ce sont ces enchaînements de scènes d'horreur, entrecoupées de pauses, mais qui reviennent à intervalles réguliers un peu toujours sur le même mode opératoire, et ce, jusqu' à la fin. Mise à part ça, l'histoire est cohérente, même si on a quelques lourdeurs dans certaines passages dont on devine sans mal, l'issue. L'auteur saura aussi nous prendre dans ses filets en exploitant souvent les réactions des adolescents devant la frousse et le besoin de s'organiser face à l'adversaire. C'est diablement écrit ! et on avance à tout berzingue ! Chaque personnage verra son quart d'heure de grâce et de postérité, certains sont très attachants, d'autres intriguent ! Bref ... On en perd pas une miette !

Un récit dense, palpitant et très visuel, je déconseille aux âmes sensibles de s'atteler à cette lecture... Peut-être pas le meilleur de Chattam, mais il excelle toujours dans la psychologie quand il est question d'humanité, de complots et de courage... et le suspens ! ça "le monsieur" il connait bien, il sait en jouer parfaitement !  J'ai passé un très bon moment, mais il faut dire que cela faisait assez longtemps que je n'avais pas flipper comme ça !


Une petite surprise trouve chez BEPOLAR



jeudi 2 mai 2019

Le salon du Printemps du livre de Montaigu ! un monde fou !



Comme chaque année, ce fut un grand plaisir de passer une journée entière 
dans ce salon qui, victime de son succès, était bondé de monde.
Des rencontres, des dédicaces et des tables rondes très intéressantes 
sous la présidence de Marc Lévy 

Le temps n'était pas de la partie cette année, la grisaille du temps n'a heureusement pas entaché le plaisir de notre participation à cet évenement. 


 

Thibault de Montalembert et Grégoire Delacourt

 Bernard Weber et Nikos Aliagas, très apprécié du public, 
il était là pour un magnifique livre de photographies "L'épreuve du temps"

Sylvain Forge et Jamy, qui a occasionné une queue incroyablement longueeeee....

Valérie Perrin et le sourire radieux et communicatif de Bruno Salomone


Xavier Muller et Niko Tackian , j'ai acheté pour l'un son premier roman 
et pour l'autre le début de la série mettant en scène Tomar Khan. 
Deux personnages aux antipodes à tous les niveaux, 
mais diablement passionnés et passionnant quand il commence à parler de leurs histoires ...

Escales littéraires avec pour thème  : La trasmission
Baptiste Beaulieu, Guillemette de la Borie, Anne Gaelle Huon et Catherine Bardon

Rencontres frissons avec Cecile Cabanac, Xavier Muller, Nadine Monfils, Laurent Philipparie

Rencontre avec Valérie Perrin, Sabrina Philippe, Julien Sandrel et David Zaoui 
sous le thème "entre eux et nous". Valérie et David en gros plan ci dessous

Rencontre avec la lauréate du Prix Ouest Catherine Ecole-Boivin pour "la métallo" à droite.



A la rencontre de Marc Lévy, Soirée carte blanche et animée par Philippe Chauveau.
Pas fan de l'homme au départ, j'avais fait une tentative de lecture de son premier roman il y a longtemps, et je n'avais pas adhéré au style, restant hermétique au message, j'avais laissé tombé... mais j'ai voulu en savoir un peu plus sur cet homme qui totalise 19 romans lus dans le monde entier. Il est aussi l'auteur français le plus lu dans le monde ! Alors QUI se cache derrière ce visage plutôt froid et fermé ? Surprise...

Un homme effacé, humble, respectueux et à l'humour caustique et finalement sympathique, voir même touchant lorsqu'il a évoqué certaines anecdotes de sa vie personnelle et de sa vie d'auteur.
Agréablement surprise par son ton et ses propos, je décidais de relancer mon intérêt et acheté "les enfants de la liberté" pour réessayer ... ce livre étant souvent évoqué lors de cet interview.  

La journée au salon s'est finie sur cette heure passée en compagnie de Marc Lévy, elle a été très agréable, et permet une approche différente des auteurs. J'ai encore en mémoire celle de l'année dernière avec Michel Bussi qui était un vrai régal !

Bravo encore à Philippe Chauveau, excellent animateur qui a mené avec brio toutes les escales littéraires du salon. 




J'ai apporté quelques livres pour La pyramide du livre 
réalisé pour l'APF France Handicap
et comme à chaque fois on a fait la fermeture !


Nous avons partagé ce week-end avec Stellade et ses enfants que j'embrasse très fort 
et ce fut un réel plaisir de partage, de rires et d'échanges.


 

vendredi 22 mars 2019

La fille au revolver - Amy Stewart

Le mot de l'éditeur ( 10/18) - Policier
Traduction : Elisabeth Kern

« Je me suis armée d’un revolver pour nous protéger, raconte Mademoiselle Constance, et très vite, j’ai eu l’occasion de m’en servir. »
New York Times, 3 juillet 1915.
Constance Kopp ne correspond à aucun moule. Elle surpasse en taille la plupart des hommes, ne trouve aucun intérêt dans le mariage ou les affaires domestiques, et a été isolée du monde depuis qu’un secret de famille l’a reléguée, elle et ses deux sœurs, dans la clandestinité.
Un jour, le propriétaire d’une fabrique de soie, belliqueux et puissant, renverse leur carrosse au volant de son automobile… Et ce qui n’aurait dû être qu’un banal litige se transforme en une bataille rangée avec une bande de voyous habitués au chantage et à l’intimidation.

Elle pourra alors compter sur l’aide d’un shérif progressiste qui, dans l’Amérique puritaine de ce début de siècle, n’hésitera pas à lui confier un revolver...



Lors de mon dernier assaut dans le “Gibert jeune” de St Michel à Paris, j’ai été attiré tout de suite par cette couverture, un pitch idéal en 4e de couverture, un résumé prometteur, il n’en fallait pas moins pour commencer à remplir mon panier, des femmes qui prennent leur destin en mains dans une Amérique puritaine d’avant guerre  ! Ah oui !

C’est avant tout l’histoire d’une famille qui peu à peu va prendre des allures de policier, la famille de Constance Kopp, jeune femme de 35 ans, se réduit pour l’essentiel à ses deux soeurs, Norma et Fleurette, elles résident dans une ferme isolée près de la ville de Paterson dans le New Jersey, une grande ville réputée pour ces entreprises de teintureries. Un grand frère veillent sur elle de loin … Tout va démarrer à partir d’un incident, plutôt un accident “de carriole” avec Henry Kaufman, un patron à la réputation salace, le caïd du coin…
De là, les péripéties vont s’enchaîner pour les 3 soeurs, et en faisant sortir cet ignoble individu de sa zone de confort, elles vont découvrir un véritable trafic … Mais je n’en dis pas plus …

Epaulées par un shérif compatissant et ouvert d’esprit, les soeurs ne renonceront pas et mèneront jusqu’au bout une enquête intéressante.  Un roman policier de ce type privilégie la vie et l’humanité des personnages,  il ne faudra donc pas s’attendre à un récit au suspens redoutable, c’est mené avec légèreté et les dialogues entre les soeurs,  très différentes, apportent la fraicheur et la naïveté de leur âge.

Le style est plaisant, mais je reconnais que le démarrage est assez lent, il y a une redondances de faits qui paralysent un peu l’avancée de la véritable intrigue, notamment la gueguerre avec les gros bras de Kaufman, il faudra attendre une bonne moitié du récit pour rentrer un peu plus dans l’action.

Constance se démarque par son esprit de persuasion et de détermination, n’oublions pas que ce personnage a réellement existé et l’auteur qui s’est basée sur des articles et des faits divers de l’époque donne du poids à ce personnage, doux par certains côtés et pugnace par d’autres. Sa taille exceptionnelle en fait un atout et sa stature en impose, elle est un beau portrait de femme qui se veut indépendante, parfaitement secondées par ses deux soeurs, charmantes et courageuses. L’utilisation des flash-back sur leur passé nous apportent beaucoup d’éléments pour connaitre leur passé, et sans doute nous ouvrir des portes pour les futurs romans de la série. il y en a 3 à ce jour.



Un bon roman et surtout un tome d’introduction où l’intrigue est de second ordre. L’auteur nous plonge dans un contexte historique particulier, très bien décrit. On y découvre un univers machiste dans la vie quotidienne et dans le travail ; on est en pleine époque de l’industrialisation et on évolue vers un monde de plus en plus moderne. Ce sera un plaisir de lire la suite.

 



"Constance Kopp est la première femme shérif adjointe des Etats-Unis. Amy Stewart raconte l'histoire de ce personnage haut en couleur dans une série romanesque décoiffante, dont le second tome vient de paraître.

Amy Stewart n'a pas choisi Constance Kopp par hasard. Elle n'est pas une femme comme les autres. Constance refuse de se soumettre au carcan de son époque. Plus grande par la taille que la majorité des hommes, elle rejette toute idée de mariage et d'affaires domestiques.

Une obscure affaire de famille les a obligées, elle et ses deux soeurs Norma et Fleurette, à se débrouiller par elles-mêmes dans un monde violent et peu enclin à laisser une quelconque autonomie aux femmes.

Grâce à une ténacité hors norme, un caractère bien trempé et des talents d'enquêtrice, Constance s'est fait un nom aux côtés du Shérif du Comté: Robert N. Heath."
propos tiré de l’express



vendredi 15 mars 2019

Une sirène à Paris - Mathias Malzieu

Le mot de l'éditeur - (Albin Michel) - Histoires de vies
Juin 2016, la Seine est en crue et Gaspard Snow trouve sur les quais une sirène blessée qu'il ramène chez lui. Elle lui explique que tous les hommes qui entendent sa voix tombent amoureux d'elle et en meurent, mais, convaincu que son coeur est immunisé depuis sa rupture, Gaspard décide de la garder jusqu'au lendemain dans sa baignoire.


 

Il semble que chaque sortie de roman de notre Mystérieux "Malzieu" interpelle “les surprisiers“ de notre monde et beaucoup répondent à l’appel car les éloges ne cessent sur les écrits de ce monsieur, et beaucoup courent acheter ses nouvelles “frasques” littéraires ! 
J’avais pu apprécier la part de poésie dans la mécanique du coeur, je renouvelle ici mon sentiment. Ce qui est poétique et parfaitement maîtrisé chez cet auteur, c’est de prendre des événements singuliers, ici, la dernière crue de Paris, et de se l'approprier en y ajoutant une part de surréalisme et de fantastique. Il  pousse à l’extrême son imaginaire pour donner naissance à de nouvelles histoires originales et incroyables. De là, il en découle une création de mots et d'expressions qui sont tout aussi charmant que les décors dans lesquels évoluent les protagonistes de cette fable.

On y rencontre des personnages hors normes, avec en tête Lula la sirène, Rossy la gentille voisine, Johnny Cash le chat, le Docteur Milena, ... Bref, une galerie de personnes à la fois fantasques et très réelles, et qui me rappellent les personnages de “la forme de l’eau”, j’ai ressenti un peu cette ambiance à la fois joyeuse et mélancolique. Gaspard, le héros du livre va voir sa vie changer par la présence de cette sirène qui incarne la beauté et le rêve, un rêve jusqu’à alors inaccessible et qui va le sortir de sa léthargie amoureuse et de sa petite vie quotidienne jusque là bien insipide.

On ne peut aussi s’empêcher de penser au conte de la petite sirène d’Andersen. On y aborde comme dans ce livre, des sujets tels que la mort, l'amitié, le don de soi par Amour … L'auteur nous livre une version moderne de ce conte indémodable. On l'imagine d'ailleurs très bien dans la peau de Gaspard, et lors de l’émission très intéressante de "La Grande Librairie" du 6 mars, il a évoqué le fait d’être investi à part entière dans ce personnage musicien et artiste, énigmatique à l’allure nostalgique. On ne le verrait pas autrement d’ailleurs ! Ce rôle est une seconde peau.

Je dois dire que j’ai été un peu moins sensible à l’histoire et à la tournure de l'intrigue, qu’ à sa plume qui reste fraîche et inventive, cette histoire reste simple dans son message, mais déborde de fantaisie dans son déroulement, et ça fait du bien ! A découvrir. 
 

vendredi 8 mars 2019

British Mysteries Month : Petit tour au cimetière, Rendez-vous avec un fantôme anglais et une figure de légende de Londres …




Pour agrémenter le mois spécial du British Mysteries, 
je vous envoie ce petit billet comme une carte postale,  
de très bons souvenirs à Londres et Bristol !

Petit tour au cimetière, 
Rendez-vous avec un fantôme anglais 
et une figure de légende de Londres ...

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